Découvrez les secrets du premier hôtel flottant de Paris

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VIDÉO - Au terme d’un chantier hors normes, l’hôtel Off Seine accueille ses premiers clients à Paris. Acheminement sur la Seine, redevance annuelle, hypothèque fluviale, piscine hors du prix... Construire sur l’eau induit bien des spécificités.

Une alliance des hommes de la terre ferme et des hommes de l’eau. Afin de lancer le premier hôtel-bar flottant de la capitale, baptisé Off Seine, il a fallu mêler bien des compétences. Avec d’un côté une société proposant des «solutions flottantes destinées aux villes» (Christophe Gallineau, PDG de Citysurfing) à l’origine du concept allié à un architecte spécialisé dans les structures flottantes (Gérard Ronzatti de Seine Design) sans oublier un promoteur (le groupe Novaxia) et un exploitant hôtelier (Elegancia) qui les ont rejoints.

Et chacun a dû mettre de l’eau dans son vin: les spécialistes du fluvial ont eu à intégrer les contraintes de l’hôtellerie tandis que les hôteliers et promoteurs ont dû apprendre à travailler sur l’eau. Il faut croire que l’ensemble a été bien conçu puisqu’il n’a pas eu à souffrir des inondations, seul l’aménagement des quais ayant pris du retard. Installé quai d’Austerlitz, à deux pas de la Cité de la mode et du design, l’établissement 4 étoiles propose un bar ouvert au public ainsi que 54 chambres (et 4 suites) de 15 à 30 m² pour des tarifs qui devraient s’étaler de 150 à 300 euros la nuit, selon la saison et la taille de la chambre. Rappel en six points de quelques-unes des particularités de cette réalisation singulière.

Un bâtiment en deux parties pour le transport

Et pourquoi donc opter pour un catamaran, alors que cette construction n’a pas vocation à avancer sur l’eau, elle se contente de flotter? En fait, pour minimiser l’empreinte écologique du chantier, tout s’est passé au bord de l’eau, en remontant la Seine. Les coques ont été conçues à Dieppe, rappelle Christophe Gallineau, PDG de Citysurfing avant d’être aménagées à Rouen. L’ensemble a été transporté par voie fluviale et dans Paris, vu l’étroitesse de certains ponts, on se trouve rapidement confronté à un problème de largeur.

C’est pourquoi la construction est modulaire avec deux bâtiments jumeaux de 9 mètres de large pouvant être rassemblés ou séparés selon les besoins. «Ces deux bâtiments jumeaux, séparés par une piscine centrale, c’est un peu la rive droite et la rive gauche de Paris», s’amuse à résumer Gérard Ronzatti, l’architecte des lieux. Avantage de cette double structure: le couloir central desservant les deux séries de chambres sur deux niveaux est recouvert d’un toit vitré et inondé de lumière.

Des chambres deux fois moins chères à construire qu’à terre

Habitué à financer des hôtels sur la terre ferme, le président de Novaxia, Joachim Azan note que là où il faut compter 400.000 euros par chambres pour créer un 4 étoiles à Paris, il peut se contenter de la moitié ici. L’ensemble du projet s’élève en effet à 11 millions d’euros pour 58 chambres (dont 4 suites), dont l’écrasante majorité finance la construction et l’équipement de la structure flottante (le reste servant à aménager le quai et sa terrasse).

La raison d’une telle différence? L’absence de foncier. «En général sur les grosses rénovations que nous réalisons, le budget se répartit moitié-moitié entre le foncier et les travaux», souligne Joachim Azan. La contrepartie de cet avantage, c’est qu’il n’y a bien sûr aucune propriété foncière, simplement une concession accordée pour 20 ans. Et une série d’inconvénients qui découlent de cette situation (voir ci-dessous).

14.000 euros de loyer par mois

Installé dans le Port autonome de Paris, l’hôtel flottant comme les autres occupants des quais parisiens doit verser une redevance pour avoir le droit d’occuper les lieux. Coût annuel: 170.000 euros soit 14.000 euros par mois.

Une hypothèque fluviale

Parmi les bizarreries de ce projet, ses financeurs se sont rendu compte que les garanties réclamées par la banque ne pouvaient être les mêmes que pour des réalisations traditionnelles. «Dans la mesure où nous n’avons pas de propriété foncière, la banque réclame une hypothèque fluviale et il nous a fallu trouver un notaire spécialiste du sujet», explique Joachim Azan. Au final les trois banques qui financent le projet garantissent leur risque sur la valeur de la structure flottante.

Maxi-prix pour une micro-piscine

Jouer à fond la carte de l’eau avec la présence d’une piscine sur cet hôtel flottant, c’est une demande sur laquelle l’exploitant hôtelier Novaxia a lourdement insisté. Et pour cause: c’est un maxi-budget pour une micro-piscine. Le bassin ne mesure en effet que 12 mètres sur 2 mètres pour... 1 mètre de profondeur. «Bien sûr nous pouvions disposer d’une plus grande surface mais il est très difficile de gérer les questions de poids», avoie l’architecte Gérard Ronzatti. Mais pour l’hôtelier, cette piscine crée un «effet waou» très bénéfique à l’image de l’établissement et qui pourrait motiver la clientèle potentielle. Il vaut mieux, car l’architecte évalue le coût global de ce mini-bassin à près de 200.000 euros.

Et dans 10 ans, une révision complète

L’endroit a beau être homologué comme un hôtel, c’est aussi une structure flottante avec les contraintes de sécurité qui vont avec. Malgré sa double coque censée pouvoir faire face à toutes les avaries, la structure doit être inspectée visuellement tous les 5 ans par des plongeurs. Et tous les dix ans, il faut procéder à une révision hors d’eau. Une procédure qui nécessitera un arrêt de l’exploitation durant 1 à 2 mois.

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