Décès du Portugais Eusebio, footballeur légendaire

le
0
DÉCÈS DU PORTUGAIS EUSEBIO, LÉGENDE DU FOOTBALL
DÉCÈS DU PORTUGAIS EUSEBIO, LÉGENDE DU FOOTBALL

par Mark Gleeson et Daniel Alvarenga

LISBONNE (Reuters) - Eusebio, joueur légendaire du football portugais dans les années 60, est décédé dimanche à l'âge de 71 ans, victime de problèmes cardio-respiratoires.

Le gouvernement portugais a décrété trois jours de deuil national alors que les admirateurs du champion ont commencé à se recueillir et à déposer des fleurs devant une statue à son image érigée près du stade de la Luz à Lisbonne.

Considéré comme l'un des plus talentueux attaquants de l'histoire du football, Eusebio da Silva Ferreira a fini meilleur buteur de la Coupe du monde 1966 en Angleterre, avec neuf réalisations, pour permettre au Portugal de prendre la troisième place de la compétition.

"Le Portugal est en deuil. Eusebio, roi de l'équipe portugaise de 1966 et symbole éternel du pays, de l'équipe nationale et du Benfica, est décédé", indique la Fédération portugaise de football (FPF) dans un communiqué.

Ce natif du Mozambique, surnommé "la panthère noire", a remporté la Coupe des clubs champions, ancêtre de la Ligue des champions, avec Benfica en 1962 face au Real Madrid dans un match fou conclu sur le score de 5-3.

Eusebio avait scellé ce jour-là le succès des siens sur un magnifique coup-franc, terrassant l'équipe d'Alfredo di Stefano considérée à l'époque comme quasiment invincible.

Porté en triomphe par ses admirateurs après le match, Eusebio avait à nouveau conduit le Benfica en finale de la Coupe d'Europe l'année suivante, mais cette fois pour connaître une courte défaite 2-1 face au Milan AC.

En quinze saisons passées avec le club lisboète, il a disputé quatre finales de l'épreuve, la dernière en 1968 face à Manchester United dans le mythique stade de Wembley.

Il a été lauréat du Ballon d'Or en 1965.

Avec Benfica, il a glané 11 titres de champion national et inscrit plus de 300 buts avant de devenir "ambassadeur" du club.

Joueur d'exception, il a porté 64 fois le maillot de l'équipe du Portugal avec laquelle il a inscrit 41 buts, un record qu'il conservera pendant près de vingt ans.

Le Mondial 1966 fut l'un de ses plus hauts faits et a largement contribué à asseoir sa légende.

Après des victoires face à la Hongrie et à la Bulgarie, le Portugal avait triomphé du Brésil (3-1), champion du monde en titre. Eusebio avait inscrit deux buts, éclipsant totalement le roi Pelé au cours de ce match de poule.

STATUE GRECQUE

En quart de finale, face à la Corée du Nord totalement inattendue à ce stade de la compétition, Eusebio avait à nouveau joué les sauveurs. Alors que les Portugais étaient menés 3-0, il avait marqué quatre buts pour assurer la qualification (5-3).

"Il était l'une des grandes personnalités du Portugal. Je pense qu'il est immortel. Nous savons tous ce qu'il a représenté pour le football et en particulier pour le football portugais", a commenté José Mourinho, manager de Chelsea.

"Il était non seulement un modèle mais également un grand défenseur des valeurs, des principes et des émotions du football, même après la fin de sa carrière", a ajouté Mourinho.

Originaire de Maputo où il est né le 15 janvier 1942, Eusebio fut détecté comme un joueur prodige alors qu'il n'était qu'adolescent.

Le club du Sporting, l'autre grande équipe de Lisbonne, l'avait inscrit sur ses tablettes et envisageait de l'engager mais le jeune homme avait finalement opté pour le Benfica à la dernière minute en 1960.

International portugais, Eusebio fut longtemps présenté comme l'un des meilleurs joueurs du continent africain jusqu'à l'apparition récente d'attaquants tels que Samuel Eto'o ou Didier Drogba.

Il porta les couleurs du Benfica jusqu'en 1975 avant de jouer alternativement aux Etats-Unis et dans des équipes de moindre renommée au Portugal. Il mit fin à sa carrière en 1979.

"La vie d'Eusebio appartient au patrimoine de tous ceux qui aiment le football", estime le club de Benfica dans un communiqué. "Cette nouvelle constitue une surprise brutale, il est des hommes qui ne disparaissent jamais", ajoute le club.

"J'ai Benfica dans le sang", avait-il un jour confié à Reuters parlant de ce club dont les supporters le surnommaient "O Rei" (le roi).

"Il y a de nombreux princes dans le football, mais il y a peu de rois", a commenté Toni, son ancien équipier en sélection nationale. "Il était doué physiquement et techniquement. Il était comme une statue grecque".

Mark Gleeson; Bertrand Boucey et Pierre Sérisier pour le service français, édité par Danielle Rouquié

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant