Derbys de Moscou : entre armée rouge et police politique

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Pour des raisons historiques ou culturelles, certaines villes ne se contentent ni d'un ni de deux clubs de football de haut niveau. Dans cette catégorie, Moscou, capitale du football russe dont la plupart des grandes équipes ont été fondées à l'époque soviétique.

À l'époque soviétique, le sport était bien plus qu'un loisir en URSS, c'était une question d'honneur national. Pas étonnant alors que, question football, l'ancien bloc de l'Est ait sorti quelques joueurs et équipes de légende. Capitale politique de l'Union soviétique et aujourd'hui de la Russie, Moscou est rapidement devenue à ce titre une source productive de clubs propriétés d'institutions étatiques ou d'organisations privées : CSKA, club de l'armée rouge, Dinamo, club de la police politique où le mythique Lev Yachine fit carrière, Lokomotiv, club affilié au ministère des Transports, Spartak, club d'une puissante coopérative agricole, et le Torpédo, fondé par un poids lourd de l'industrie automobile locale.
Des militaires dans et autour du stade
En 1991, avec la chute du bloc soviétique, la plupart de ces clubs ont été privatisés, passant aux mains de milliardaires - comme le Spartak Moscou - ou de puissantes banques - comme le Dinamo. "Parmi tous les grands clubs de la ville, le Spartak était très populaire, car il disputait la Ligue des champions", se souvient Johann Duveau, ancien joueur du Torpédo entre 2000 et 2002. Premier Français à avoir tenté sa chance en Russie, il garde de Moscou l'image d'une vraie ville de football, car "s'il y a beaucoup de clubs, ce qui divise un peu la population, ces clubs sont néanmoins parmi les meilleurs du pays". De l'engouement certes, mais pas forcément suffisamment pour remplir les infrastructures démesurées héritées de l'époque soviétique : "Le Louzhniki sonnait souvent creux pour les matchs à domicile du Torpédo. En revanche, cela se remplissait pour les derbys, même si on était loin des standards anglais".

Johann Duveau se rappelle que même dans son club, puissance historique ayant perdu de sa superbe avec le changement de système politique, il y avait régulièrement une cinquantaine de personnes aux entraînements, "souvent les mêmes d'ailleurs". Question ambiance, ce qui a marqué le Français, c'est "la présence des militaires à Moscou pour encadrer tous les matchs : dans le stade, à l'extérieur, y compris dans les lignes de métro. Pour un Occidental comme moi, c'est marquant". La ferveur autour des clubs est bien présente, notamment lors des affiches entre les deux gros clubs de la ville, CSKA et Spartak, mais Duveau estime que le public russe est…




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