« Dédé la sardine », un aventurier trop gourmand

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André Guelfi  le 12 mai 2003 au tribunal correctionnel de Paris.
André Guelfi  le 12 mai 2003 au tribunal correctionnel de Paris.

L’homme d’affaires français André Guelfi est mort dans la nuit de lundi à mardi à Saint-Barthélemy. Il avait 97 ans.

Au printemps 2003, alors qu’ils roulaient vers le palais de justice de Paris où allait s’ouvrir le retentissant procès de l’affaire Elf, Me Pierre-Olivier Sur expliquait à son client, André Guelfi, 84 ans, qu’il allait comparaître dans la même salle que Marie-Antoinette.

« - Qui ça ?

- Marie-Antoinette, la femme de Louis XVI.

- Ah bon. Et elle a pris combien ? »

D’un geste de la main, l’avocat avait mimé la lame de la guillotine. « Oh la la, c’est pas bon pour moi, ça ! », avait soupiré le doyen des prévenus, poursuivi pour avoir indûment perçu des dizaines de millions d’euros de commissions sur des marchés pétroliers.

Un peu plus tard, alors que la plupart de ses voisins de bancs déclinaient des curriculum vitae prestigieux, André Guelfi avait crânement répondu au président qui l’interrogeait qu’il avait « échoué à l’oral du certificat d’études. »

Prestigieux carnet d’adresses Son brevet de pilote, qui lui permettait de sillonner le monde aux commandes de son Falcon personnel – « J’ai horreur des files d’attente dans les aéroports », disait-il – et son carnet d’adresses prestigieux valaient mieux que tous les diplômes pour s’imposer aux tables de négociations en qualité de gourmand intermédiaire.

Trop gourmand aux yeux de la juge Eva Joly qui instruit le dossier Elf à la fin des années 1990. Elle découvre les multiples virements perçus par les sociétés offshore d’André Guelfi en marge de contrats conclus en Allemagne, en Russie, au Venezuela ou en Ouzbékistan au d...

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