Démission du Premier ministre malien, arrêté par l'armée

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ARRÊTÉ PAR L'ARMÉE, LE PREMIER MINISTRE MALIEN DÉMISSIONNE
ARRÊTÉ PAR L'ARMÉE, LE PREMIER MINISTRE MALIEN DÉMISSIONNE

par Tiemoko Diallo et Adama Diarra

BAMAKO (Reuters) - Le Premier ministre du Mali, Cheick Modibo Diarra, a annoncé mardi matin sa démission quelques heures après avoir été arrêté par des soldats dans la capitale, Bamako, alors qu'il avait prévu de quitter son pays pour la France.

"Moi, Cheick Modibo Diarra, annonce par la présente la démission de la totalité de mon gouvernement ce mardi 11 décembre 2012", a-t-il dit, apparemment nerveux, dans une courte déclaration diffusée par la télévision malienne.

La situation était calme mardi après-midi à Bamako, mais les militaires ont bloqué l'accès à Kati, ville de garnison située à l'extérieur de la capitale et qui sert de QG à l'ancienne junte et où a été conduit le Premier ministre déchu.

La France a sommé l'ancienne junte, à l'origine d'un coup d'Etat en mars, de cesser ses ingérences dans la vie politique. Elle a demandé, par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Philippe Lalliot, à ce que "chacun au Mali" se montre "à la hauteur des défis auxquels le pays est confronté".

Bakary Mariko, porte-parole des militaires qui ont participé au putsch fomenté le 22 mars par le capitaine Amadou Haya Sanogo, a justifié l'arrestation du Premier ministre en déclarant qu'il "ne travaillait plus dans l'intérêt du pays".

"Il a été arrêté alors qu'il essayait de partir pour la France", a déclaré Bakary Mariko. "Le pays est en crise et il bloquait les institutions. Il ne s'agit pas d'un coup d'Etat. Le président est toujours en place mais le Premier ministre ne travaillait plus dans l'intérêt du pays."

Cheick Modibo Diarra s'est prononcé à plusieurs reprises en faveur de l'intervention d'une force internationale dans le nord du Mali, et ses relations avec l'armée se sont dégradées, le capitaine Sanogo étant opposé à cette option ardemment promue par la France.

La perspective d'une intervention internationale se précise lentement à l'Onu, dont le secrétaire général Ban Ki-moon a prudemment recommandé en novembre au Conseil de sécurité de donner son aval à l'envoi de 3.300 soldats originaires de pays ouest-africains sur proposition de l'Union africaine (UA).

INFLUENCES

La majorité de l'état-major malien estime cependant avoir seulement besoin d'un soutien financier et logistique pour que l'armée mène elle-même une opération de reconquête du nord du pays.

Les militaires maliens, qui avaient renversé en mars le président élu Amadou Toumani Touré, ont restitué la direction de l'Etat aux civils mais demeurent influents dans la gestion des affaires.

La démission forcée du Premier ministre risque de compliquer les efforts visant à stabiliser le Mali dont la partie septentrionale est contrôlée par des rebelles touareg et des groupes islamistes, dont certains liés à Al Qaïda, entendent y appliquer la "charia" (loi coranique).

Cette région enclavée et semi-désertique en bordure du Sahara est désormais considérée par les Nations unies comme "l'une des contrées potentiellement les plus explosives au monde".

"L'insécurité devient préoccupante, avec des informations généralisées sur de graves violations des droits de l'homme comme des violences sexuelles, le recrutement d'enfants, la lapidation et la mutilation de suspects", a déclaré le Haut Commissaire des Nations unies aux Réfugiés, Antonio Guterres, devant le Conseil de sécurité.

Ancien ingénieur de la Nasa et dirigeant de Microsoft pour l'Afrique, Cheick Modibo Diarra assurait l'intérim en tant que chef du gouvernement depuis avril lorsque les militaires avaient officiellement restitué le pouvoir.

Gendre de Moussa Traoré, ancien président autocrate du Mali de 1968 à 1991, le Premier ministre semblait entretenir de bonnes relations avec les militaires.

Mais, selon les observateurs, des tensions sont apparues au cours des dernières semaines lorsque Cheick Modibo Diarra, relativement peu expérimenté en politique, a paru vouloir se constituer une base électorale en vue de futurs scrutins.

Des divergences sont également apparues depuis plusieurs mois avec le président intérimaire Dioucounda Traoré.

Avec David Lewis à Dakar; Pierre Sérisier, Henri-Pierre André et Julien Dury pour le service français

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  • gmich10 le mardi 11 déc 2012 à 16:57

    Voilà un beau pays sur lequel la France devrait prendre exemple.

  • oferrazz le mardi 11 déc 2012 à 16:38

    Soit tu démissionnes, soit on te bute.Bon, ben je démissionne alors.

  • M2280901 le mardi 11 déc 2012 à 16:27

    le pire c'est qu'il venir en France , la poubelle de l'Afrique

  • price77 le mardi 11 déc 2012 à 16:22

    MDR!!!!!

  • M2280901 le mardi 11 déc 2012 à 15:43

    Ben... on s'en fout !