Défilés de mode: un ticket pour l'espace avec Jean Paul Gaultier

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AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA
AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA

(AFP) - Du lamé et des paillettes, puis, sans transition, du tartan et l'union Jack: Jean Paul Gaultier a proposé samedi un aller simple pour l'espace, vol assuré par une compagnie britannique, afin de rendre hommage au pays qui l'a toujours inspiré.

- Rosbifs in space -

Le rendez-vous était donné au siège du Parti communiste, un bâtiment "futuriste" de l'architecte brésilien Oscar Niemeyer. A l'accueil, on porte des tenues de cosmonaute. Les invités, qui ont en main leur invitation à l'allure de "billet pour l'espace", peuvent aller s'asseoir sous la coupole du bâtiment éclairée en vert. Nom du défilé, au choix: "Brits in space" ou "Rosbifs in space".

Jean Paul Gaultier ne manque jamais d'imagination pour ses shows, et son défilé fait toujours le plein de célébrités. Rihanna était présente, déclenchant une nouvelle fois l'hystérie. Il y avait également la chanteuse Beth Ditto, l'actrice Aissa Maiga, les ex-mannequins Noémie Lenoir et Farida Khelfa.

Enfin, les mannequins, des tops connues, des femmes plus âgées, des hommes, des enfants, embarquent dans la navette spatiale. Les premières silhouettes sont dans un ton vert-gris métallisé. Puis apparaissent des "punks", fans de tartan et pour finir, place au drapeau britannique, avec des mannequins qui portent une couronne sur la tête. Le tout avec de la pop anglaise en fond sonore.

La collection est "un mélange de spacy, glitter, disco, eighties, et des choses peut-être futuristes", explique le couturier. Avec les leggings à paillettes ou en tartan, on ne passera pas inaperçu. Tout comme avec le pantalon en fourrure gris.

Mais il y aussi des pièces plus classiques, qui devraient connaître un certain succès: les jupes avec un zip sur le côté pour dévoiler la jambe, un blouson aviateur lamé, une veste de smoking raccourcie, des fourrures, des robes pour le soir.

Quant à l'Union Jack, c'est un bon moyen de rappeler qu'en avril, une exposition consacrée à Jean Paul Gaultier démarrera à Londres.

- Vivienne Westwood au temple -

Comme chez Gaultier, on ne va pas à un défilé de Vivienne Westwood pour voir du classique. Elle a choisi l'Oratoire du Louvre, un temple protestant, pour présenter sa collection. Mais le recueillement n'est pas au programme: l'éclairage pourrait être celui d'une boîte de nuit et la mariée n'a pas peur de montrer ses seins.

La créatrice britannique a trouvé son inspiration en observant le travail de Charles Frederick Worth (1825-1895), couturier français d'origine britannique, connu pour être le fondateur de la haute couture.

La rencontre au Pérou, avec les membres d'une tribu, a également joué un grand rôle dans la création de cette collection. Une influence particulièrement visible dans le maquillage des mannequins.

- En partant du pull col V -

Partir d'une pièce classique (et un peu ennuyeuse) de la garde-robe et la transformer avec toute sa créativité. Le duo néerlandais Viktor&Rolf a réussi à faire du pull gris à col V un vêtement très désirable pour l'hiver prochain. Les créateurs le rallongent pour en faire une robe asymétrique, plus longue derrière que devant, puis l'inverse. A défaut d'asymétrie, ils proposent une fente jusqu'en haut de la jambe, pour ajouter une bonne dose de sensualité.

Autre pièce classique réinterprétée, le pull en laine torsadé, qui devient très féminin, avec même des cristaux brodés.

La collection est dominée par le gris, un ton fétiche chez Viktor&Rolf, qui ont ouvert en décembre leur première boutique, à Paris, tout en feutre gris.

- Une femme cérébrale -

La Belge Véronique Leroy dit s'être inspirée de "l'imaginaire de la photographie surréaliste" et aussi de "La pianiste", film de Michael Haneke. "C'est une cérébrale. Ce n'est pas une femme qui veut plaire. Là n'est pas son objectif", explique la créatrice connue pour sa maîtrise des matières et de la coupe. Et sur le podium, les silhouettes ont séduit le public.

La créatrice a choisi des mannequins à la peau très claire, rousses pour beaucoup. Elles ne montrent jamais leurs jambes. La jupe arrive sous le genou, à mi-mollet. La femme Véronique Leroy affectionne particulièrement le tailleur à jupe évasée, avec une ceinture pour bien marquer la taille. Son pantalon, elle le préfère court, structuré et assez large pour être mis sur la botte.

Parmi les pièces marquantes, des robes en lainage jacquard poilu, et surtout dont les chevrons rouges tranchent avec le gris.

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