Démentis quant à un changement de cap de François Hollande

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DÉMENTIS QUANT À UN CHANGEMENT DE CAP DE FRANÇOIS HOLLANDE
DÉMENTIS QUANT À UN CHANGEMENT DE CAP DE FRANÇOIS HOLLANDE

PARIS (Reuters) - Il n'y a pas, de la part de François Hollande, de changement de cap ou de politique mais une "accélération", a déclaré dimanche le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, après les ouvertures du chef de l'Etat à l'adresse des entreprises en ce début 2014.

Son collègue François Lamy avait écarté auparavant l'idée d'un "tournant social-libéral", à l'orée d'une année placée par le président sous le signe de la réduction du coût du travail et des dépenses publiques pour relancer l'emploi et l'économie.

"Il ne s'agit pas d'un changement de cap, il ne s'agit pas d'une nouvelle politique, il ne s'agit pas d'un tournant, il s'agit d'un approfondissement et d'une accélération" de la politique conduite jusqu'à présent par le gouvernement, a dit Bernard Cazeneuve lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

Lors de ses voeux aux Français, le 31 décembre, François Hollande a proposé, au risque de froisser l'aile gauche de sa majorité, de conclure un "pacte de responsabilité" avec les chefs d'entreprise : réduction des charges et simplification administrative contre embauches et relance des investissements.

Selon Bernard Cazeneuve, cela prendra notamment la forme d'une "consolidation" du crédit d'impôt compétitivité-emploi (Cice), pleinement en vigueur depuis le 1er janvier, et d'une "modernisation de la fiscalité des entreprises", qui sera l'objet d'assises spécifiques lancées ce mois-ci.

"Il y a à peu près 150 petites taxes dont les entreprises sont redevables, qui représentent des montants (...) très faibles", a expliqué à titre d'exemple le ministre du Budget, qui en a demandé un inventaire à ses services.

RÉDUIRE LES DÉFICITS POUR BAISSER LES IMPÔTS

"Ça ne sera pas pour les finances publiques une difficulté considérable et, en même temps, pour les entreprises, ça peut être un élément extraordinaire de simplification", a-t-il ajouté. "Je vais faire des propositions concrètes au Premier ministre et au président de la République."

Il a également dit que le gouvernement entendait transférer une partie des cotisations familiales pour compenser la hausse des cotisations retraites et a confirmé que son objectif était de réduire le taux des prélèvements obligatoires à 45,8% du PIB à l'horizon 2017, au lieu de 46,3% en 2013.

François Hollande s'est engagé à ce que l'Etat, les collectivités locales et la Sécurité sociale fassent des économies pour réduire les déficits publics et, à terme, diminuer les impôts.

Lors de ses voeux au gouvernement, le chef de l'Etat a déclaré vendredi assumer personnellement cette politique et a promis la fermeté face aux "conservatismes".

"Ce n'est pas un tournant social-libéral (...) Ça m'embêterait, mais ce n'est pas le cas", a commenté le ministre de la Ville, François Lamy, sur Radio J. "Le président de la République est à la fois socialiste et (...) pragmatique, c'est-à-dire qu'il adapte sa politique à la situation actuelle."

"RÉCONCILIER LE PAYS AVEC L'ENTREPRISE"

"Il y a des situations où on peut résoudre une crise économique par la relance de la demande (...) Il se trouve que lorsque nous sommes arrivés au pouvoir nous avons trouvé un appareil productif qui n'était absolument plus compétitif", a ajouté le ministre de la Ville.

Reconstruire cet appareil productif passe par un soutien aux entreprises dans le cadre d'une politique de "donnant-donnant", a-t-il fait valoir. Comme Bernard Cazeneuve, il a soutenu qu'il ne s'agissait pas d'un tournant mais d'une "accélération" de la politique menée depuis 18 mois par le gouvernement

L'ancienne ministre socialiste de l'Ecologie, Delphine Batho, ne partage pas cet avis et s'étonne dans le Journal du Dimanche que les déclarations du chef de l'Etat n'aient pas suscité plus de critiques à gauche.

