Denys de La Patellière, auteur d'un cinéma populaire des années 50 et 60

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Kesu/Shutterstock.com
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(AFP) - Denys de la Patellière, décédé dimanche à l'âge de 92 ans, a réalisé quelques uns des grands succès populaires du cinéma des années 50 et 60, tels que "Un taxi pour Tobrouk" et "Du rififi à Paname", avant de se tourner vers la télévision à partir des années 70.

Né Denys Dubois de la Patellière le 8 mars 1921 à Nantes dans une famille anoblie pendant la Restauration, fils d'un officier de carrière et dernier de sept enfants, il prépare Saint-Cyr lorsque la guerre éclate. Il entre alors dans l'Armée de libération et perd deux de ses frères engagés dans la Résistance. Après la guerre, il décide de faire du cinéma et est engagé comme ouvrier développeur dans un laboratoire, avant de devenir monteur aux "Actualités françaises". Il est ensuite second assistant réalisateur, puis premier assistant, et réalise son premier film en 1955, "Les aristocrates" avec Pierre Fresnay. Défilent ensuite devant sa caméra le gotha du cinéma de l'époque, dont Danielle Darrieux, Jean Gabin et Lino Ventura. Il tourne notamment "Le salaire du péché" (1956) avec Jeanne Moreau et Danielle Darrieux, "Retour de manivelle" (1957) avec Michèle Morgan, "Les grandes familles" (1958, d'après le roman de Maurice Druon) avec Jean Gabin, Pierre Brasseur et Bernard Blier, "Du rififi à Paname" (1965) avec Jean Gabin et Mireille Darc. Son plus grand succès fut "Un taxi pour Tobrouk", en 1960, avec des dialogues de Michel Audiard, qui fit de Lino Ventura une star. Les aventures pendant la Deuxième guerre mondiale à travers le désert africain de quatre soldats français que le hasard réunit, et de leur prisonnier allemand, a été maintes fois diffusé à la télévision.

"Cinéma à la papa"

Denys de La Patellière a réuni également Jean Gabin et Louis de Funès dans "Le tatoué" en 1968. Il a travaillé avec Michel Audiard, Pascal Jardin et Alphonse Boudard pour les dialogues de ses films. Vivement critiqué par les jeunes loups de la Nouvelle Vague pour son "cinéma à la papa", il disait plusieurs années plus tard ne pas leur en vouloir. "De nouveaux réalisateurs devaient se faire une place et ils n'avaient pas tort. Si on ne veut pas prendre de coups de poing, on ne monte pas sur le ring", déclarait-il au Figaro en 2002. "J'étais un metteur en scène commercial et ce n'est pas pour moi un mot péjoratif. Je n'avais pas l'ambition de faire une oeuvre mais de réaliser des spectacles et d'intéresser les spectateurs", ajoutait-il. Son dernier film pour le cinéma fut "Prêtres interdits" (1973) avec Robert Hossein.

Le succès s'éloignant, il s'était tourné vers la télévision, pour laquelle il a tourné des épisodes du "Commissaire Maigret", "Le comte de Monte-Cristo" (1979) avec Jacques Weber, qui reste à ce jour l'une des meilleures adaptations du roman de Dumas, et le feuilleton "Bonjour Maître" avec Danielle Darrieux (1987). Modeste et philosophe, il disait n'avoir "aucune amertume" par rapport à sa carrière. "J'ai eu une chance formidable de faire le métier que j'aimais et d'en vivre. Mes films ne seront jamais cultes mais je ne serai pas le seul". A 81 ans, il avait signé un premier roman, "L'enfant évanoui". Il était officier des Arts et des Lettres et père de cinq enfants, dont l'un dirige aujourd'hui la fiction de la chaîne Canal+.

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