Démission du négociateur en chef de l'opposition syrienne

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 (Actualisé avec précisions) 
    AMMAN, 30 mai (Reuters) - Mohamed Allouche, le négociateur 
en chef de l'opposition syrienne, a annoncé sa démission 
dimanche pour protester contre l'enlisement des discussions de 
paix de Genève.  
    Ces discussions indirectes menées sous l'égide de l'Onu 
n'ont permis ni de trouver une solution politique, ni d'alléger 
les souffrances des Syriens qui vivent dans les villes assiégées 
ni de procéder à la libération des prisonniers, déclare Mohamed 
Allouche, qui est aussi le chef du puissant groupe rebelle 
Djaïch al Islam et son représentant au Haut Comité des 
négociations (HCN). 
    Le HCN, basé en Arabie saoudite, a été mis sur pied par 
l'opposition avec le soutien des puissances occidentales. Il a 
quitté Genève fin avril pour protester contre la détérioration 
de la situation sur le terrain, notamment à Alep. Il refuse de 
reprendre les discussions en l'absence d'amélioration. 
    Aucune date n'a été fixée pour la reprise des pourparlers. 
    Les négociations, dit Mohamed Allouche dans une déclaration 
adressée à Reuters, sont une "perte de temps" dans la mesure où 
aucune des demandes de l'opposition n'a été acceptée. 
    Il dit ne pas s'attendre à une reprise des discussions tant 
que le gouvernement syrien restera intransigeant et qu'il ne 
sera pas prêt à entrer dans des "négociations sérieuses". 
    Le gouvernement syrien ne reconnaît pas le droit du HCN à 
s'exprimer au nom de l'opposition. Il estime qu'il est un 
instrument des puissances étrangères qui cherchent à renverser 
le président Bachar al Assad. Le gouvernement syrien considère 
Mohamed Allouche comme un "terroriste". 
    Sa démission a été acceptée lors d'une réunion à Ryad, la 
capitale saoudienne, sous la direction du coordinateur en chef 
du HCN, Riad Hidjab. La réunion avait été convoquée pour faire 
le point sur les négociations de paix. 
    Parallèlement, l'opposition syrienne basée en Turquie et 
affilée au HCN a appelé les soutiens étrangers du HCN à 
renforcer leur aide militaire aux groupes rebelles modérés de 
l'Armée syrienne libre (ASL). 
    De la sorte, dit cette opposition de Turquie, les 
combattants de l'ASL pourront reconquérir Rakka, la capitale 
autoproclamée par l'Etat islamique en Syrie. 
    En revanche, l'opposition critique l'armement et 
l'entraînement accordées par les Etats-Unis aux Forces 
démocratiques de Syrie (FDS) dont la principale composante sont 
les milices kurdes YPG, parce que, dit-elle, ils poursuivent 
leurs objectifs propres. 
    Avec l'aide des forces spéciales américaines et appuyées par 
des groupes tribaux arabes, les FDS ont lancé la semaine 
dernière une opération au nord de Rakka. Ils ont aussi repris 
une série de villages autour de Aïn Issa, localité située à une 
soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Rakka. 
    Le chef de la délégation de l'opposition à Genève, Asaad al 
Zoubi, un ancien général de l'armée syrienne, a déclaré à la 
chaîne de télévision al Hadass, qu'il voulait lui aussi être 
relevé de ses fonctions au HCN mais n'a pas confirmé être passé 
aux actes. 
 
 (Suleiman Al Khalidi avec Ahmed Tolba au Caire; Jean-Philippe 
Lefief et Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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