Dératisation géante aux Galapagos

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L'archipel des Galapagos abrite une biodiversité exceptionnelle.
L'archipel des Galapagos abrite une biodiversité exceptionnelle.

Les rongeurs provoquent il est vrai de sérieux dommages sur la biodiversité de l'archipel.


La biodiversité unique des îles Galapagos ne se résume pas aux seules tortues géantes, longtemps menacées, mais qui ont repris du poil de la bête. Constitué d'une quarantaine d'îles d'origine volcanique, l'archipel (qui appartient à l'Équateur) accueille une réserve marine ainsi qu'un parc national.


Deux « sanctuaires » classés au patrimoine mondial de l'UNESCO et qui ne sont pas de trop pour protéger des écosystèmes terrestre et marin uniques. Les Galapagos accueillent ainsi cinquante-huit espèces d'oiseaux, dont vingt-huit sont endémiques, des cétacés, des iguanes marins, de petits mammifères et environ trois cents espèces de poissons.


Un patrimoine naturel exceptionnel, mais partiellement menacé par les rats, omniprésents sur l'archipel (NDLR : Il y en aurait même... dix par mètres carrés sur l'île de Pinzon, relatent nos confrères du Guardian), ce qui a amené Quito à prendre une mesure stricto sensu extraordinaire, « validée » par les associations de protection de l'environnement, mais contestable.



« Les rats ont détruit 100 % des couvées de tortues au cours des cent dernières années »



Car si les rongeurs menacent grandement l'île de Pinzo et l'îlot de Plaza Sur, dévorant les oeufs de reptiles et d'oiseaux et provoquant d'importants dégâts sur la flore, la décision du gouvernement équatorien de déverser vingt-deux tonnes de poison par hélicoptère d'ici la fin du mois pour tenter d'endiguer le phénomène pourrait avoir des dommages collatéraux.


Sans précédent dans l'histoire de l'Amérique du Sud, dixit Danny Rueda, responsable de la conservation du parc national des Galapagos, ce « raticide » est approuvé par Linda Cayot, conseillère scientifique pour la conservation des Galapagos citée par le quotidien britannique et selon laquelle « les rats ont détruit 100 % des couvées de tortues au cours des cent dernières années ». Mise au point aux États-Unis par les laboratoires Bell, qui ont une responsabilité considérable, la méthode consiste en le largage de petits cubes bleus lumineux qui attirent les rats et contiennent un puissant anti-coagulant accélérant la décomposition des rongeurs qui s'en nourrissent.


En cas de succès, la campagne de dératisation sera également étendue à l'île Floreana. Les risques sont mineurs et ont été calculés, assure Scott Henderson, membre de Conservation International pour qui, si « personne n'aime voir l'extermination d'un grand nombre d'animaux, mieux vaut que ce soit des rats plutôt que des tortues ou des iguanes ». Il serait tout de même dommage ? et hautement dommageable - que les rongeurs ne soient pas les seules espèces empoisonnées.


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