Demande d'entraide judiciaire pour le Français arrêté en Ukraine

le , mis à jour à 17:45
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 (Bien lire Pison, et non Pinson) 
    * Paris attend de recevoir les détails de l'enquête 
ukrainienne 
    * L'hypothèse du trafic d'armes reste privilégie 
    * Le suspect avait un T-shirt du Renouveau français 
    * Il n'a jamais fait partie du mouvement, dit son chef 
 
    par Gérard Bon 
    PARIS, 7 juin (Reuters) - Paris a fait une demande 
d'entraide judiciaire internationale à l'Ukraine au sujet du 
Français arrêté à la frontière ukraino-polonaise et soupçonné 
d'avoir projeté une série d'attentats en France au moment de 
l'Euro 2016 de football. 
    Les services ukrainiens n'ont pas encore répondu "mais cela 
ne devrait pas tarder", a déclaré à Reuters le procureur de la 
République de Nancy, Thomas Pison. 
    Prié de dire si Paris envisageait une demande d'extradition, 
le magistrat a répondu : "On n'en est pas encore là".  
    Les enquêteurs français voudraient notamment prendre 
connaissance des déclarations du jeune de 25 ans qui, selon 
Vasyl Hrytsak, chef des services de sécurité ukrainiens (SBU), a 
évoqué le projet d'une quinzaine d'attentats d'inspiration 
extrémiste de droite.  
    Selon des services de sécurité ukrainiens, il avait 
l'intention de s'en prendre à des lieux de culte musulmans et 
juifs ainsi qu'à des bâtiments publics en France. 
    Le jeune homme est inconnu des services français et la 
justice française privilégie pour l'instant un trafic d'armes, 
raison pour laquelle elle a ouvert une information judiciaire 
pour ce chef à Nancy, a souligné Thomas Pison. 
    La police judiciaire de Nancy et l'Office central de lutte 
contre la criminalité organisée (OCLCO) ont été saisis. 
    Le ministère français de l'Intérieur se montre également 
prudent au sujet d'éventuels projets nourris par ce Français, 
dit-on de source proche du dossier. 
     
    CONTEXTE DIPLOMATIQUE 
    Cette source souligne le contexte diplomatique particulier 
de l'affaire, l'Union européenne pouvant décider prochainement 
de lever ses sanctions contre la Russie. Or, Kiev a tout intérêt 
à faire valoir son importance dans la lutte antiterroriste. 
    L'arrestation du Français a eu lieu il y a plus de deux 
semaines à la frontière polonaise et les images de sa capture, 
entièrement filmée par les services de sécurité ukrainiens, et 
diffusées lundi, sont spectaculaires. 
    Repéré en décembre 2015 en Ukraine, il a été interpellé 
après six mois d'enquête en possession de 125 kg de TNT, deux 
lance-roquettes antichar, cinq fusils d'assaut Kalachnikov et 
plus de 5.000 munitions, selon les services ukrainiens. 
    L'arsenal, désactivé, lui a été fourni par les autorités 
ukrainiennes elles-mêmes afin de piéger le suspect, un point qui 
intrigue des officiels français. 
    Après son arrestation, une perquisition menée le 27 mai à 
son domicile de Nant-le-Petit (Meuse) n'a pas permis de trouver 
d'éléments probants confortant la piste terroriste. 
    Les enquêteurs ont trouvé plusieurs substances pouvant 
entrer dans la composition d'explosifs artisanaux, mais le jeune 
homme présenté dans la région comme sans histoires est un fils 
d'agriculteur et travaille dans l'élevage, où des engrais, qui 
peuvent servir à fabriquer des explosifs, sont utilisés. 
    Un T-shirt à l'effigie du groupe d'extrême droite Renouveau 
français a été également découvert, selon une source policière. 
     
    UN GARÇON "GENTIL" 
    Mais le mouvement nationaliste et identitaire, qui 
revendique quelques centaines de membres, affirme que le suspect 
n'a été ni membre, ni sympathisant connu du Renouveau français. 
    "Nous ne connaissons pas ce jeune homme, nous n'en avons 
jamais entendu parler. Nous n'avons rien à nous reprocher et 
nous n'avons aucune crainte", a dit à Reuters son directeur, 
Thibault de Chassey. 
    Il a souligné qu'il était facile de se procurer des T-shirts 
dans la boutique en ligne du mouvement ou sur des stands lors de 
différentes rencontres et manifestations.  
    Les voisins du jeune Français se sont déclarés très surpris 
de son arrestation, décrivant un Lorrain ordinaire.  
    "C'est un garçon qui était bien parlant avec nous, très 
gentil, un gamin qui s'est toujours débrouillé tout seul, a 
toujours trouvé du travail", a ainsi dit Catherine Lenquette, 
qui vit en face de son domicile. 
    Elle a précisé l'avoir invité à dîner mais n'avoir jamais 
parlé de politique. "Je ne le vois pas faire des choses comme 
ça", dit-elle. 
    Catherine Lenquette se souvient que le jeune homme avait 
fait un voyage en Ukraine il y a deux ans et l'avait encore vu 
il y a quinze jours. Il lui a dit qu'il serait présent le 19 
juin pour un repas organisé dans le village. 
 
 (Avec Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Yves Clarisse) 
 
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