Dépassement de budget, risque de retard pour le tanker de Boeing

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BOEING POURRAIT NE PAS RESPECTER LE DÉLAI ET LE CAHIER DE CHARGES DE SON NOUVEAU TANKER
BOEING POURRAIT NE PAS RESPECTER LE DÉLAI ET LE CAHIER DE CHARGES DE SON NOUVEAU TANKER

(Reuters) - Le nouveau tanker KC-46 conçu par Boeing connait déjà un dépassement de budget de 900 millions de dollars et s'expose à un risque sérieux de non respect des délais, lit-on dans un rapport du Government Accountability Office (GAO), un organisme du Congrès.

Le GAO constate que l'Air Force a encadré le risque de surcoût de ce programme de près de 52 milliards de dollars en concluant un contrat à prix fixe mais observe aussi que des dépassements des délais restent très possibles.

Un risque que l'Air Force elle-même juge "modéré".

"Même avec ces garde-fous, il est important d'observer qu'après un an de développement, les estimations de coût du fournisseur et de l'Air Force dépassent le montant du contrat de développement et que des risques importants de dépassement des délais ont été identifiés", lit-on dans ce rapport annuel publié lundi.

Le programme dépasse le budget de 4,4 milliards de dollars du contrat initial de développement de 900 millions de dollars, soit de 400 millions le plafond fixé pour ce contrat.

Suivant les termes du contrat, l'Etat doit couvrir 60% des dépassements jusqu'au plafond, charge à Boeing d'assumer leur charge au-delà du plafond, à moins que Washington ne renégocie le contrat.

Boeing avait remporté ce marché mouvementé en février 2011, face à EADS, et après moult péripéties. L'US Air Force doit remplacer sa flotte de tankers (avions de ravitaillement en vol) KC-135, dont l'âge moyen est maintenant de 49 ans.

Boeing propose une version modifiée de son avion de ligne 767 pour ce faire.

Le GAO observe que le programme tanker n'est pas aussi délicat qu'un programme développant un tout nouvel armement, comme le F-35 Joint Strike Fighter construit par Lockheed Martin et que le Pentagone a restructuré par trois fois ces dernières années.

Mais il note des risques au niveau de trois technologies critiques qui n'ont pas été testées dans un environnement réel et s'inquiète aussi du poids de l'appareil, déjà proche de ses limites.

Le GAO estime également qu'une nouvelle complication est née du fait de la décision de Boeing de fermer son site de Wichita (Kansas) où les 767 devaient être "militarisés".

Andrea Shalal-Esa, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Jean Décotte

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  • vaudouar le mardi 27 mar 2012 à 15:25

    ET quelle sera la compensation pour EADS ? Le mensonge sur l'appel d'offre étant de plus en plus flagrant, il serait normal que ce genre de favoritisme soit puni au prix fort !