"Décidez-vous Messieurs les Anglais !" - Le débat de la semaine avec le Cercle des économistes (Christian de Boissieu)

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Attendu, le discours de David Cameron promettant un référendum d’ici 2017 sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l'’Union européenne crée de l’incertitude. Les marges de manoeuvre britanniques sont pourtant étroites estime l’économiste Christian de Boissieu.

La crise de la zone euro est probablement en voie de résolution. Mais l’Europe ne va pas bien pour autant : croissance en berne, chômage en progression rapide, grande difficulté à concrétiser des initiatives en faveur de la croissance dans le contexte de rigueur budgétaire...
Du coup, les opinions publiques se découragent et s’impatientent. Pour 47% des Français, l’UE rapporte moins à la France qu’elle ne lui coûte, contre seulement 20% de l’avis contraire. Les chiffres pour la Grande-Bretagne sont encore plus déséquilibrés...
Le discours de David Cameron du 23 janvier « surfe » sur une vague populiste et anti-européenne partout et spécialement en Grande-Bretagne. En même temps, il réaffirme les composantes du credo britannique : marché unique, libre-échange, flexibilité, retour de compétences de Bruxelles vers les Etats-membres etc. Rien de très nouveau sous le soleil, sinon l’annonce d’un référendum sur le maintien ou non dans l’UE après les élections générales de 2015, probablement vers 2017.

L’Europe continentale ne va pas bien, le Royaume-Uni guère mieux : une récession probable fin 2012/début 2013 (avec un 4e trimestre 2012 à -0,3%), une croissance prévue à 1% pour 2013 (FMI), une inflation à 2,7%, des comptes publics inquiétants, des exportations en difficulté, le risque de perdre le triple A etc. On peut être en dehors de l’euro et aller bien, comme la Suède. On peut être en dehors de l’euro et aller mal, comme la Grande-Bretagne. Deux signaux favorables cependant du côté britannique : des éléments de réindustrialisation (l’exemple de l’automobile), sans parler déjà d’une inversion de tendance, et l’emploi qui résiste pour l’instant...

Le référendum de Cameron a une double fonction : aider les Conservateurs à remporter les élections de 2015, envoyer un avertissement à Bruxelles, à la zone euro et en particulier au couple franco-allemand. Même si un référendum est toujours risqué lorsqu’il est question d’Europe, je crois au réalisme des Britanniques et à leur capacité à identifier leurs intérêts profonds. Ne rien faire qui puisse remettre en cause leur appartenance au marché unique, et ne pas revenir sur les liens structurels de la Grande-Bretagne avec l’UE (60% du commerce extérieur britannique) et la seule zone euro (42%). En fait, les marges de manoeuvre britanniques sont beaucoup plus étroites que ne le suggère le volontarisme de Cameron.

Comme l’a rappelé ce dernier, « la Grande-Bretagne n’a pas adopté la monnaie unique, et elle ne va pas l’adopter ». Les choses sont claires. Pour les 17 de la zone euro, il faut aller de l’avant, renforcer les dispositifs de coordination et de gouvernance dans le prolongement de ce qui est fait depuis un an. Nous avons, avec les coopérations renforcées, le moyen de contourner le veto britannique, et nous l’utilisons déjà pour la taxe sur les opérations financières.

Nous devons privilégier une sortie par le haut. C’est par un rebond de l’économie et du projet européens que nous redeviendrons attractifs pour nos amis britanniques, et que nous éviterons un divorce dommageable pour tous.

Christian de Boissieu



Pour poser vos questions à Christian de Boissieu, cliquez ici. Il vous répondra mercredi 30 janvier à 11h.


Christian de Boissieu est professeur d’économie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ; professeur au Collège d’Europe à Bruges, et membre du Collège de l’Autorité des Marchés Financiers. Agrégé des facultés de droit et de sciences économiques, il a été membre de la Commission Attali, de la Commission du Grand Emprunt et président du Conseil d’Analyse Economique. Il est l’auteur de nombreux ouvrages.
Ses principaux domaines d’expertise sont la monnaie ; la finance ; la banque ; les politiques économiques et l’intégration européenne.

