Depuis l'attentat de Nice, Serge « ne supporte plus les rires »

le , mis à jour à 10:25
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Depuis l'attentat de Nice, Serge « ne supporte plus les rires »
Depuis l'attentat de Nice, Serge « ne supporte plus les rires »

Mer d'encre, ciel noir. Comme s'il attendait que les couleurs du dehors ressemblent à son malaise intérieur, Serge ne sort plus que la nuit sur la promenade des Anglais. Il y vient chaque soir, observe à n'en plus finir les photos de victimes déposées à même le sol, il rallume les bougies, pleure sans bruit, s'énerve aussi quand son chagrin percute de plein fouet la joie d'estivants trop heureux. « Je ne supporte plus d'entendre les gens rire ici. Je ne veux pas gâcher leurs vacances, mais c'est trop dur de les voir faire la fête après ce que j'ai vu », explique-t-il. Une fois, il a failli en venir aux mains avec un malotru qui « trouvait bien de faire un selfie devant les fleurs ».

 

« Je pensais que ça allait passer »

 

Serge, qui adore danser, était sur la Prom le 14 Juillet, cherchant le meilleur orchestre pour conclure la soirée après le feu d'artifice. Il a vu le camion meurtrier et a découvert ensuite avec effroi, en courant chez lui, une scène de guerre. Cet ancien Parisien, arrivé il y a quinze ans pour couler une retraite ensoleillée face à la baie des Anges, amoureux de la lumière et de la gaîté azuréennes, se demande aujourd'hui s'il doit rester à Nice. La légèreté n'est plus de mise.

 

« Les gens sont contents. Moi, j'ai envie de pleurer. Je pensais que ça allait passer... mais ça ne passe pas, balbutie Serge en secouant doucement la tête. Je ferais peut-être mieux de déménager en Bretagne, où sont mes origines. On aurait presque... comme du remords. Pourquoi ces enfants, ces gens sont morts et pas moi ? » Parmi les victimes et blessés, Serge, coiffeur de métier, compte deux connaissances. Les autres, il a appris par coeur leurs noms, leurs histoires à force de lire et d'écouter les récits des autres éplorés. Serge sait bien qu'il se fait du mal. Ses frères, inquiets, et ses amis veulent le raisonner. Sur leurs conseils, il s'envolera bientôt pour des vacances « loin de ...

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  • acharbi1 il y a 10 mois

    daesh n'aime ni le rire, ni la musique, alors faisant un pied de nez à ces criminels