Dernier jour de campagne pour Matteo Renzi avant le référendum

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    * Dernier jour de campagne avant le référendum de dimanche 
    * Les pronostics donnent le "non" gagnant 
    * Les investisseurs préoccupés par les risques pour les 
banques 
 
    par Gavin Jones 
    ROME, 2 décembre (Reuters) - Matteo Renzi a défendu jusqu'au 
bout vendredi le projet de réforme constitutionnelle auquel il a 
lié son destin politique, promettant aux électeurs que l'Italie 
surpasserait les autres nations européennes en cas de succès du 
camp du "oui". 
    Marchés financiers et dirigeants européens redoutent qu'une 
victoire du "non" au référendulm organisé dimanche ne plonge 
l'Italie dans de nouvelles turbulences et fragilise son système 
bancaire, précipitant la zone euro dans une nouvelle crise. 
    "Pensez à votre avenir et à celui de vos enfants", a lancé  
le président du Conseil dans un entretien accordé à une radio, 
la première d'une série d'interventions prévues dans la journée. 
    Le texte qui sera mis aux voix dimanche propose notamment de 
limiter les pouvoirs législatifs du Sénat en lui retirant celui 
de renverser l'exécutif. Matteo Renzi le juge indispensable pour 
mettre fin à une instabilité chronique. Depuis 1948, l'Italie a 
connu 63 gouvernements. 
    Les milieux d'affaires, favorables à la réforme, se sont 
faits discrets pendant la campagne, de peur de stimuler le vote 
contestataire, mais ils craignent une nouvelle paralysie de 
l'appareil politique à un moment critique. 
     
    SONDAGES PEU OPTIMISTES 
    Liant son avenir politique à une victoire du "oui", Matteo 
Renzi n'a pas ménagé ses efforts au cours des dernières 
semaines, multipliant les interventions à la télévision, à la 
radio et sur internet pour tenter de convaincre les indécis, 
tous les sondages donnant le "non" gagnant. 
    Si la publication de sondages est interdite depuis le 18 
novembre, des enquêtes privées continuent d'être menées et elles 
ne sont guères favorables à la position défendue par le chef du 
gouvernement italien. 
    "Si le 'oui' l'emporte, l'Italie sera le pays le plus fort 
en Europe", a promis vendredi Matteo Renzi, s'engageant à 
opposer immédiatement son veto au projet de budget européen pour 
contraindre ses partenaires européens à soutenir Rome dans la 
gestion de la crise des migrants et des réfugiés. 
    Son ministre de l'Economie, Pier Carlo Padoan, s'est 
parallèlement efforcé de rassurer les investisseurs en affirmant 
au quotidien Avvenire qu'un rejet de la réforme 
constitutionnelle serait sans conséquence pour les finances 
publiques.   
    Le climat d'incertitude entourant l'issue du référendum a 
toutefois réfréné les ardeurs des opérateurs, à Milan notamment 
où l'indice de la Bourse italienne  .FTMIB  cédait un peu plus 
de 1% en début d'après-midi vers 13h00 GMT. 
     
    SCRUTIN ANTICIPÉ 
    Les préoccupations des investisseurs s'expliquent avant tout 
par la fragilité du secteur bancaire italien exposé à 360 
milliards d'euros de créances douteuses.  
    Le sort de la plus ancienne banque du monde encore en 
activité, Monte Dei Paschi di Siena  BMPS.MI , troisième 
établissement du pays, est également en jeu.   
    La banque a besoin de lever de nouveaux capitaux à hauteur 
de cinq milliards d'euros pour avoir une chance de nettoyer son 
bilan, plombé par 46 milliards d'euros de créances douteuses. 
    Si le "non" l'emporte dimanche et ouvre une période 
d'instabilité politique avec le départ de Matteo Renzi, Monte 
dei Paschi pourrait être contrainte de renoncer à l'opération, 
ce qui l'obligerait à appeler les pouvoirs publics à l'aide pour 
tenter d'échapper au dépôt de bilan. 
    Une telle issue risquerait de provoquer une contagion 
désastreuse par effet de dominos dans le secteur. 
    En cas de victoire du "non", les observateurs s'attendent à 
ce que Matteo Renzi démissionne et se mette en retrait. Il a 
prévenu qu'il ne participerait à aucun gouvernement "technique" 
privé de légitimité électorale. 
    Plusieurs de ses alliés l'ont toutefois prié ces derniers 
jours de revenir sur ses engagements et de se maintenir au 
pouvoir en cas de défaite. 
    Interrogé vendredi sur l'après-référendum, Matteo Renzi a 
refusé de s'exprimer tout en écartant l'hypothèse d'élections 
législatives anticipées comme le réclament certains ténors de 
l'opposition. 
    Luigi Di Maio, un des chefs de file du Mouvement 5 Etoiles 
(M5S), a demandé vendredi l'organisation d'un nouveau scrutin 
dès que possible, comme l'avait fait la veille Matteo Salvini, 
secrétaire fédéral de la Ligue du Nord.   
     
    Voir aussi :  
    * AVANT-PAPIER-Le référendum italien, un enjeu pour toute la 
zone euro   
    * Pressions sur Renzi pour qu'il reste au pouvoir même en 
cas de victoire du "non"   
    * INTERVIEW-La Ligue du Nord rêve de législatives anticipées 
en Italie   
 
 (Nicolas Delame pour le service français, édité par Gilles 
Trequesser) 
 

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