Députés et sénateurs reprennent leurs travaux

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UNE SESSION PARLEMENTAIRE CHARGÉE
UNE SESSION PARLEMENTAIRE CHARGÉE

PARIS (Reuters) - Députés et sénateurs français reprennent mardi leurs travaux pour une session 2013-2014 chargée, entre réforme des retraites et budget 2014, avec une majorité qui est loin d'être assurée de sa stabilité en pleine période de préparation des élections.

Après une brève séance mercredi dernier consacrée à un débat sans vote sur la situation en Syrie qui a illustré les divisions des parlementaires sur ce dossier, les textes qui fâchent arrivent sur la table pour une session extraordinaire, six mois avant les élections municipales et européennes de 2014.

Les députés reprennent leurs travaux avec l'examen du volumineux projet de loi sur l'accès au logement et l'urbanisme rénové (Alur), tandis que les sénateurs examinent à leur tour le texte relatif à la consommation.

Après une pause fin septembre pour les journées parlementaires organisées par les divers groupes, l'Assemblée engagera début octobre les débats sur la réforme des retraites.

Une réforme délicate pour l'exécutif et la majorité de gauche. L'aile gauche du Parti socialiste, le Front de gauche et les écologistes sont favorables à une réforme a minima, encore moins ambitieuse que celle proposée par le gouvernement.

L'opposition entend bien profiter de ce débat pour renouveler ses attaques contre le gouvernement et cette réforme qu'elle juge insuffisante pour répondre aux défis.

A la mi-octobre, les députés entameront le traditionnel "marathon" budgétaire d'automne avec l'examen du projet de loi de finances (PLF) et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).

GAUCHE CRAINTIVE, DROITE À L'AFFÛT

Il s'agit là aussi d'un exercice périlleux pour la majorité, certains à gauche réclamant, comme le fait l'opposition, une pause en matière de pression fiscale, chose promise par François Hollande sans qu'on en voie pour l'instant les contours.

D'autres textes importants sont prévus pour le début de la nouvelle session, comme la réforme pénale présentée par la ministre de la Justice, Christiane Taubira, dénoncée par l'opposition et qui ne fait pas l'unanimité dans la majorité.

Cette dernière affronte cette rentrée avec crainte. Après avoir perdu toutes les législatives partielles de ces derniers mois, le groupe PS à l'Assemblée ne dispose plus que d'une faible majorité absolue - fixée à 289 -, avec 292 sièges.

Au Sénat, la gauche, qui dispose avec le Front de gauche d'une majorité de six sièges, a maintes fois fait preuve de sa fragilité au cours des derniers mois.

De plus, les différentes composantes de la majorité risquent de pratiquer la surenchère à l'approche des élections municipales de mars et des européennes de juin, des scrutins habituellement défavorables à la majorité en place.

Le Parlement suspendra ses travaux du 3 mars au 6 avril à l'occasion de la campagne pour les municipales.

Du fait de la nouvelle loi sur le cumul, en navette entre les deux assemblées et qui s'appliquera en 2017, plusieurs députés et sénateurs préférant conserver leur mairie pourraient anticiper et renoncer à leur siège de parlementaire, ce qui compliquerait encore la situation pour la majorité.

L'opposition UMP et UDI (centriste), bien qu'affaiblie par ses querelles internes, compte harceler le gouvernement et la majorité dans le but de tirer son épingle du jeu à l'occasion des scrutins du printemps prochain.

Cette seconde session parlementaire du mandat de François Hollande s'annonce donc particulièrement délicate avec un ordre du jour chargé de projets de loi clivants.

De sa réussite ou de son échec dépendra en grande partie l'avenir du gouvernement de Jean-Marc Ayrault et au-delà de la XIVe législature et du quinquennat du président.

Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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  • pichou59 le mardi 10 sept 2013 à 10:15

    la sieste fût longue