Déflation : les leçons à en tirer pour l'épargne

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(lerevenu.com) - Rien de pire que l'inflation pour éroder la valeur d'un patrimoine. Les détenteurs d'obligations sur longue période en savent quelque chose. De ce point de vue-là, les indices de prix de détail dans la zone euro, montrent qu'en avril, l'inflation a diminué encore plus que prévu. En mars, ce rythme annuel de progression des prix avait atteint 1,7%. Et il est tombé à 1,2% en avril dernier, soit bien plus bas que ne l'avait calculé le consensus des économistes.

C'est le signe indiscutable d'un «ralentissement croissant de l'économie dans la zone euro», estiment Patrick Legland et Daniel Fermon. Ces deux économistes à Société Générale CIB se demandent ce que la Banque centrale européenne pourrait encore bien faire pour relancer la conjoncture. Leur crainte est que les politiques d'austérité budgétaire, bien que battues en brèche, par plusieurs dirigeants politiques européens, freinent encore davantage la croissance dans la zone.

Pourquoi la Bourse reste-t-elle alors particulièrement bien orientée, en particulier en Allemagne où l'indice Dax a battu son record historique ? À court terme, les valorisations des actions sont même devenues un peu chères, estiment les mêmes économistes. Ils constatent que l'indice Eurox Stoxx 50 des plus grandes sociétés européennes cotées capitalise ainsi leurs prochains résultats à un niveau le plus élevé des trois dernières années. Et pourtant, des groupes comme Siemens, Nestlé ou Alstom, pour ne citer qu'eux, viennent de publier des résultats très décevants au premier trimestre, preuve que la conjoncture piétine en Europe.

Pour l'épargnant, la persistance des forces déflationnistes permet de tirer quelques conclusions de bon sens. L'inflation ne redeviendra pas de sitôt une menace, même si les banques centrales mettent toutes les liquidités possibles à la disposition des banques commerciales. Le prix de l'or, réputé comme placement anti-inflation, a donc peu de chances de remonter en flèche, par rapport
à son cours actuel de 1.430 dollars. Les obligations devront garder, elles, une place non négligeable dans les portefeuilles, via les contrats d'assurance vie. Certes, elles affichent un faible rendement, mais leur capital est au moins protégé de l'érosion monétaire.

Quant à la Bourse, sa vigueur actuelle, qui doit beaucoup au fait que les autres placements rapportent peu, pourrait se trouver vite à court d'oxygène si l'économie ne se redresse pas au second semestre en Europe. Avec des résultats semestriels en baisse, le cours des sociétés européennes cotées devrait au mieux plafonner, sauf celles qui distribuent un dividende élevé et croissant. Reste l'immobilier, dont les prix continueront à être tirés vers le bas par le climat déflationniste. En Bourse comme avec la pierre, il faudra savoir saisir les opportunités, le moment venu.

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