"Il s'agit d'une sorte de tournant idéologique", dit-elle. "Ces choix sont différents de ceux défendus pendant la campagne électorale (de 2012) (...) Il n'y a plus de projet de société, plus d'objectif de transformation."

Réponse de Bernard Cazeneuve à Delphine Batho et aux critiques de l'aile gauche du Parti socialiste : être de gauche ne signifie pas renoncer à l'efficacité et une politique en faveur des entreprises, qui "font la croissance", n'est pas un acte de défiance envers les ménages.

"Je ne pense pas que pour être de gauche il faille constamment déclarer la guerre au monde de l'entreprise", a dit le ministre du Budget. "Je pense au contraire que notre devoir aujourd'hui, dans la situation dans laquelle est le pays, c'est de réconcilier le pays avec l'entreprise."

"J'assume parfaitement que nous menions une politique pro-entreprise", a-t-il ajouté.

Emmanuel Jarry, édité par Guy Kerivel

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  • KAFKA016 le lundi 6 jan 2014 à 19:47

    Le courage c'est de ramener le nombre de fonctionnaires à 50 pour 1000 habitants comme en allemagne et non 95/1000 comme aujourd'hui !

  • KAFKA016 le lundi 6 jan 2014 à 19:44

    120Md de hausse des dépenses publiques, le changement de cap s'accelere effectivement! 38 ministres record absolu d'effectif depuis la creation de la république, c'est un bon début...

  • M4630217 le lundi 6 jan 2014 à 10:58

    Changer de cap!! Mais de quel cap parle-t-il ??? Peut être celui de bonne espérance !...

  • M931269 le lundi 6 jan 2014 à 10:34

    De vaines paroles et surtout du flou ,beaucoup de flou mais pas de ligne directrice nette sinon que "du bricolage" comme les "150 petites taxes " payées par les entreprises qu'on voudrait "moderniser" selon Cazeneuve ....Croyez vous vraiment que cela va fondamentalement changer quelque chose ....! ils vont en profiter pour les taxer un peu plus ...seule impératif de ce gouvernement de technocrates incompétents !

  • frk987 le lundi 6 jan 2014 à 10:26

    Un c.. restera toujours un c.., donc pas de risque de changement de cap. Idéologie dépassée arriérée mais seul modèle d'Hollandouille, vive l'Allemagne de l'Est son modèle !!!!

  • hbaudry1 le lundi 6 jan 2014 à 10:21

    C'eût été trop beau ... qu'il prenne enfin un cap !!!!

  • lukefr le lundi 6 jan 2014 à 10:04

    pour le moment, on nous dit que l'on fait des économies! C'est un peu jouer sur les mots, car le budget 2014 est égal à peu de choses près, à celui de 2013. On ne fait cette année que de limiter l'augmentation des dépenses. Etonnant que personne parmi les journalistes ne le disent, pourtant il s'agit de verifier le site du ministère des finances!!!!

  • slivo le lundi 6 jan 2014 à 09:58

    En navigation, la route à suivre est l'addition du Cap + la Dérive. Pour l'instant, il n'y a jamais eu de cap, que de la dérive. C'est comme cela que l'on s'échoue et se transforme en épave !

  • SuRaCtA le lundi 6 jan 2014 à 09:47

    Heureusement les entrepreneurs ne sont pas aussi dupes des manigances du Tartufe de L'Elysée... Pour mémoire il lui ont déjà décerné un carton jaune pour sa politique en 2013, le carton rouge suivra peut être en 2014 !

  • SuRaCtA le lundi 6 jan 2014 à 09:45

    Quant à la réduction des charges, au pire ce sera du vent et au mieux un tour de passe-passe, les comptes publique sont si dégradé que le gouvernement n’as pas les moyens budgétaire de faire l’impasse sur ces recettes. De plus, le logiciel socialiste est fondé sur l’impôt, les 20 derniers mois de pouvoir nous l’on suffisamment rappelé…