Déchéance de nationalité-Juppé dénonce une réforme inutile

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    PARIS, 3 janvier (Reuters) - La déchéance de nationalité 
française pour les binationaux coupables de faits de terrorisme 
est un coup politique de François Hollande pour créer de la 
confusion et son efficacité sera limitée, voire nulle, estime 
Alain Juppé. 
    Dans une interview au Journal du dimanche, l'ancien Premier 
ministre appelle de ses voeux un "plan d'ensemble" pour lutter 
contre le terrorisme qui repose sur un recours accru aux 
nouvelles technologies. 
    "Ce n'est pas une réforme utile", dit-il du projet 
d'extension de la déchéance de nationalité proposé par le chef 
de l'Etat, qui suscite de violentes critiques à gauche mais est 
soutenu par une grande partie de la droite, notamment les 
partisans de l'ancien président Nicolas Sarkozy. 
    "Elle ne permettra pas de prévenir de nouveaux actes 
terroristes, elle ne dissuadera aucun djihadiste de se faire 
sauter", estime Alain Juppé, ajoutant : "C'est un coup politique 
de François Hollande pour semer de la confusion dans le débat." 
    A la question de savoir s'il pourrait voter une telle mesure 
s'il était parlementaire, le maire de Bordeaux répond : "A 
condition que le texte définitif se limite aux incriminations 
déjà prévues dans le Code civil pour la déchéance des Français 
binationaux naturalisés." 
    "Sans cela, la surenchère serait possible et elle serait 
dangereuse : le FN l'annonce déjà", indique-t-il. 
    Selon Alain Juppé, pour lutter contre le terrorisme, "il 
faut un plan d'ensemble visant par exemple à investir dans les 
nouvelles technologies, la biométrie et la reconnaissance 
comportementale, à pénaliser la consultation des sites radicaux, 
à appliquer effectivement les peines prononcées." 
    "J'attends aussi les résultats obtenus dans le cadre de 
l'état d'urgence pour juger de la détermination réelle du 
gouvernement", déclare-t-il. 
    La publication de cette interview intervient avant celle de 
son deuxième livre-programme en vue des primaires de novembre à 
droite pour la présidentielle de 2017, qu'il a intitulé "Pour un 
Etat fort". 
    Il critique sévèrement la politique pénale du gouvernement 
dans cet ouvrage et défend la nécessité d'augmenter les moyens 
de la lutte contre le terrorisme sans renoncer à diminuer les 
déficits publics. 
    "Un État fort, c'est un État qui assume pleinement ses 
missions premières, qui se recentre sur l'essentiel, mais c'est 
aussi un État qui dépense moins, qui assume des décisions 
difficiles en réformant les retraites ou en optimisant nos 
dépenses sociales, c'est un État qui fait sa révolution 
numérique et redéfinit son périmètre."  
    "Ne tirons pas prétexte du terrorisme pour retomber dans le 
laxisme budgétaire. Une France endettée, c'est une France 
affaiblie", dit-il à l'adresse du gouvernement. 
 
 (Yann Le Guernigou) 
 
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  • 445566ZM le dimanche 3 jan 2016 à 11:40

    Inutile, si le gouvernement construit un centre pénitentiaire dans une région "club-med", au centre de Guyane, par exemple. Faudrait-il demander accord de mme T ?

  • M6998582 le dimanche 3 jan 2016 à 10:18

    Juppé démarre fort 2016 ! Le tartarin de Neuilly n'a plus qu'à bien se tenir !

  • M1877657 le dimanche 3 jan 2016 à 00:23

    Assez de blabla à vouloir préserver la chèvre et le chou commençons par appliquer des règles simples: - 1 Droit du sol sous conditions de X années sans condamnation ( 1 minimum de 18 ) et suppression du regroupement familial sauf cas particuliers