Dépité par le sportif et remonté contre certains supporters, Labrune s'emporte

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Vincent Labrune s'est arrêté plusieurs minutes chez nos confrères d'Infosport+ après la déconvenue de Marseille face à Rennes vendredi soir (2-5, 31eme journée de Ligue 1). Le président de l'OM est apparu dépité par le spectacle sur le terrain, et remonté contre certains supporters, qu'il soupçonne de vouloir faire capoter un potentiel rachat du club.

Vincent Labrune, quel regard portez-vous sur cette soirée cauchemardesque…
On a vécu une soirée apocalyptique, tant sur le terrain qu’en tribunes. Pour parler du match, parce qu’il faut, on fait une entame incompréhensible à la limite de l’inconscience quand on connait les enjeux sportifs et avec nos supporters. On a pris trois buts en dix minutes le soir où il ne fallait pas. C’est évidemment une très grosse déception, il va falloir se battre jusqu’au bout pour essayer inverser la tendance.

Avec cette nouvelle défaite, est-ce que l’OM ne va pas devoir penser au maintien ?
On peut voir les choses comme ça, mais à un moment donné on a largement l’équipe pour se poser d’autres questions que ça. Il faut que tout le monde tire dans le même sens et se fixe les mêmes objectifs.

« Les débordements sont abracadabrantesques »

Qu’avez-vous à répondre à la colère des supporters, qui ont déployé de multiples banderoles vous visant pour certaines personnellement ?
J’ai beaucoup de défauts mais j’ai quelques qualités, j’essaye de comprendre la position de nos supporters. Leur frustration, leur colère, je la comprends. La critique, je l’accepte. Les banderoles ont été faites avec l’aval de la direction. Par contre, la violence et la haine je ne peux pas la cautionner, les débordements sont abracadabrantesques. Ce n’est que du sport ! On doit encourager l’équipe en toute circonstances, surtout en ce moment quand c’est difficile. Les comptes on les réglera plus tard. On ne peut pas dire qu’on a le meilleur public de France et créer en même temps les conditions du chaos. Heureusement, ce n’est pas la majorité. Les autres n’ont pas leur place ici.

Margarita Louis-Dreyfus a également été visée par certains messages…
(Il coupe) L’actionnaire, je fais tout pour la protéger du matin au soir. J’ai demandé aux supporters de ne pas faire de messages contre l’actionnaire, elle n’a rien à voir là-dedans. Sous couvert de déception sportive, il ne faut pas qu’on se retrouve pris en otage par de pseudos-supporters qui veulent créer, au moment où on discute avec de potentiels investisseurs, les conditions d’une reprise. Oui vous pouvez vous plaindre, mais aidons l’équipe, restons tous ensemble pour sauver ce qui doit être sauvé. Je ne suis pas en train de défendre les joueurs, mais ils ont encore des circonstances atténuantes.

« L’enjeu n’est pas la compétitivité de l’OM mais sa survie ! »

Certains supporters jugent que ce club n’a plus de projet…
A l’OM, je le dis depuis quatre ans mais personne ne m’écoute, il n’y a pas d’argent ! Le club a vécu au-dessus de ses moyens, l’actionnaire n’a pas les moyens d’investir dans le club. L’ensemble des clubs français sont en déficit structurel. Soit on s’endette, soit on vent des joueurs pour combler ce déficit, et forcément on manque de compétitivité. C’est dommage mais c’est la réalité. L’enjeu n’est pas la compétitivité de l’OM mais sa survie !

On entend beaucoup de choses au sujet d’un éventuel rachat du club. Où en est-on aujourd’hui ?
Arrêtez d’entendre ce qui vous intéresse sur ce projet de rachat. On travaille. Ma mission est de créer les conditions d’arrivée de nouveaux investisseurs. Si on a fait le ménage dans l’environnement du club depuis trois ans, ce n’est pas pour faire plaisir.

Pour terminer, Michel sera-t-il l’entraîneur de Marseille jusqu’à la fin de la saison ?
Les derniers matchs seront avec Michel, on a commencé ensemble et on finira ensemble. Je n’ai pas les moyens de faire ce que je veux dans ce club depuis des années… J’attends plus de lui et de son staff. On va tous rester ensemble, soudés, groupés. On vit un truc étonnant, on est sous les bombes, on est tous ensemble.

N’est-ce pas difficile de président un club comme Marseille ?
Je ne le souhaite pas à mon pire ennemi.

Propos recueillis sur Infosport+

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