Le Cercle des économistes a été créé en 1992 avec pour objectif ambitieux de nourrir le débat économique. Grâce à la diversité des opinions de ses 30 membres, tous universitaires assurant ou ayant assuré des fonctions publiques ou privées, le Cercle des économistes est aujourd’hui un acteur reconnu du monde économique. Le succès de l’initiative repose sur une conviction commune : l’importance d’un débat ouvert, attentif aux faits et à la rigueur des analyses. Retrouvez tous les rendez-vous du Cercle des économistes sur leur site.

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  • M3050355 le mercredi 30 jan 2013 à 18:43

    Ah toute cette clique d'escronomistes Keynésiens proche du pouvoir dont le seul rôle est de servir la soupe à nos politicards.... Il n'y a qu'en France qu'on n'accorde un quelconque crédit à des tartuffes pareils !!

  • M3154658 le mercredi 30 jan 2013 à 17:43

    Les Français ne veulent plus des Britanniques, et pour cause !! Ils voudraient faire en Europe ce qu'ils ont fait en France : ... une catastrophe ! Que dire du Chômage quand la sphère publique en France est aussi développée : comparons ce qui est comparable. Les Anglais ne s'en sortent pas si mal eux qui étaient aussi exposés aux activités financières ...

  • ancelle3 le mercredi 30 jan 2013 à 11:44

    Enfin tant qu'on aura des vieux croutons en chambre (sénat, A Nat, Conseil européens) en plus une fois élus ne pensent qu'à leurs intérêts......

  • ancelle3 le mercredi 30 jan 2013 à 11:41

    Enfin la plupart des citoyens lambda souhaitent une Europe, mais pas celle imposée par les politiques de tous bords des pays signataires. les politiques européens comme nationaux n'écoutent absolument pas leur peuple. Regardez l'évolution de l'abstention aux votes. Et ça ils s'en fichent !

  • ancelle3 le mercredi 30 jan 2013 à 11:37

    Ils ne sont européens que continentalement : Alors que qu'une grande partie des Américains sont des Européens. Ils ne savent pas qui ils sont en fait mais toujours aux côtés du plus fort.

  • m91 le mercredi 30 jan 2013 à 11:24

    Boissieu prend la hache et coupe les amarres on te dit, regarde vers l'est et arrête de pleurer !

  • M5649485 le mercredi 30 jan 2013 à 10:39

    l impensable , c est que ce sont eux qui veulent rester maitre de leur destinée européenne !!! alors qu on aurait du les" jeter" depuis longtemps et meme surtout ne jamais les laisser entrer pour saboter l UE tel qu il l on toujours fait ..les anglais sont des profiteurs opportunistes ..on ne peut pas collaborer avec des gens pétris de supériorité qui veulent tout prendre et surtout rien donner ...un seul mot ... DEHORS !!!!!!!!

  • M7650121 le mercredi 30 jan 2013 à 09:54

    @manosh, quelle grille de lecture vous avez? Ils ne prennent que ce qu'on leur impose. Obama a dit au gentil Cameron, ton référundum tu le repousses au calendes grecs sinon c'est le meme sort que Papandreou (t'auras le droit de donner des cours à Harvard pour 46K$/mmois). Vous devez ignorer la puissance de groupe d'influence tel que le Bilderberg, le CFR(concil of foreign relation) et la commission trilatérale. Regardez qui dirige le monde avant de nous lacher des phrase type dépèche AFP...

  • .Rexons. le mercredi 30 jan 2013 à 00:40

    je n ai jamais ete voté pour l europe pour y avoir ete opposé totalement l europe des pauvre n est que politique et imposer par les poltique us pour mieux nos piéger mais l heure arrive a votre fin ordre mondiale n arrivera pas on vous fera exploser vos tete les banquier

  • manosh le mardi 29 jan 2013 à 15:40

    c'est tellement pratique pour eux de rester entre les 2, ils prennent ce qui les intéresse et dés que c'est désavantageux ils laissent!!! profiteurs les Anglais?????