Départ du patron de Telecom Italia, Vivendi resserre son emprise -sources

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    * L'administrateur délégué Marco Patuano démissionne-sources 
    * L'information devrait être confirmée en début de semaine 
    * Son départ témoigne de l'influence croissante de Vivendi 
    * Flavio Cattaneo favori pour lui succéder 
 
    par Agnieszka Flak  et Danilo Masoni 
    MILAN, 20 mars (Reuters) - L'administrateur délégué de 
Telecom Italia  TLIT.MI , Marco Patuano, a remis sa lettre de 
démission après des semaines de spéculations sur son avenir au 
sein de l'opérateur télécoms italien, a-t-on appris samedi 
auprès de quatre sources proches de la situation. 
    Cette démission intervient alors Vivendi  VIV.PA  resserre 
son emprise sur le groupe qui a fait état jeudi d'une perte 
nette consolidée de 72 millions d'euros en 2015.   
    Vivendi a récemment porté sa participation dans Telecom 
Italia à 24,9%, juste en dessous du seuil des 25% qui 
l'obligerait à lancer une offre publique d'achat.   
    La démission de Marco Patuano sera formalisée dans les 
prochains jours, a dit une cinquième source. 
    Marco Patuano, âgé de 51 ans et dont le mandat courait 
jusqu'à avril 2017, n'a pu être joint durant le week-end pour 
commenter cette information. 
    Ses relations avec Vivendi étaient tendues depuis que le 
groupe de médias français était entré au capital de 
l'ex-monopole en juin dernier avec une participation de 8%. 
    Vivendi avait reçu cette participation dans le cadre de la 
vente de sa filiale brésilienne GVT à l'espagnol Telefonica 
 TEF.MC , à l'époque premier actionnaire de Telecom Italia. 
    Le groupe de Vincent Bolloré, loin d'être un actionnaire 
passif, a depuis triplé sa part, obtenu quatre sièges au conseil 
d'administration et mis la pression sur Patuano pour qu'il 
réduise les coûts en Italie et décide une fois pour toutes du 
sort des actifs de Telecom Italia au Brésil. 
    Selon des sources, Vivendi est favorable à la vente de TIM 
Participações  TIMP3.SA , le deuxième opérateur de téléphonie 
mobile au Brésil, alors que Marco Patuano tient la filiale pour 
un actif stratégique dont il n'est pas question de se défaire. 
    Vivendi s'est refusé à tout commentaire samedi. 
    Selon d'autres sources, qui s'exprimaient sous le sceau de 
l'anonymat, Flavio Cattaneo, qui dirige actuellement le groupe 
ferroviaire italien NTV et est par ailleurs administrateur de 
Telecom Italia, est favori pour succéder à Marco Patuano. 
     
    CATTANEO "HEUREUX LÀ OÙ IL EST" 
    Flavio Cattaneo, ex-patron de la Rai, la télévision d'Etat, 
et de l'opérateur du réseau gazier Terna  TRN.MI , siège aussi 
au conseil d'administration de l'assureur Generali  GASI.MI , où 
Vincent Bolloré est également influent. 
    Cattaneo n'a pu être joint dans l'immédiat mais une source 
de son entourage a assuré qu'il n'avait pas reçu de proposition 
de Telecom Italia et qu'il était "heureux là où il est". 
    Les autres administrateurs de Telecom Italia resteront en 
place et le président Giuseppe Recchi assurera l'intérim de la 
direction opérationnelle jusqu'à la nomination du successeur de 
Patuano, ont dit des sources. L'administrateur délégué sortant 
touchera une indemnité de départ d'environ sept millions 
d'euros, a précisé l'une d'elles. 
    Marco Patuano, qui a débuté sa carrière à Telecom Italia en 
1990 avant d'en gravir les échelons jusqu'à sa nomination à la 
tête du groupe fin 2013, a fortement investi dans les réseaux 
mobiles pour rattraper le retard de l'Italie en matière 
d'internet et de haut débit. 
    Il n'a pas hésité à céder des actifs pour réduire 
l'endettement de Telecom Italia, actuellement de quelque 27 
milliards d'euros, et a conclu des accords avec des fournisseurs 
de contenus pour dégager de nouvelles sources de revenus. 
    Mais Vivendi juge que les choses n'avancent pas assez 
rapidement et les divergences au sujet de la stratégie au Brésil 
ont encore dégradé les relations entre l'administrateur délégué 
et son principal actionnaire, selon des observateurs. 
  
    Le mois dernier, Telecom Italia a rejeté une proposition de 
fusion entre TIM et son concurrent local Oi  OIBR3.SA . Selon 
une des sources, cette décision pourrait précipiter la vente de 
la filiale brésilienne de Telecom Italia. 
    "Patuano et les Français avaient des vues divergentes sur le 
Brésil. Je m'attends à présent à ce que les choses accélèrent 
sur ce front", a déclaré Tommaso Iaquinta, l'un des fondateurs 
de la petite banque d'investissement Livolsi-Iaquinta & 
Partners. 
    A la Bourse de Milan, l'action Telecom Italia a grimpé 
d'environ 20% sur les quatre dernières semaines, les 
investisseurs voulant croire que la pression exercée par Vivendi 
finira par entraîner des changements en profondeur au sein du 
groupe, voire un rapprochement avec un autre opérateur ou 
fournisseur de contenus. 
    Le PDG d'Orange  ORAN.PA , Stéphane Richard, a déclaré le 8 
mars qu'il pourrait réfléchir à l'opportunité d'un rapprochement 
avec Telecom Italia si Vincent Bolloré lui en faisait la 
proposition mais il a ajouté qu'à son avis ce n'était pas 
l'intention du président du conseil de surveillance de Vivendi. 
  
    Vivendi, propriétaire en France de Canal+, discute par 
ailleurs du rachat de Mediaset Premium, la filiale de télévision 
payante de Mediaset  MS.MI , selon des sources.   
 
 (Véronique Tison et Nicolas Delame pour le service français) 
 

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