Déficit 2014 pas "nettement en dessous" de 3%, selon Moscovici

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LE DÉFICIT PUBLIC NE SERA PAS "NETTEMENT" SOUS 3% EN 2014, SELON PIERRE MOSCOVICI
LE DÉFICIT PUBLIC NE SERA PAS "NETTEMENT" SOUS 3% EN 2014, SELON PIERRE MOSCOVICI

PARIS (Reuters) - Pierre Moscovici a déclaré dimanche que le déficit public de la France se situerait sous 3% en 2014 mais qu'il ne serait pas raisonnable de viser un objectif "nettement" sous ce seuil, comme l'a réclamé la Commission européenne.

Le ministre de l'Economie, qui s'exprimait sur BFM TV, n'a pas voulu confirmer des informations du Monde du week-end selon lesquelles le gouvernement viserait un déficit public à 2,9% du PIB en 2014 dans le programme de stabilité qu'il présentera mercredi en conseil des ministres.

Il a seulement réitéré, reprenant en cela les estimations de la Commission européenne, que le déficit 2013 se situerait autour de 3,7%, contre 3,0% prévu à l'origine, du fait de l'environnement économique déprimé.

Pour 2014, il a évoqué un chiffre "sous 3%". Prié de dire s'il serait "nettement sous 3%", comme l'a souhaité en février le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn, Pierre Moscovici a répondu : "Non ! Je crois que ce n'est pas quelque chose de raisonnable."

"Je dis que le rythme de la consolidation budgétaire doit être compatible avec la préservation de la croissance en France, c'est-à-dire dire laisser jouer les stabilisateurs automatiques quand la croissance est faible en Europe", a-t-il poursuivi.

"Si on a l'idée, comme je l'ai lu ici ou là ou comme peut l'avoir tel ou tel service de la Commission européenne, d'être à 2,5% ou 2,7%, il ne me paraît pas raisonnable de faire ça", a affirmé le ministre, en ajoutant : "La France ne mène pas de politique d'austérité et la France ne veut pas mener de politique d'austérité".

HAUSSE DES PRÉLÈVEMENTS OBLIGATOIRES

Le programme de stabilité, qui doit être transmis à la fin du mois à Bruxelles, reprendra à son compte les prévisions de croissance révisée de l'exécutif européen pour l'économie française, à savoir 0,1% en 2013 et 1,2% en 2014, au lieu de respectivement 0,8% et 2% prévu auparavant.

En présentant ces prévisions fin février, Olli Rehn avait ouvert la porte à un report d'un an de l'objectif de 3% de déficit public fixé pour 2013 à la condition que la France s'engage sur un résultat "nettement" sous ce seuil en 2014.

Selon Les Echos de lundi, l'effort proposé par la France porterait le taux de prélèvement obligatoires à 46,3% cette année, un niveau record inchangé par rapport aux précédentes prévisions, puis à 46,5% en 2014 en dépit du fait que le gouvernement entend agir en priorité sur les réductions de dépenses.

Côté dépenses publiques (Etat, Sécurité sociale, collectivités), leur poids dans le PIB va encore augmenter cette année à 56,9% (après 56,6 % de PIB en 2012), ce qui constituerait là aussi un nouveau record, écrit le journal.

En 2014, leur poids serait ramené à 56,4% de PIB avec une progression en volume de l'ensemble des dépenses publiques limitée entre 0,2% et 0,3%.

Le nouveau Haut Conseil des finances publiques doit rendre en début de semaine son verdict sur le scénario macroéconomique envisagé par le gouvernement pour ce programme de stabilisation.

Yann Le Guernigou, édité par Guy Kerivel

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