Déficit-La CE voit l'Italie hors des clous en 2016 et 2017

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    par Jan Strupczewski 
    BRUXELLES, 9 novembre (Reuters) - L'Italie ne respectera ni 
cette année ni l'an prochain les limites définies par l'Union 
européenne en matière de déficit budgétaire et de dette 
publique, estime la Commission européenne dans ses prévisions 
publiées mercredi, une semaine avant l'avis formel de Bruxelles 
sur le projet de budget élaboré par Rome. 
    L'exécutif européen étudie chaque année les projets de loi 
de finances des Etats membres de la zone euro afin de vérifier 
leur conformité avec les règles communes. 
    Or l'Italie, où doit se tenir le 4 décembre un référendum 
sur le projet de réforme constitutionnelle du président du 
Conseil, Matteo Renzi, a adressé à la Commission un projet qui 
rompt avec les promesses antérieures en matière de discipline 
budgétaire. 
    La Commission doit rendre le 16 novembre son avis formel sur 
le projet italien comme sur ceux des 18 autres pays de la zone 
euro. Mais les prévisions économiques d'automne qu'elle a 
publiées mercredi montre que si Rome ne modifie pas son projet 
de budget, le déficit ne sera pas réduit en 2017 et atteindra 
2,4% du produit intérieur brut (PIB), le niveau prévu cette 
année. Il devrait même se creuser en 2018, à 2,5% du PIB. 
    Après avoir promis en mai de ramener son déficit à 1,8% en 
2017, le gouvernement italien a écrit récemment à la Commission 
pour expliquer qu'il serait plus important en raison d'une 
croissance inférieure aux attentes. 
     
    LA DETTE POURRAIT ATTEINDRE 133,1% DU PIB EN 2017 
    Le déficit structurel, qui exclut les effets du cycle 
économique sur les revenus et les dépenses ainsi que les 
éléments exceptionnels, est en hausse constante depuis 2014 en 
Italie et il devrait atteindre 2,2% en 2017 après 1,6% en 2016, 
puis 2,4% en 2018. 
    Cette tendance ignore totalement les recommandations de 
Bruxelles, qui prévoient une réduction du déficit structurel 
d'au moins un demi-point de PIB par an jusqu'au retour à 
l'équilibre. 
    Le gouvernement italien explique cette entorse par les 
dépenses extraordinaires liées à la crise migratoire et à la 
reconstruction après les tremblements de terre des derniers 
mois. Mais ces éléments n'entrent pas dans le calcul du déficit 
structurel et la Commission a jugé ces explications "non 
constructives". 
    La dette publique italienne, elle, devrait continuer de 
s'alourdir pour atteindre un nouveau record historique à 133,1% 
du PIB l'an prochain, un dixième de point de plus que cette 
année. 
    Les règles communautaires prévoient pourtant que Rome 
réduise le poids de sa dette à raison, d'un vingtième par an en 
moyenne sur trois ans de la différence entre le ratio dette/PIB 
actuel et le plafond de 60% prévu par l'UE. 
    L'application stricte de cette règle impliquerait que la 
dette italienne soit réduite de 3,65 points de PIB par an.  
    Rome se dit incapable de réduire sa dette en raison de la 
faiblesse de l'inflation, bien que la Commission prévoie une 
nette accélération de la hausse des prix en Italie, à 1,2% l'an 
prochain contre zéro cette année. 
     
 
 (Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 
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