Décryptage : L'euro fort a fait perdre 2,5 % de chiffre d'affaires au CAC 40 en 2013 (étude Ricol Lasteyrie)

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L'appréciation de la monnaie unique a clairement handicapé les entreprises du Cac 40 l'an dernier.
L'appréciation de la monnaie unique a clairement handicapé les entreprises du Cac 40 l'an dernier.

L'appréciation de l'euro a coûté 17 milliards d'euros (-2,25%) aux entreprises du CAC 40 en 2013. Ces dernières ont réduit leurs investissements de 6% constate Sonia Bonnet-Bernard, associée-gérante de Ricol Lasteyrie Corporate Finance.

Le huitième Profil Financier du CAC 40, publié par Ricol Lasteyrie Corporate Finance, a apporté de l'eau au moulin des nombreux acteurs économiques qui s'inquiètent de la force de l'euro par rapport aux monnaies des autres grandes régions du monde. L'appréciation de la monnaie européenne a clairement handicapé les entreprises du CAC 40 les plus exposées à l'international en 2013. Sur les 26 sociétés qui détaillent l'information, l'impact du change a réduit le chiffre d'affaires global de 2,5 %, soit 17 milliards d'euros, contre un impact positif de 11 milliards en 2012. Si on retraite ces chiffres en neutralisant les effets de change, on constate que la croissance organique de l'échantillon est la même en 2013 qu'en 2012, soit +2,0 %. Un niveau plus proche de celui de la croissance mondiale.

Mais, à vrai dire, l'impact des changes identifié dans les comptes des entreprises n'est que la partie émergée de l'iceberg. On peut imaginer que le coût d'opportunité, c'est-à-dire le montant des commandes que les grandes entreprises françaises n'ont pas engrangé en raison de l'euro fort, est encore bien plus important.

Euro fort ou non, l'avenir des entreprises du CAC 40 est bel et bien à l'international. En effet, la part du chiffre d'affaires réalisée en Europe ne s'établit plus en 2013 qu'à 62 % contre 73 % en 2006. Dans le même temps, la part de l'Asie, de l'Océanie, de l'Afrique et du Moyen-Orient a presque doublé, passant de 8 à 15 %, tandis que la part des Amériques passait de 13  à 16 %.

A la baisse du chiffre d'affaires du CAC 40 l'an dernier fait écho la baisse de la rentabilité. Le résultat net global du CAC 40 est ressorti en 2013 à 48 milliards d'euros à comparer aux 96 milliards de 2007 juste avant la crise économique. Ce résultat s'explique notamment par un nouveau record des dépréciations d'actifs qui ont atteint l'an dernier 23,7 milliards d'euros. A la différence des années précédentes, les dépréciations ont porté presque autant sur des actifs corporels que sur les traditionnels goodwills. Trois sociétés, (GDF Suez, Vivendi et Sanofi) représentent 80 % de cet impact. Mais même retraité des dépréciations d'actifs, la rentabilité des entreprises a baissé en 2013. Ainsi, le résultat opérationnel courant ressort à 9,9 % du chiffre d'affaires contre 10,4 % en 2012.

Cela peut expliquer la relative prudence dont ont fait preuve les entreprises du CAC 40 en termes d'investissements. Ces derniers ont baissé de 6 % à 86 milliards d'euros alors même que l'endettement est au plus bas (ratio de dette nette sur fonds propres de 33 %).

Dans cet environnement difficile, le principal point positif est paradoxalement la Bourse. Au 31 décembre 2013, la capitalisation boursière du CAC 40 représentait 1,37 fois le montant total des fonds propres des sociétés qui composent l'indice, le ratio le plus élevé depuis la crise de 2008. La remontée des cours de bourse reflète moins en 2013 les performances intrinsèques du CAC 40 que l'éloignement progressif du risque systémique en Europe. Seules huit sociétés affichaient encore une valorisation boursière inférieure à leurs fonds propres contre treize fin 2012.

Sonia Bonnet-Bernard

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  • jean.coq le jeudi 3 juil 2014 à 09:33

    Si l'euro est trop fort que doit-on dire du franc suisse. Et d'un salaire monimum de 4000 CHF soit environ 3300 EUR. Mais il est toujours plus facile de donner la faute aux autres.

  • t_n_t le jeudi 3 juil 2014 à 09:19

    c' est ça l Europe faite de bric et de brocs

  • t_n_t le jeudi 3 juil 2014 à 09:09

    l'euro est trop fort pour les entreprises françaises et pas assez pour les allemandes...Comme c'est les allemands qui décident de la valeur de l'euro alors...

  • tomclair le jeudi 3 juil 2014 à 08:28

    L'euro fort est une folie. J'ai travaillé 12 ans dans la micro électronique et l'euro fort à tué le secteur (Coût en euro et vente en dollar). Vous ne connaissez rien à la vraie économie, celle des entreprises. Ca fait 10 ans que l'euro est trop fort. L'Euro devrait être entre 1 et 1,1 $.

  • wanda6 le mercredi 2 juil 2014 à 11:41

    http://www.upr.fr/videos/emissions-radio-tv/entretien-francois-asselineau-news360x

  • wanda6 le mercredi 2 juil 2014 à 11:40

    http://www.upr.fr/videos/videotheque-upr/leuro-fort-penalise-les-entreprises-francaises

  • motz le mercredi 2 juil 2014 à 10:28

    nul en analyse économique: les autres c'est à dire les allemands, les hollandais, les autichiens, les finlandais ont...bien le même problème non ? Et ça se veut économiste...moi je ferais partir une lettre de licenciement !

  • zwang12 le mercredi 2 juil 2014 à 10:21

    Euh, si l'euro est trop fort, la France peut en sortir et adopter le franc CFA pour avoir des excédents de commerce extérieur, non ? Avec le franc CFA, au moins ils ne peuvent plus dire que c'est la monnaie forte qui pénalise les exportations.

  • igvisor le mercredi 2 juil 2014 à 02:50

    C'est trop dur et puis la Neige elle est trop molle...

  • pascalcs le mercredi 2 juil 2014 à 02:24

    A se demander encore pendant combien de temps on va devoir subir ce débat idiot et simpliste de l'Euro soit disant fort. Les oies paillantes sur le sujet sont elles donc en nombre infini?