Départ du DG d'Alcatel-Lucent après une perte en 2012

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ALCATEL-LUCENT ANNONCE LE DÉPART DE SON DIRECTEUR GÉNÉRAL
ALCATEL-LUCENT ANNONCE LE DÉPART DE SON DIRECTEUR GÉNÉRAL

PARIS (Reuters) - Alcatel-Lucent a annoncé jeudi le départ de son directeur général Ben Verwaayen dans le courant de l'année, après avoir accusé une perte plus importante que prévu en 2012.

Depuis son arrivée en septembre 2008, Ben Verwaayen n'a pas tenu son pari de faire du groupe en difficulté une entreprise "normale", c'est-à-dire en croissance, profitable et qui génère du cash.

"Je ne demanderai pas à ce que mon mandat de directeur général soit renouvelé. C'est évidemment une décision douloureuse mais qui est certainement bonne pour le groupe", a déclaré lors d'une conférence téléphonique Ben Verwaayen, dont le mandat arrive à échéance en 2013, à l'issue de l'assemblée générale des actionnaires.

Dans un communiqué du groupe, Philippe Camus, président du conseil d'administration d'Alcatel-Lucent a précisé que le conseil "étudiera en toute indépendance les candidatures internes et externes afin d'identifier son successeur."

Ben Verwaayen restera à son poste de directeur général jusqu'à la nomination de son successeur, ajoute le communiqué.

Le groupe franco-américain présente des fragilités structurelles, étant plus petit que ses principaux concurrents Ericsson, Huawei, et Nokia-Siemens Networks , avec une gamme de produits trop large et une consommation de cash trop rapide.

A l'annonce de ce départ, le titre bondissait de 7,1% à 1,39 euro en Bourse vers 10h50, tandis que le SBF 120 avançait au même moment de 0,3%.

"Quand on regarde les cinq ans de Verwaayen chez Alcatel, le bilan est au mieux mitigé, a commenté Alexandre Peterc, analyste d'Exane BNP Paribas. Le groupe est de nouveau en perte annuelle, son chiffre d'affaires et le cours de l'action sont beaucoup plus bas qu'à son arrivée. L'actionnaire peut seulement saluer sont départ et espérer que le prochain directeur général secouera un peu plus la marmite".

DÉGRINGOLADE BOURSIÈRE

Depuis son arrivée à la tête du groupe, Ben Verwaayen, d'origine néerlandaise et ancien patron de l'opérateur BT, a réduit la gamme de produits et les coûts d'exploitation, permettant au groupe de renouer avec les bénéfices en 2011, pour la première fois depuis la fusion.

Mais l'année 2012 a été marquée par un ralentissement des investissements des opérateurs télécoms, fragilisant l'activité de l'équipementier. Dans ce contexte, Alcatel a lancé l'an dernier un plan de restructuration impliquant la suppression d'environ 5.500 emplois.

Sanctionnant ces mauvaises performances, le titre a chuté d'environ 70% depuis septembre 2008 alors que l'indice sectoriel européen est resté stable sur cette période, faisant fondre la capitalisation boursière de sept milliards d'euros et entraînant la sortie du titre de l'indice CAC 40 en décembre 2012.

Grâce à un accord de refinancement de deux milliards d'euros conclu en janvier avec des banques, l'action a toutefois regagné près de 30% depuis le début de l'année, portant la capitalisation boursière du groupe à plus de trois milliards d'euros.

"Cet accord de refinancement conjugué à la mise en oeuvre de notre plan de restructuration assurera un terrain solide au successeur qui sera nommé par le conseil d'administration", a estimé Ben Verwaayen.

Alexandre Peterc d'Exane BNP Paribas rappelle que son concurrent Nokia a entrepris un plan de restructuration qui "porte ses fruits", le groupe ayant renoué avec les bénéfices.

"C'est la preuve qu'une restructuration est possible, même chez Alcatel, estime-t-il. Si le prochain dirigeant est quelqu'un de connu pour ce genre d'opérations, l'actionnaire peut espérer que ça aille mieux".

PERTE NETTE EN 2012

Pour l'ensemble de l'exercice, l'équipementier télécoms a dégagé un chiffre d'affaires en baisse de 5,7% à 14,446 milliards d'euros, contre 14,51 milliards d'euros attendu par les analystes, et une perte nette de 1,374 milliard d'euros, bien supérieure aux estimations du consensus qui prévoyait une perte nette de 474,8 million d'euros.

Pour le quatrième trimestre, le chiffre d'affaires s'est établi à 4,096 milliards d'euros, en recul de 1,3% par rapport à l'année précédente, la croissance de 13,7% observée sur le marché américain n'ayant pas suffi à compenser la faiblesse des marchés européen et asiatique.

Ben Verwaayen a prévu que cette année sera légèrement meilleure pour le marché des télécoms que 2012, notamment grâce au rebond attendu des investissements effectués par les opérateurs chinois.

"Nous allons observer une amélioration du marché chinois cette année grâce à des décisions clés qui seront prises dans la technologie 4G dite LTE, tandis que le marché américain devrait également rester solide", a-t-il soutenu.

Alcatel-Lucent, qui n'a pas donné de perspective précise pour l'exercice 2013, a dit avoir passé "une charge sans effet sur la trésorerie de 1,4 milliard d'euros, relative à la dépréciation du goodwill et d'immobilisations, ainsi qu'à l'impact correspondant sur les impôts différés".

Le conseil d'administration a par ailleurs recommandé de ne pas verser de dividende au titre de l'exercice 2012.

Catherine Monin, édité par Jean-Michel Bélot

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