Défections au sein du parti au pouvoir en Tunisie

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    TUNIS, 8 janvier (Reuters) - Seize députés tunisiens de 
Nidaa Tounès, la formation du président Béji Caïd Essebsi, ont 
démissionné vendredi pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme 
une volonté de mainmise du fils du chef de l'Etat sur leur 
parti.  
    Ces défections pourraient permettre au parti islamiste 
Ennahda de redevenir la première force parlementaire du pays. 
Elles suivent de quelques jours l'annonce du départ du 
secrétaire général de Nidaa Tounès, Mohsen Marzouk. Ce dernier 
dit vouloir former un nouveau mouvement politique.  
    "Le fils du président et son groupe ont pris le contrôle du 
parti et mené un coup de force", a dit à Reuters Walid Jalled, 
l'un des députés démissionnaires. "Nous n'accepterons pas d'être 
un troupeau de moutons." 
    Un autre élu, Abada El Kefi, a déclaré que trois autres 
députés du bloc Nidaa Tounès devaient présenter leur démission 
une fois rentrés de l'étranger. 
    A l'issue des démissions enregistrées cette semaine, Nidaa 
Tounès ne comptera plus que 70 députés sur les 217 élus de 
l'Assemblée des représentants du peuple, le parlement 
monocaméral, contre 69 aux islamistes d'Ennahda.  
    Nidaa Tounès (L'Appel de la Tunisie) a émergé comme force 
politique en 2013 en menant des manifestations contre l'ancien 
gouvernement formé par Ennahda. Il a battu le parti islamiste 
lors des élections de 2014 avant de former une coalition avec 
son rival.  
    Le bloc laïque se divise depuis l'an dernier entre un clan 
favorable au fils du président Hafedh Caïd Essebsi et un autre 
partisan de Marzouk, l'un des fondateurs du mouvement.  
 
 (Tarek Amara; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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