Décryptage : La nervosité domine en attendant la FED

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La peur d'un ralentissement trop brutal des achats d'actifs de la Reserve Federal justifie le recul actuel des indices boursiers. Des craintes qui raniment également les tensions sur le marché des changes.

C'est le retour des peurs sur les marchés. Une nervosité croissante, plutôt qu'un véritable sentiment de panique... Une fois de plus, l'attitude des banques centrales est au coeur des préoccupations des opérateurs. Un infléchissement de la politique monétaire américaine est particulièrement redouté et explique la baisse des dernières séances. « Les investisseurs restent clairement nerveux et ils cherchent depuis plusieurs jours à protéger leur portefeuille » résume Christian Parisot, économiste chez Aurel BGC.

Alors que le Cac 40 avait dépassé fin mai la barre symbolique des 4.000 points, il est repassé cette semaine sous les 3.800 points. L'indice VIX, qui mesure la volatilité, est en forte augmentation dans des volumes relativement faibles. Il est probable que la fébrilité restera de mise, au moins jusqu'à la prochaine réunion du Comité de politique monétaire (FOMC) de la Reserve Federal (FED) les 18 et 19 juin prochain. On devrait alors en savoir plus sur les intentions de Ben Bernanke. Va-t-il ralentir ou non, et à quel rythme, les programmes de rachats d'actifs qui soutiennent les indices depuis plusieurs mois ? Avec ce troisième programme d'assouplissement quantitatif (QE3), le gouverneur de la FED a démontré son volontarisme à soutenir coûte que coûte l'économie américaine, en injectant près de 85 milliards de dollars de liquidités en rythme mensuel. Mais ces programmes qui font baisser le dollar et risquent de réveiller les tensions inflationnistes ne sont pas éternels...

Autre sujet d'inquiétude en Europe, cette fois : le regain de tension en Grèce. La fermeture décidée par le gouvernement de la radio-télévision publique ERT a provoqué un nouveau choc dans le pays et les appels à la grève générale pourraient encore accentuer le marasme qui règne depuis le début de la crise de la dette grecque au printemps 2010. D'autant que le programme OMT annoncé par Mario Draghi début septembre 2012, et qui avait conforté le mouvement de hausse sur les marchés actions, pourrait également avoir du plomb dans l'aile. « Certains commentaires mettent en avant les incertitudes autour de la décision de la Cour Constitutionnelle allemande qui pourrait bloquer le programme OMT. Mais cette décision ne sera pas connue avant plusieurs mois » précise ainsi Christian Parisot.

Enfin, c'est encore au Japon que les mouvements boursiers ont été les plus spectaculaires. Jeudi, l'indice Nikkei dévissait de 6,35%. La baisse du dollar pousse à nouveau le yen à la hausse. Une appréciation qui ruine les efforts du premier ministre Shinzo Abe et ses fameux « abenomics » visant à enrayer la déflation par une politique extrêmement volontariste, à la fois sur le plan budgétaire et monétaire

Etats-Unis, Europe, Japon... Le doute refait surface dans les trois grandes zones des pays développés. Les politiques monétaires accommodantes et non conventionnelles ont eu pour résultat de réveiller la guerre des changes, chaque pays ou zone géographique ayant à coeur de faire baisser sa devise pour pénaliser le moins possible ses entreprises exportatrices. Si la clé des tensions actuelles se trouve d'abord à Washington, siège de la Reserve Federal, la multiplication des foyers de tension n'est pas de nature à calmer dans l'immédiat les inquiétudes des opérateurs boursiers.

Julien Gautier



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  • aboulra le dimanche 16 juin 2013 à 17:38

    Ca va sentir le soufre en bourse cet été !!!

  • guerber3 le dimanche 16 juin 2013 à 17:20

    Sans fausse monnaie-Bernanke, c'est la fin du monde...allez les faussaires, tenez bon, le monde entier veut jouer au " monopoly"...!

  • JoakBg le samedi 15 juin 2013 à 09:23

    Tiens donc, je pensais que l'économie américaine était repartie. L'aveuglement du monde financier est à pleurer : la seule raison pour laquelle tout tient encore debout, c'est les QE et le ZIRP de la Fed. Evidemment, cela ne durera pas ad vitam aeternam : si la création monétaire était la solution miracle, ca se saurait depuis longtemps. Un jour ou l'autre, les marchés devront retourner à ce qu'ils valent, ainsi que l'immo. Plus on retarde l'échéance, plus ca va faire mal. Simple arithmétique.

  • launor le samedi 15 juin 2013 à 09:03

    Rien de bien nouveau, la fébrilité revient sans cesse sur les bourses ,il n'y a que les prétextes qui changent, il est vrai qu' il faut bien trouver qq chose à écrire dans tous les journaux financiers .

  • M9810937 le vendredi 14 juin 2013 à 17:15

    Je propose que l'on ferme notre bourse à l'ouverture de l'américiane, tous les jours c'est la même chose on est en progression et on se retrouve à zéro à l'ouverture... et comme les américains sont rigolos (!), ils commencent par une baisse ...donc on termine en baisse...et c'est marrant, à la fin de leur journée ils terminent en hausse ! résultats CAC 3800 DowJones 15000 !

  • s.mario3 le jeudi 13 juin 2013 à 15:45

    Mouarf Nikkei -6 et Us positifs ... n'ont pas l'air de douter

  • emynonys le jeudi 13 juin 2013 à 13:38

    Quand est-ce qu'on abandonne le dollar comme monnaie internationale? On n'est plus à la fin de la 2ème guerre mondiale à Bretton Woods où l'économie des US représentait la moitié du PIB mondial et où le dollar est devenu la monnaie de référenc. Solution écartée à l'époque, Keynes proposait la création du bancor, monnaie internationale composée d'un panier de devises. C'est pas un point de départ où, aujourd'hui, plus aucune économie ne peut dire qu'elle domine franchement par rapport aux autres?