Delair-tech, leader français du drone, veut voler plus haut

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* Des drones pour surveiller les 30.000 km de voies de la SNCF * Développement dans les infrastructures linéaires * 10 à 15 millions d'euros devraient être levés fin 2015 par Johanne Decorse TOULOUSE, 15 septembre (Reuters) - L'entreprise Delair-tech, le leader du drone civil professionnel en France qui vient de livrer à la SNCF des systèmes dédiés à la maintenance et à la sûreté du réseau ferré, programme une importante levée de fonds fin 2015 pour se développer. Créée en 2011 par quatre ingénieurs, la société toulousaine conçoit, produit et opère des mini-drones de longue endurance pour la surveillance de sites industriels ou naturels. Delair-tech s'est spécialisé dans les appareils de longue portée pour l'observation des "infrastructures linéaires", comme les pipe-lines pour les compagnies pétrolières dont Total, les lignes électriques pour EDF, les gazoducs, les exploitations agricoles ou encore les réseaux routiers. La PME, qui compte aussi des clients miniers dont le groupe Glencore, a récemment réalisé pour la compagnie Bolloré Africa Logistics des relevés topographiques en vue de la construction de la future ligne de chemin de fer reliant le Niger au Bénin. Les systèmes livrés à la SNCF serviront à détecter les intrusions de personnes et les actes de malveillance et à "réaliser des diagnostics rapides après des événements climatiques importants" sur les 30.000 kilomètres de lignes. Le réseau ferré, qui revendique sa place de leader de la filière drones française, a développé sa propre équipe de pilotage et compte une flotte d'une dizaine d'appareils. Depuis sa création, Delair-tech a développé deux modèles de drones avion capables de voler de deux à quatre heures sur des distances allant de 100 à 200 kilomètres, des performances "inédites sur le marché" selon ses concepteurs. Son produit phare, le DT-18, d'à peine 2kg, a été le premier, en 2012, à être certifié par la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) pour les vols de longue distance dans l'espace aérien civil français, hors de portée de vue du pilote. "Nous avons bénéficié de conditions réglementaires favorables et nos trois années d'expérience en pilotage nous ont assuré une avance considérable sur un marché du drone professionnel en pleine croissance. Le drone n'est plus une curiosité, il est devenu un business à part entière", explique Michaël de Lagarde, cofondateur et président de Delair-tech. CROISSANCE DE 100% EN 2015 L'entreprise produit entre 100 et 200 aéronefs par an et développe en parallèle des services associés de traitement de l'image pour apporter une information ciblée à ses clients. Basée à Toulouse, la société, qui emploie 50 personnes, est également implantée à Paris, Mexico et Kinshasa et réalise 75% de son activité en dehors de l'Union européenne. La PME a enregistré un chiffre d'affaires de 1,3 million d'euros en 2014 et table sur une croissance de 100% en 2015. En 2013, après une levée de fonds de 3 millions d'euros pour financer son outil industriel, Delair-tech a fait entrer la société technologique Parrot et Andromède, holding de la famille Hériard Dubreuil, à hauteur de 9,5% chacune. Les quatre fondateurs associés restent pour l'instant les actionnaires de référence. Une nouvelle levée de fonds est programmée. "Nous préparons une levée de fonds de 10 à 15 millions d'euros qui doit se terminer avant la fin de l'année pour financer notre croissance sur le plan technologique et à l'international", a dit à Reuters le président de la société, Michaël de Lagarde. (Edité par Yves Clarisse)

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