Degroof Petercam croit à la dynamique des EuroPP malgré leur ralentissement provisoire

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(AOF) - Tandis que les établissements bancaires ont été secoués par la crise financière de 2008-2009, les entreprises sont allées chercher des financements auprès d'investisseurs privés. "La mise en place de nouvelles contraintes réglementaires avait conduit au développement d’une vague de désintermédiation et à la naissance du marché des EuroPP en 2012", rappelle Cyril Kammoun, responsable de l'investment banking de Degroof Petercam en France.

Or, depuis le début de cette année, le marché des EuroPP connait un ralentissement assez marqué : 2 milliards d'euros ont été levés, contre 4,8 milliards sur l'ensemble de 2015.

"Plusieurs facteurs expliquent cette tendance à la baisse : la liquidité bancaire abondante et la baisse continue des taux conduisent les établissements de crédit à relancer à tout prix leur conquête de parts de marché auprès des entreprises", décrypte Cyril Kammoun chez Degroof Petercam France.

Un troisième facteur explique ce désaveu temporaire pour les EuroPP : la faible quantité de projets à financer. Ce marché du placement privé destiné à financer des projets de moyen ou long terme est en effet destiné en priorité aux entreprises de taille intermédiaire (ETI), celles qui cotées ou non n'appartiennent ni au CAC 40, ni au SBF 120 mais affichent tout de même un Ebitda en moyenne supérieur à 10 millions d'euros.

"Quand ces entreprises ont un projet à financer, elles ont désormais la nécessité de s'interroger sur cette option, d'engager une réflexion plus aboutie sur la structure de leur financement et de leur capital. Le crédit bancaire reste incontournable, mais le placement privé est amené à prendre une place grandissante, en complément, dans les options de financement", explique Cyril Kammoun.

Toutefois, le marché devrait continuer à prendre de l'ampleur en France au cours des prochaines années, tiré par son succès aux Etats-Unis. Le marché des USPP (US Private Placements) est plus mature, animé à 90% par des assureurs-vie. La durée moyenne des prêts en USPP est plus longue, elle s'étale sur dix ans en moyenne et peut atteindre quinze ans, alors qu'elle ne dépasse pas sept ans en moyenne pour les EuroPP.

"Le succès des USPP, qui peuvent offrir aux entreprises émettrices des conditions financières plutôt attractives, a poussé certaines entreprises européennes, telles que Valeo, à intervenir sur ce marché. Lever des fonds en dollars et les convertir en euros peut en effet s'avérer plus judicieux pour un émetteur européen que d'émettre directement sur le marché des EuroPP", assure Cyril Kammoun, responsable de l'investment banking de Degroof Petercam en France.

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