À Derik, les Kurdes jouent un prudent double jeu:
«Azadi!» Le mot «liberté» est écrit en lettres d'or sur le flanc du vieux wagon de bois qui sert de baraquement. Deux larges drapeaux flottent sur le check-point à l'entrée de la ville: jaune, rouge et vert, les couleurs chatoyantes du Kurdistan. Bienvenue à «Dêrikê». Sur un panneau blanc, la ville a retrouvé son nom kurde originel. À quelques mètres, un berger traverse le bitume avec nonchalance et guide son troupeau dans un champ voisin. D'un geste de la main, il salue les trois hommes armés qui tiennent le poste de garde. Kalachnikov en bandoulière, un simple keffieh rouge autour du cou leur sert d'uniforme. «Tout est calme, dit l'un d'eux. Nous laissons passer les habitants et nous fouillons simplement les voitures qui ne sont pas d'ici.»
Ces miliciens appartiennent au Parti de l'union démocratique (PYD), un mouvement politique kurde syrien proche de la guérilla indépendantiste du PKK. Derik est passé sous leur contrôle le 20 juillet dernier. Dernière bour
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