Dernier hommage aux trois militantes kurdes assassinées

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LA COMMUNAUTÉ KURDE REND UN DERNIER HOMMAGE AUX TROIS MILITANTES ASSASSINÉES
LA COMMUNAUTÉ KURDE REND UN DERNIER HOMMAGE AUX TROIS MILITANTES ASSASSINÉES

PARIS (Reuters) - La communauté kurde a rendu un dernier hommage mardi aux trois militantes kurdes assassinées la semaine dernière à Paris, un crime pour lequel les enquêteurs français explorent "plusieurs pistes".

Les trois femmes, dont une membre fondatrice du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ont été retrouvées mortes dans les locaux du Centre d'information du Kurdistan dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon les résultats de l'autopsie, elles ont toutes été tuées de plusieurs balles dans la tête.

Cinq jours après le drame et à la veille du rapatriement des dépouilles en Turquie, plusieurs milliers de personnes venant de France et d'Europe sont venues se recueillir mardi à la mi-journée devant les cercueils recouverts du drapeau du Kurdistan dans une salle des fêtes de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise).

Portant des portraits des trois victimes, une foule compacte a déposé des roses rouges sur l'autel recouvert de bougies et de couronnes de fleurs aux couleurs du Kurdistan, sous le regard des proches des victimes assis près des cercueils.

"C'est dramatique, c'est tout le peuple kurde qui est vraiment anéanti par ce drame", confie Aziz qui n'a pas souhaité donner son nom de famille. "Ces trois femmes ont été assassinées. Aujourd'hui nous attendons des autorités françaises, du ministère des Affaires étrangères et du ministère de l'Intérieur qu'ils éclaircissent vraiment ce qui s'est passé et pourquoi ces femmes ont été ciblées."

Les corps des victimes doivent être acheminés mercredi à Diyarbakir, la plus grande ville du sud-est de la Turquie, à majorité kurde, avant les obsèques prévues jeudi dans les villes d'origine des trois militantes.

Le chef du PKK, Abdullah Öcalan, emprisonné depuis 1999, a exprimé, par l'intermédiaire de son frère, son souhait de voir la France identifier au plus vite les meurtriers de trois militantes.

Interviewé mardi matin sur BFM-TV, Manuel Valls a une nouvelle fois dénoncé une "exécution tout à fait insupportable."

"L'enquête avance, j'espère qu'elle donnera des résultats", a déclaré le ministre de l'Intérieur. "Plusieurs pistes sont sans aucun doute exploitées, l'essentiel d'abord étant de savoir qui sont et les commanditaires et les meurtriers."

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a évoqué la piste d'un règlement de comptes interne à la rébellion kurde. Le PKK a imputé pour sa part ces meurtres à des éléments clandestins liés à l'Etat turc ou à des puissances étrangères.

Le PKK, qui a pris les armes en 1984 afin d'obtenir un statut d'autonomie pour les Kurdes de Turquie, est considéré comme une organisation "terroriste" par Ankara, les Etats-Unis et l'Union européenne.

Marine Pennetier, avec Thierry Chiarello, édité par Sophie Louet

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