Décryptage : Dépréciations d'actifs record au sein du CAC 40 - un manque de confiance en l'avenir

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La rentabilité des sociétés du Cac 40 s'est étiolée en 2012. La marge opérationnelle moyenne ressort à 8,2%, proche des niveaux des plus bas de 2009 relève Sonia Bonnet-Bernard, associée-gérante de Ricol Lasteyrie

Le septième Profil financier du CAC 40 (1), publié par Ricol Lasteyrie, est inquiétant à double titre. Pour ce qu'il révèle du passé récent des sociétés de l'indice dont la rentabilité s'est détériorée l'an dernier, mais plus encore peut-être pour les inquiétudes concernant le futur reflétées dans les révisions des business plans qui ont entraîné des dépréciations importantes.

Commençons par le passé récent : presque tous les indicateurs de performance sont orientés à la baisse en 2012 sous l'effet de la crise économique. La marge opérationnelle des entreprises du CAC 40, en particulier, est ressortie à 8,2%, proche de ses plus bas de 2009, contre 9,5 % en 2011. Le secteur TMT (Vivendi, STM, Publicis, Cap Gemini et Gemalto) est celui qui a connu la plus forte dégradation, notamment dans les télécoms du fait des fortes pressions sur les prix. Seul le secteur des biens et services aux consommateurs échappe à la tendance baissière.

L'érosion de la marge opérationnelle a pesé sur les résultats nets des sociétés du CAC 40 qui totalisent 53 milliards d'euros contre 74 milliards en 2011, soit une baisse de 27 %. Alors même que les chiffres d'affaires sont restés relativement stables : -2 % par rapport à 2011, mais +3 % en données pro forma (2).

Enfin, la dégradation de la rentabilité des sociétés du CAC 40 se reflète dans le rendement des capitaux propres qui tombe à 6,5% contre environ 15% avant crise (les fameux 15% qui symbolisaient la « tyrannie » des marchés financiers !) Le secteur bancaire, jadis champion de la rentabilité des capitaux propres, affiche une rentabilité de 2,7% en 2012, en raison notamment des nombreuses dépréciations d'actifs décidées par les grands établissements français.

Ces dépréciations sont, comme nous l'indiquions en introduction, peut-être plus inquiétantes encore que la détérioration des agrégats de performance - même si les deux vont de pair. Car le secteur bancaire n'est pas le seul à avoir réduit la valeur de ses actifs au bilan. Prises dans leur ensemble, les sociétés du CAC 40 ont procédé à 17 milliards d'euros de dépréciations d'actifs en 2012, soit un record depuis la création du Profil financier du CAC 40. En deux ans, les dépréciations ont atteint 30 milliards d'euros, soit beaucoup plus qu'au plus fort de la crise en 2009. Ce faisant, les entreprises prennent acte du caractère durable du ralentissement économique et reconnaissent que certains volets de leurs plans d'affaires doivent être revus à la baisse.

Les cinq sociétés qui ont pratiqué les plus fortes dépréciations d'actifs en 2011 et 2012 sont Crédit Agricole (5,32 milliards d'euros), ArcelorMittal (3,28 milliards), Orange (2,83 milliards), Carrefour (2,49 milliards) et GDF Suez (2,43 milliards).

Assez logiquement, les « goodwills » ou « écarts d'acquisition » sont les premiers concernés et représentent72% de l'ensemble dépréciations d'actifs. Ce poste correspond aux avantages économiques futurs attendus lors d'une acquisition mais qui n'ont pas pu être distinctement identifiés.

La faiblesse des valorisations boursières par rapport à leur tendance historique confirme ce portrait plutôt sombre. Toutefois, terminons sur une note positive. En effet, la structure financière des sociétés du CAC 40 reste très (trop ?) solide avec un ratio moyen dette nette sur capitaux propres de 35 %. Les sociétés phare de l'économie française ont aujourd'hui les moyens financiers d'investir et de se développer. C'est peut-être là que réside le principal espoir pour la France si l'environnement compétitif s'améliore.

1) Le Profil Financier du CAC 40 se base sur l'analyse des états financiers 2012 publiés au printemps 2013.
(2) Peugeot et Alcatel ont été remplacés dans le CAC 40 par Solvay et Gemalto.

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  • garanti le mercredi 17 juil 2013 à 08:20

    L'art et la manière de dire tout et son contraire. Ce discours est à mettre en parallèle avec les parcours boursiers des valeurs du cac40 pour s'en convaincre. Les valeurs du CAC40 n'ont que faire de l’environnement économique franco-français, elles sont toutes internationalisées... leur taux de taxe est d'ailleurs bien inférieur aux PME/PMI... J'ai l'impression que cet article est plus destiné au gouvernement qu'à un forum de Boursorama...

  • guerber3 le mardi 16 juil 2013 à 13:41

    Les proptiétaires ont compris qu'ils pouvaient éssorer l'actionnaire sans merci et sans limites, donc les vaches à lait sont l'outil d'enrichissement de l'oligarchie...et ça marche encore!!!

  • j.doury le lundi 15 juil 2013 à 16:41

    totalement faux ce qui est dit.on nous prend pour des jambon.