Départs dans les ministères : « La foi n'y est plus, alors pourquoi attendre ? »

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Départs dans les ministères : « La foi n'y est plus, alors pourquoi attendre ? »
Départs dans les ministères : « La foi n'y est plus, alors pourquoi attendre ? »

Patrick Martin-Genier, maître de conférence en droit public à Sciences-po Paris, spécialiste des affaires politiques, européennes et des collectivités territoriales, souligne les progrès réalisés depuis la loi du 3 août 2009 pour encadrer le départ dans le privé des membres de cabinet.

Les départs des membres de cabinet interviennent plus tôt que lors du mandat de Nicolas Sarkozy. Comment l'expliquez-vous ?

PATRICK MARTIN-GENIER. Contrairement à 2011, tous les sondages annoncent une Bérézina pour le pouvoir et ce, quelle que soit la volonté de François Hollande de se représenter. C'est donc normal que les membres de cabinet se cherchent un poste avant l'alternance. Le travail législatif n'est pas terminé, mais la foi n'y est plus, alors pourquoi attendre ? Et puis, mieux vaut s'y prendre à l'avance. On compte 450 à 500 membres de cabinets, donc les places sont chères. En contrepartie, c'est vrai qu'être au sein d'un cabinet permet d'avoir connaissance des postes à prendre au bon moment.

Etre conseiller de ministre ou du chef de l'Etat n'est donc pas une assurance contre le chômage ?

Retrouver un poste dans la fonction publique quand on est fonctionnaire ne pose évidemment pas de problème, contrairement aux contractuels qui n'ont pas d'emploi à vie. En outre, un énarque ou un polytechnicien a son réseau qui peut l'aider à se recaser dans l'administration, mais aussi le parapublic et le privé. Mais ce n'est pas tout de trouver un emploi, encore faut-il qu'il soit intéressant. Or, les ambitions, quand on sort d'un cabinet, sont souvent élevées. Par exemple, un conseiller au Quai d'Orsay cherchera un consulat général ou une ambassade, des postes qui sont comptés et où la concurrence est rude.

Et qui accepte de les remplacer pour quelques mois seulement ?

Ce sont souvent des jeunes technocrates pour qui le passage dans un cabinet, même de quelques mois seulement, représente une expérience de choix et utile pour ...

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