Décollage en vue pour les obligations convertibles

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DÉCOLLAGE EN VUE POUR LES OBLIGATIONS CONVERTIBLES
DÉCOLLAGE EN VUE POUR LES OBLIGATIONS CONVERTIBLES

par Blaise Robinson

PARIS (Reuters) - L'intérêt des investisseurs pour les obligations convertibles est en train de décoller en Europe, les institutionnels "averses" au risque cherchant à se prémunir contre une hausse des taux sans pour autant investir directement dans les actions.

Les obligations convertibles, qui permettent de convertir un titre de créance en titre de propriété, offrent généralement un coupon inférieur à celui d'une obligation traditionnelle.

Cela permet aux entreprises de lever des fonds à moindre coût. Et la récente hausse des taux d'intérêt rend encore un peu plus intéressante pour les émetteurs cette alternative de financement.

"Nous sommes à un point d'inflexion", observe Antoine de Guillenchmidt, responsable de l'activité Equity Capital Markets en France et en Scandinavie chez Goldman Sachs.

"Après 12 mois de conditions extrêmement favorables sur les taux d'intérêt pour les entreprises, la tendance pourrait être en train de tourner avec les récentes tensions et la volatilité sur le marché du crédit et la remontée des taux à long terme. Cela replace les obligations convertibles dans la 'boite à outils' des financements des émetteurs", ajoute-t-il.

Le volume des émissions d'obligations convertibles atteint depuis le début de l'année 14,8 milliards de dollars (11,5 milliards d'euros) en Europe, selon Morgan Stanley, contre 22 milliards en 2012 et 11,5 milliards en 2011. Au niveau mondial, les émissions représentent près du double du premier semestre 2012, à 46,6 milliards de dollars, selon la plateforme Dealogic.

"LES FONDS DE PENSION ET LES ASSUREURS LES ADORENT"

Cet actif hybride est également à la mode chez les investisseurs car il représente le meilleur moyen de jouer les risques asymétriques croissants entre actions et obligations, en évitant d'être piégés par la baisse du prix des obligations avec la reprise économique aux Etats-Unis, tout en captant le 'rally' potentiel des Bourses sans être totalement exposés aux actions.

"La composante 'action' d'une obligation convertible devient un rempart contre la volatilité que l'on observe dans des segments du marché du crédit comme le haut rendement", commente Pierre Alexis Renaudin, responsable des obligations convertibles en Europe pour Morgan Stanley.

Jean-Edouard Reymond, responsable de l'équipe des obligations convertibles chez UBI, explique que les obligations convertibles captent généralement environ 70% des gains de l'action à laquelle est liée le titre pour une exposition à la baisse limitée à seulement 50%.

"Les fonds de pension et les assureurs les adorent, et la hausse des taux des emprunts d'Etat rendent les convertibles encore plus intéressantes", relève-t-il.

"Il n'y a aucune sortie sur ces titres, au contraire, nous avons vu entre 7,0 et 8,0 milliards de dollars d'argent frais arriver depuis le début de l'année", précise-t-il.

Des chiffres à comparer avec les sorties massives observées dans le monde obligataire suite au projet de la Réserve fédérale américaine de commencer à réduire ses rachats d'actifs, 23 milliards de dollars ont ainsi été retirés des fonds obligataires la semaine dernière selon les données compilées par EPFR Global, société spécialisée dans les flux financiers.

En termes de performance, l'indice mondial UBS sur les obligations convertibles est en progression d'environ 6%, soit bien mieux que la baisse de 3,5% de l'indice Merrill Lynch sur le crédit entreprise et la hausse de 2% du Stoxx 600.

Avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot

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