Démocrates et républicains poussent leurs pions sur le budget

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DÉMOCRATES ET RÉPUBLICAINS TENTENT DE PRENDRE L'AVANTAGE DANS LES NÉGOCIATIONS SUR LE BUDGET AMÉRICAIN
DÉMOCRATES ET RÉPUBLICAINS TENTENT DE PRENDRE L'AVANTAGE DANS LES NÉGOCIATIONS SUR LE BUDGET AMÉRICAIN

par Thomas Ferraro et Richard Cowan

WASHINGTON (Reuters) - Alors que l'heure tourne et qu'il ne reste plus qu'à peine trois semaines pour qu'un accord soit trouvé aux Etats-Unis sur la question du mur budgétaire, démocrates et républicains rivalisent d'initiatives pour prendre l'avantage dans les négociations.

Jeudi, les républicains ont tenté de provoquer l'ouverture d'un vote au Sénat sur la question du plafond de l'endettement américain pour redéfinir le débat sur cette question en des termes qui leur seraient plus favorables.

De plus en plus, le Parti républicain majoritaire à la Chambre des représentants, craint de plus en plus ouvertement de perdre la bataille de l'image dans le conflit qui l'oppose à la Maison blanche.

Cette impression semble d'ailleurs de plus en plus justifiée comme l'atteste la publication jeudi d'un sondage réalisé par l'Université de Quinnipiac montrant que les américains interrogés font bien davantage confiance au président Barack Obama (53%) qu'aux républicains (36%) sur cette question.

Les deux camps campent pour l'instant sur leurs positions respectives, les Démocrates prônant un relèvement des impôts des plus riches tandis que les Républicains se refusent à toute augmentation de la pression fiscale.

DISSENSIONS

Si les deux camps du Congrès admettent la nécessité de coopérer pour débloquer un dossier qui, selon de nombreuses études, affecte déjà l'activité économique et l'investissement des entreprises, les négociations s'annoncent difficiles d'ici le 1er janvier.

C'est à cette date que doivent, d'une part, expirer nombre d'allègements d'impôts adoptés sous la présidence de George W. Bush et reconduits pour deux ans fin 2010 par Barack Obama et, d'autre part, entrer en vigueur des coupes importantes dans les dépenses publiques, le tout pour un montant global de 600 milliards de dollars. Une conjonction désormais connue sous l'appellation de "mur budgétaire" (fiscal cliff).

Au sein du Parti républicain, l'unanimité n'est plus de mise. Des dissensions sont apparues ces deux dernières semaines dans leur camp, concernant leur capacité à s'opposer aux démocrates alors qu'ils ne contrôlent que la Chambre des représentants. Le Sénat est majoritairement démocrate.

Le sénateur républicain Bob Corker a déclaré mercredi soir qu'un changement stratégique pourrait intervenir, afin de mener le président à proposer un "vrai projet" de réduction du déficit qui permettrait une sortie de l'impasse.

"Il y a des mouvements dans différentes directions (...) et ainsi je pense que les républicains cherchent (...) le meilleur moyen de nous mener là où nous serons en position de force", a-t-il déclaré sur la chaîne publique PBS.

VISITE

Jeudi, sénateur républicain Jim DeMint, élu de Caroline du Sud proche du Tea Party, a fait savoir qu'il démissionnerait de son mandat en janvier pour prendre la tête de la Fondation Heritage, un cercle d'études et de réflexions conservateur.

Jim DeMint a provoqué des remous cette semaine en dénonçant les propositions avancée par John Boehner, le président républicain de la Chambre des représentants.

John Boehner a mis sur la table un plan prévoyant de prélever 800 milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires sans toucher pour autant au taux d'imposition des tranches de revenus les plus élevées.

Mais pour Jim DeMint, cette proposition "détruirait des emplois et permettrait aux politiciens de Washington" de creuser davantage, au lieu de le combler, le déficit fédéral.

Parallèlement, le président Barack Obama occupe le terrain médiatique, rencontrant publiquement des responsables politiques particulièrement concernés par les conséquences qui seraient provoquées par un échec des négociations, ou se rendant, devant les caméras, au domicile d'une famille de classe moyenne de Virginie afin d'illustrer l'impact qu'une hausse des impôts aurait sur la classe moyenne américaine.

"Un membre de cette famille a partagé son histoire, racontant l'impact qu'auraient les 2.200 dollars (1.690 euros) d'impôts supplémentaires qu'ils auront à payer si le Congrès n'agit pas", a dit la Maison blanche dans un communiqué.

Barack Obama et les démocrates siégeant au Congrès veulent que les exonérations d'impôts qui doivent expirer à la fin de l'année soient prolongées pour les contribuables déclarant moins de 250.000 dollars (190.000 euros) de revenus annuels, ce qui exclut les 2% d'Américains les plus riches.

Nicolas Delame pour le service français

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