Démonstration de force des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

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EELV n'a pas le monopole de l'opposition au futur aéroport de Nantes (Loire-Atlantique)...
EELV n'a pas le monopole de l'opposition au futur aéroport de Nantes (Loire-Atlantique)...

Ce dossier est en train de devenir un gros caillou dans la chaussure du gouvernement.



Ils étaient entre quinze mille (d'après la préfecture de Loire-Atlantique) et quarante mille (selon les organisateurs) à dire « non » samedi. « Non » à un aéroport qu'ils jugent non seulement inutile, mais également synonyme d'expropriations et de sérieux préjudices écologiques, entre inévitables augmentation des rejets de gaz à effet de serre - aussi bien pendant la construction qu'une fois le nouvel aéroport entré en service ? et déclin de la biodiversité.


La tension est montée de plusieurs crans ces dernières semaines. Peu coutumiers de ce genre de « méthodes », les socialistes ont il est vrai expulsé les « squatteurs à ciel ouvert » à grands renforts d'escadrons de gendarmes mobiles et de CRS. La « résistance » ne faiblit cependant pas, au contraire, et c'est un véritable bras de fer qui s'est engagé.


Un étonnant rassemblement d'altermondialistes, d'agriculteurs, de militants d'associations de protection de l'environnement, d'élus locaux, de représentants d'EELV (Europe Écologie-Les Verts), de riverains, mais aussi de touristes et de membres du Parti de Gauche a sillonné ce week-end le bocage nantais avec l'espoir de faire plier le PS. Vent debout contre la future plate-forme, les écologistes se sont faits remonter les bretelles par le nouveau Premier secrétaire Harlem Désir, alors même que le texte signé par les deux partis fin 2011 entérine leur désaccord sur cette question.


« Un parti de la majorité gouvernementale ne devrait pas s'impliquer dans des manifestations qui prennent pour cible le Premier ministre sur un projet soutenu par les collectivités locales et leurs habitants très majoritairement », a-t-il en effet estimé, cité par nos confrères du Monde, François Hollande ayant pour sa part tenu à rappeler en marge d'un déplacement en Pologne son respect du « droit de manifestation », tout en disant « faire en sorte que tous les recours puissent être traités par une justice indépendante ». « Mais en même temps temps, il y a aussi la force du droit et la primauté de la volonté, non seulement de l'état, mais aussi des élus, et au-delà même des alternances politiques », a-t-il ajouté, cité lui aussi par le quotidien et faisant allusion au soutien qu'accorde l'UMP à l'aéroport, qui doit s'étendre sur un périmètre de mille sept cents hectares de terres agricoles et dont le coût a été évalué par Vinci à environ quatre cent cinquante millions d'euros.




« Le débat mériterait d'être rouvert »



Signalons par ailleurs la présence dans le cortège de José Bové (EELV), qui après les OGM et les gaz de schiste semble s'être trouvé un nouveau combat, du sénateur Jean-Vincent Placé (EELV), lequel a semé le trouble il y a quelques jours en s'interrogeant ouvertement sur la participation de son camp au gouvernement, de l'ancien candidat à l'élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche) et de Jean-Luc Bennahmias (MoDem). Absent, le président du MoDem François Bayrou y est néanmoins allé lui aussi de sa déclaration, jugeant dans une interview accordée au Parisien que « le débat mériterait d'être rouvert ». « Sur ce dossier, je comprends [?] très bien les résistances », a-t-il poursuivi, soulignant que « l'utilité de ce nouvel aéroport est contestée par des arguments sérieux » et que « rien ne dit que l'actuel aéroport de Nantes ne serait pas suffisant pour absorber le trafic ».


Plus incisif, M. Mélenchon, invité de l'émission C'Politique sur France 5, a de son côté affirmé que le chef de l'État avait « tort » d'évoquer la force du droit, pour la bonne raison que « juridiquement, ce n'est pas fini ». Quant à la fédération France Nature Environnement, elle considère que « la meilleure solution est la suspension de ce projet » et que le gouvernement « ne peut plus feindre d'ignorer l'opposition totale de la population à ce projet anachronique ».


Sur le terrain, les « anti » demeurent en outre mobilisés. « Les constructions de cabanes se sont poursuivies dimanche par des opposants déterminés à réoccuper le site malgré la menace d'une intervention des forces de l'ordre. Aussitôt levées, des dizaines de personnes ont repris, scies et visseuses à la main, un ouvrage interrompu par la nuit. Objectif: ériger dans les jours et semaines qui viennent un nouveau "lotissement" de cabanes », rapporte ainsi Le Monde.


Une opiniâtreté qui a également fait réagir le président du groupe PS à l'Assemblée Nationale Bruno Le Roux, selon lequel « on voit bien qu'il y a pour un certain nombre de responsables [?] une volonté de combattre l'État, de combattre le gouvernement ». Quelles que soient les motivations profondes desdits responsables, le gouvernement risque d'avoir de plus en plus de mal à maintenir le cap qu'il s'était fixé.


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