Démission du président de Zurich Insurance

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DÉMISSION DU PRÉSIDENT DE ZURICH INSURANCE APRÈS LE SUICIDE PRÉSUMÉ DU DIRECTEUR FINANCIER
DÉMISSION DU PRÉSIDENT DE ZURICH INSURANCE APRÈS LE SUICIDE PRÉSUMÉ DU DIRECTEUR FINANCIER

par Katharina Bart

ZURICH (Reuters) - Josef Ackermann, l'ex-patron de Deutsche Bank, a démissionné jeudi de ses fonctions de président de l'assureur suisse Zurich Insurance après le suicide présumé du directeur financier Pierre Wauthier.

Le vice-président Tom de Swaan assurera l'intérim.

Josef Ackermann a expliqué que les proches de Wauthier, qui a travaillé 17 ans au sein du troisième assureur européen, lui attribuaient une part de responsabilité dans son décès.

"J'ai des raisons de penser que la famille estime que j'ai une part de responsabilité à assumer, aussi infondée que puisse être quelque allégation que ce soit", a-t-il déclaré dans un communiqué. "En conséquence, je considère que la possibilité de continuer avec succès de diriger le conseil pour le bénéfice de Zurich est remise en question."

La police suisse a annoncé mardi que le décès de Pierre Wauthier, retrouvé mort à son domicile de Zoug, près de Zurich, était apparemment dû à un suicide. (voir: )

Ce décès intervient après le suicide présumé, en juillet, d'un autre haut dirigeant d'une grande entreprise suisse, Carsten Schloter, le patron de l'opérateur télécoms Swisscom.

Une porte-parole de Zurich n'a donné aucune précision sur les allégations auxquelles Ackermann faisait référence à propos de Pierre Wauthier, un homme de 53 ans qui était marié et père de deux enfants.

"Pierre subissait une forte pression parce qu'il y avait encore plus de pression au-dessus de lui concernant le cours de l'action; c'était un secret de Polichinelle", a dit un ancien collègue. "Wauthier avait de fait réalisé ses ambitions professionnelles: être directeur financier, c'était son rêve".

Le directeur général de Zurich, Martin Senn, a déclaré qu'il n'avait pas connaissance du moindre conflit susceptible de déboucher sur cette issue fatale. "Nous n'avons identifié aucun conflit qui aurait pu ou dû aboutir à un tel décès", a-t-il dit à la télévision suisse.

L'ACTION CONTINUE DE BAISSER

Ce n'est pas la première fois que Josef Ackermann est mis en cause. Il avait accepté en 2006 de régler 3,2 millions d'euros, sans admettre la moindre faute, pour s'épargner un procès lié à un contentieux relatif à l'opérateur télécoms Mannesmann.

Avec son départ, Zurich perd un banquier européen de premier plan, auteur de la transformation de Deutsche Bank, qu'il a dirigé pendant dix ans et qui a aussi joué un rôle dans la crise financière européenne en tant que président de l'Institut de la finance internationale (IIF), organisme de représentation du secteur bancaire au niveau mondial.

Il fut l'un des rares professionnels à avoir conservé son poste durant la crise financière. Depuis son retour en Suisse après avoir quitté Deutsche Bank en 2012, il s'est fait l'avocat inflexible du secteur bancaire suisse.

Son nom avait souvent été prononcé pour occuper des postes stratégiques en Suisse, y compris à la tête de la Banque nationale suisse, avant qu'il ne choisisse ce poste relativement discret chez l'assureur zurichois.

"La mission d'Ackermann était de secouer Zurich, d'y insuffler une mentalité un peu plus dynamique", a dit une personne proche du dirigeant. "Bien sûr, l'assurance n'est pas la banque mais il pensait qu'on pouvait tirer quelque chose de Zurich".

Il semble cependant que son autorité n'ait pas suffi à stabiliser l'entreprise, dont la direction a subi des changements d'importance au cours des 12 derniers mois.

L'ex-patron de l'assurance dommages Mario Greco est parti à la mi-2012 pour prendre la tête de l'assureur italien Generali, tandis que Kevin Hogan, qui dirigeait l'assurance-vie, a tiré sa révérence voici deux semaines pour prendre en charge l'une des branches de l'assureur américain AIG.

L'action Zurich perdait 2,6% en début d'après-midi sur le marché suisse, tout en restant au-dessus du plancher touché mardi après l'annonce du décès de Pierre Wauthier.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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