Demain, notre assiette devra faire de la place à une multitude d'innovations gourmandes

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(Relaxnews) - Lors de sa cinquantième édition à Paris Nord Villepinte (19 au 23 octobre), le Salon international de l'alimentation (SIAL) présentera pas moins de 1.700 produits venus de tous horizons, et rivalisant sur le créneau de l'innovation alimentaire. Jamais ce rendez-vous professionnel, révélateur de ce que nous mangerons demain, n'a rassemblé autant de nouveautés. L'innovation alimentaire bat son plein. Les détails. 

"L'innovation alimentaire est source de fantasmes" déclare Olivier Dauvers, journaliste expert de la consommation, qui officiait sur la scène de présentation du prochain Sial. Car l'édition 2014 n'aura pas le même goût que d'habitude. Il s'agira de la cinquantième fois, mais surtout les 6.000 entreprises venues des quatre coins du monde (105 pays différents) batailleront pour faire parler de leurs nouveautés. Et il y aura de quoi faire.

Car les industriels ont conscience des objectifs qu'ils doivent tenir s'ils veulent séduire les consommateurs : répondre aux demandes paradoxales de ces derniers. "Nous faisons face aujourd'hui à un consommateur multiple, qui veut tout et son contraire. Cela ne le dérange pas d'exiger un Coca-Cola Light et de réclamer un dessert en même temps", commente Xavier Terlet, Président du cabinet XTC World Innovation, expert sur le sujet de l'innovation alimentaire. Résultat : sera présentée sur le Sial une "offre hybride", reflet d'une alimentation vecteur de petits plaisirs. 

Le paradoxe du consommateur made in XXIe siècle

Plus concrètement, les marques livreront combat pour présenter des nouveautés répondant aux envies de naturalité et d'aliments santé, tout en dévoilant des produits ultra-gourmands, parfois à la limite du "food-porn". Une marque britannique dévoilera par exemple des biscuits apéritifs premium sans gluten. Pendant ce temps, une enseigne hollandaise tentera de conclure un maximum de contrats pour vendre sa pâte à tartiner avec inclusions de cookies. Un produit régressif sur lequel Xavier Terlet parierais sans doute, confie-t-il. 

Autre mise en situation du paradoxe des consommateurs, la présentation de champignons prêts à pousser. Un produit portugais qui répond à une envie de sain et de naturel à l'extrême. Les mangeurs aujourd'hui ne veulent plus seulement se contenter du bio. Ils s'enthousiasment pour le "vivant sauvage". Il suffit d'un peu d'arrosage pour se délecter de ces champignons, à faire grandir à la maison en quelques jours. Mais dans le même temps, la demande des consommateurs a poussé un fabricant danois à produire des coques à presser, remplies de chair de poisson. Une astuce hypra-industrielle aux couleurs amusantes pour aider les enfants à consommer du poisson. 

Dans un autre esprit d'authenticité, les industriels développent des nouveautés produites localement. Une caractéristique mise parfaitement en évidence sur les étiquettes. Mais, ce n'est pas leur "militantisme local" qui les empêchera d'acheter un produit cultivé à des milliers de kilomètres de chez eux, jouant la carte une fois encore du "produit local". L'exemple de ce riz de Thaïlande avec une Indication géographique protégée est plus parlant pour illustrer cette nouvelle tendance. 

Quoiqu'il en soit, les consommateurs sont bel et bien devenus des clients avertis qui ne se laisseront pas amadouer par toutes ces nouveautés gourmandes. "L'alimentation est un des rares secteurs qui ne crée pas l'uniformisation", ajoute d'ailleurs Xavier Terlet.

Alors voilà, ils attendent des industriels qu'ils soient considérés comme des personnes surdouées. La preuve avec ce kit pour produire sa propre bière aux Etats-Unis. Pour autant, ils ne seraient pas contre une gamme d'huiles numérotées, pour les guider dans leur cuisine et les aider à faire le bon choix selon la recette (nouveauté venant d'Autriche). 

L'innovation alimentaire est donc de retour, après une crise qui a jeté un froid sur les innovations des acteurs du secteur. Même des pays aussi surprenants que les Emirats Arabes Unis, la Malaisie, la Corée du Sud ou le Costa Rica présenteront en grande pompe des nouveautés.

La France restera un des pays les plus attendus lors de ce Salon international de l'alimentation, contribuant à 25% des innovations présentes sur à Paris Nord Villepinte. 1.000 entreprises seront bien là, soit une représentante sur dix de l'agro-alimentaire tricolore prête à se lancer à l'échelle internationale. 

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