Décryptage : des marchés actions pas mûrs pour la baisse

le
5

La hausse des marchés actions européens n'est pas terminée selon Allianz Global Investors.
La hausse des marchés actions européens n'est pas terminée selon Allianz Global Investors.

Portée par la politique accommodante des banques centrales, la hausse des marchés actions européens n'est pas achevée. Un rebond qui devrait continuer de profiter aux valeurs domestiques européennes encore largement décotées selon les analystes d'Allianz Global Investors.

Un Cac 40 toujours « bullish ». Les marchés actions européens restent bien orientés et pourtant la zone euro peine toujours à sortir du marasme économique. La Commission européenne a récemment revu en baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2014 de +1,2% à un faible +0,6% et en 2013, le PIB devrait afficher un recul de 0,7% (vs. -0,4% attendu en avril). A 12,2%, le taux de chômage stagne à des niveaux records... La faiblesse du rebond européen paraît donc en décalage avec la forme étonnante des indices boursiers. Entamé fin juin, le rebond du Cac 40 atteint 16% depuis le début de l'été. Mais le lien entre l'état de l'économie européenne et les grandes places boursières européennes est de moins en moins évident. Si les entreprises du SP 500 réalisent encore 70% de leur activité aux Etats-Unis, celles du MSCI Europe ne font plus que 50% de leur chiffre d'affaires sur le Vieux continent.

Banques centrales bienveillantes. Principal catalyseur des marchés actions mondiaux depuis l'été, les banques centrales restent au centre du jeu. A défaut d'un violent « tapering » (diminution drastique des rachats d'actifs de la Fed qui s'élèvent toujours à 85 milliards de dollars chaque mois !) tant redouté à la fin du printemps, les investisseurs ont accueilli avec satisfaction l'inflexion du discours de Ben Bernanke qui laissera finalement à son successeur, Janet Yellen, le soin de faire atterrir en douceur le programme du QE3. Alors, le festin peut-il se poursuivre et combien de temps ? « Nous pensons que la politique accommodante va se poursuivre plus longtemps que ce qu'anticipent les marchés et nous ne prévoyons pas de hausse des taux d'intérêt à court terme » estime Andreas Utermann, directeur monde des investissements chez Allianz Global Investors. Même son de cloche du côté du courtier Aurel BGC qui nuance toutefois le propos : « La politique du Fed restera très accommodante face aux incertitudes sur la croissance et l'emploi, mais la banque centrale ne peut acheter des titres obligataires sur le marché sur un tel rythme indéfiniment... »

Marchés européens sous-valorisés ? Les banques centrales ont permis le rétablissement de la confiance, préalable à tout rebond, mais d'autres raisons expliquent plus spécifiquement la bonne tenue des indices européens. « La hausse récente des marchés s'explique principalement par trois facteurs : la baisse de la prime de risque, l'expansion des flux - ces 16 dernières semaines, 16 milliards de dollars sont revenus en Europe - et la hausse des PE (ratio cours sur bénéfices des entreprises). Les investisseurs ont compris que le pire de la crise de la zone euro était probablement derrière nous et les raisons d'une forte décote par rapport aux marchés américains s'estompe » relève Catherine Garrigues, responsable de la gestion des actions Europe chez Allianz Global Investors. Une décote des marchés européens qui reste encore assez marquée. Portées par une reprise économique et une hausse des profits plus soutenues, les actions américaines ont dépassé leurs niveaux d'avant-crise. Selon le PER de GrahamDodd (cours/moyenne des résultats des 10 dernières années), le marché européen (MSCI Europe) se paie 10 fois ses bénéfices contre près de 20 pour le SP500 ! Une bonne nouvelle pour les actions européennes.

Le retour des valeurs domestiques. Les actions européennes restent donc plus que jamais attractives mais le discours des gérants et stratégistes a changé. Les valeurs de croissance, largement internationalisées, notamment dans les pays émergents, ont déjà beaucoup progressé et accusent le coup tandis que les valeurs domestiques, longtemps décriées par les investisseurs, redeviennent attractives et devraient poursuivre leur rebond. Exemple le plus frappant : le retour en grâce des valeurs télécoms. « La décote des valeurs télécoms européennes par rapport aux groupes américains est d'environ 30%. Or, l'environnement réglementaire du secteur redevient favorable aussi bien pour les réseaux fixe que mobile » assure Catherine Garrigues qui privilégie également les sociétés foncières en zone euro (rendement du dividende de 5%, fondamentaux solides) ainsi que les banques (bilan en cours d'amélioration alors que le risque systémique a diminué). Un rebond boursier qui ne sera toutefois durable à moyen terme que si les bénéfices des entreprises européennes suivent...

Julien Gautier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • poupaul1 le jeudi 14 nov 2013 à 22:02

    GROS MALINS

  • poupaul1 le jeudi 14 nov 2013 à 22:02

    MENTEURS

  • t_n_t le jeudi 14 nov 2013 à 16:31

    mauvais signe!!! je vends la moitié cette semaine

  • guerber3 le jeudi 14 nov 2013 à 08:30

    Achetez braves gens, achetez...on est là derrière vous pour ramasser la monnaie...prendre les gens pour des idiots de cette façon, c'est presque de la calomnie...!!!

  • egoutten le mercredi 13 nov 2013 à 21:39

    LOL, ils n'en savent rien bien évidemment si la hausse est ou non finie.