Décès du chef-opérateur Raoul Coutard: "une inventivité extraordinaire"

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Raoul Coutard, le 28 mars 2007 à Paris ( AFP/Archives / JACQUES DEMARTHON )
Raoul Coutard, le 28 mars 2007 à Paris ( AFP/Archives / JACQUES DEMARTHON )

Le chef-opérateur Raoul Coutard, figure emblématique de la Nouvelle Vague décédé mardi à l'âge de 92 ans, a "complètement renouvelé la photographie de cinéma" avec une "inventivité extraordinaire", a souligné mercredi le cinéaste Costa-Gavras, qui avait tourné avec lui "Z" et "L'Aveu".

"C'était un chef-opérateur complet. Sa grande qualité, c'est d'avoir complètement renouvelé la façon de faire. Il ne demandait pas beaucoup de temps. Il avait toujours des solutions rapides et de grande qualité. Ce n'était pas le chef opérateur qui disait +donnez-moi une heure pour faire la photo+", a expliqué à l'AFP le réalisateur franco-grec de 83 ans.

"Ca a allégé énormément le cinéma. C'est devenu une révolution", a ajouté le cinéaste, récompensé par l'Oscar du meilleur film étranger pour "Z" en 1970. Sur le tournage de ce film, la façon de travailler de Raoul Coutard a permis de créer "quelque chose de vrai, de documenté, de pris sur le vif, où il n'y avait pas de reconstitution", se souvient Costa-Gavras.

Connu pour son utilisation de la lumière naturelle, son jeu marqué des contrastes et la mobilité de sa caméra, Raoul Coutard a été le directeur de la photographie de quelques-uns des plus grands films français de la seconde moitié du 20e siècle: "A bout de souffle" et "Le Mépris" de Jean-Luc Godard -avec qui il a tourné une quinzaine de films-, "Jules et Jim" de François Truffaut, "La 317e Section" de Pierre Schoendoerffer ou "Lola" de Jacques Demy.

La ministre de la Culture Audrey Azoulay a salué un professionnel qui "a sublimé les grandes oeuvres de la Nouvelle Vague". "Figure et trait d'union de cette révolution cinématographique, Raoul Coutard a fait imprimer dans l'imaginaire collectif sa vision esthétique puissante", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Pour le chef-opérateur suisse Fabrice Aragno, collaborateur de Jean-Luc Godard depuis 2002 - sur "Film Socialisme" et "Adieu au langage" -, "Raoul Coutard et Jean-Luc ont joué avec la pellicule comme nous, nous jouons du numérique et de la 3D aujourd'hui", en "conservant farouchement (leur) liberté d'enfant de cinq-six ans contre tout les diktats".

"Ce qu'ils apportent et ce qu'ils apporteront? La liberté! La liberté de ne suivre aucune règle, aucune écriture, aucune pensée pré-établie", a-t-il ajouté dans un texte transmis à l'AFP.

Pour l'ancien président du Festival de Cannes Gilles Jacob, "en noir et blanc puis en couleur, Raoul Coutard a montré à la Nouvelle Vague le clair chemin de la lumière".

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