Démantèlement d'un trafic international de blanchiment

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    MARSEILLE, 29 novembre (Reuters) - Un réseau international 
de blanchiment d'argent qui aurait traité en quatre ans plus de 
400 millions d'euros issus principalement du trafic de drogue a 
été démantelé et une cinquantaine de personnes identifiées en 
France en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne, au Maroc et aux 
Emirats arabes unis. 
    "C'est une affaire hors normes. On touche aux strates les 
plus élevées de la traduction économique du trafic de 
stupéfiants", a dit mardi à la presse le procureur de Marseille, 
Xavier Tarabeux. 
    Après un an d'enquête, plusieurs centaines de policiers et 
de gendarmes sont intervenus la semaine dernière en France, en 
Belgique, aux Pays-Bas et au Maroc. 
    Les gendarmes ont notamment saisi 943.000 euros en liquide à 
Besançon (Doubs), une somme présentée par Xavier Tarabeux comme 
les "bénéfices d'une quinzaine de jours de trafic de stupéfiants 
dans la ville". 
    Les gendarmes ont surtout interpellé celui qui est considéré 
comme le "principal collecteur" du réseau, qu'ils soupçonnent 
d'avoir réalisé une centaine de transferts de fonds pour une 
somme totale estimée à 61 millions d'euros.  
    "C'est l'argent qui vient de la drogue, avec la mise en 
place d'un dispositif de collecteurs et de mouvements financiers 
qui permettent de faire transiter l'argent liquide entre les 
pays sans laisser de trace", a résumé le procureur de Marseille. 
     
    UNE AFFAIRE D'UNE ENORME AMPLEUR 
    Les sommes collectées dans un pays étaient, à travers un 
"mécanisme compensatoire", versées dans un autre pays, un 
"dispositif axé sur le numéraire et la confiance entre 
interlocuteurs" selon le général de gendarmerie David Galtier. 
    Les enquêteurs belges ont trouvé 2,5 millions d'euros en 
liquide sous le plancher d'une cave près de Bruxelles. A Paris, 
les remises de fonds se faisaient dans une épicerie par laquelle 
aurait transité plus de 10 millions d'euros. 
    "On est sur de multiples remises d'argent. A ce stade de 
l'enquête, on a pu tracer 7,5 millions d'euros en France entre 
les mois d'avril et de novembre 2016", a dit Xavier Tarabeux. 
    Le magistrat a précisé que les investigations portaient, au 
niveau international, sur 400 millions d'euros de blanchiment au 
cours des quatre dernières années. 
    En France, 18 personnes ont été écroués et trois mandats 
d'arrêts internationaux ont été délivrés, notamment à l'encontre 
de la tête pensante présumée du réseau localisée au Maroc. 
    "En 16 ans d'activités, je n'en ai jamais rencontré une 
autre affaire d'une telle ampleur", a affirmé Pedro Felicio, 
chef de l'unité anti-blanchiment d'Europol, organisme européen 
chargé de faciliter l'échange de renseignements entre polices. 
    Il estime que c'est un "coup dur" porté aux organisations 
criminelles sur le territoire de l'Union européenne. 
    "La seule façon de faire mal à ces groupes est de saisir 
leurs avoirs. Les enquêtes financières sont une priorité pour 
l'UE", a-t-il dit, précisant que seulement 2,2% des liquidités 
criminelles sont réellement saisies chaque année. 
 
 (Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse) 
 
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