Décès de Mohamed Ali, boxeur magnifique et icône américaine

le , mis à jour à 08:13
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 (Actualisé tout du long) 
    par Bill Trott 
    WASHINGTON, 4 juin (Reuters) - L'ancien boxeur Mohamed Ali, 
véritable icône aux Etats-Unis, est décédé vendredi à l'âge de 
74 ans dans l'hôpital de la région de Phoenix, en Arizona, où il 
était admis depuis deux jours pour de graves problèmes 
respiratoires, a annoncé vendredi soir un porte-parole de la 
famille dans un communiqué. 
    L'ex-champion du monde des poids lourds souffrait depuis une 
trentaine d'années de la maladie de Parkinson et s'était montré 
très affaibli lors de ses dernières apparitions publiques. 
    Une source proche de la famille Ali avait déclaré plus tôt 
vendredi à Reuters qu'il était dans un état critique et que son 
épouse avait entamé les préparatifs en vue de ses funérailles. 
    Des médias américains avaient de leur côté rapporté qu'il 
avait été placé sous respiration artificielle, une information 
qu'avait démentie le porte-parole de sa famille, Bob Gunnell. 
    "Une partie de moi-même s'en est allée, la plus importante", 
a commenté l'ancien champion du monde George Foreman auquel Ali 
avait ravi la couronne mondiale à Kinshasa en 1974. 
    Né le 17 janvier 1942 à Louisville, dans le Kentucky, sous 
le nom de Cassius Clay, le boxeur a pris le nom de Mohamed Ali à 
l'âge de 22 ans après s'être converti à l'islam.  
    Son jeu de jambes et la rapidité de ses poings, ses combats 
légendaires contre Joe Frazier et George Foreman et ses 
engagements politiques, comme son refus d'être enrôlé dans 
l'armée pour la guerre du Vietnam, ont fait de lui une icône. 
    Ayant commencé la boxe à l'âge de 12 ans, il décroche le 
titre mondial des poids lourds à 22 ans en obtenant à la 
surprise générale la victoire face à Sonny Liston, l'un des 
boxeurs les plus puissants de l'histoire, en février 1964 à 
Miami. 
    Peu de temps après, il rejoint la nation de l'islam, se 
convertit et décide de changer de patronyme. C'est au nom de ses 
convictions religieuses et de son opposition au conflit 
vietnamien qu'il refuse en 1967 de rejoindre la conscription. 
    Son statut d'objecteur de conscience le transforme 
immédiatement en icône de la contre-culture américaine parmi la 
génération qui conteste la guerre du Vietnam. 
    Cette opposition lui vaut d'être arrêté, d'être reconnu 
coupable d'évasion et d'être déchu de son titre mondial. Cet 
épisode l'éloigne de la boxe pendant près de quatre années (de 
mars 1967 à octobre 1970), Ali se consacrant à une bataille 
juridique qui le conduit jusque devant la Cour suprême des 
Etats-Unis qui, en 1971, annule sa condamnation. 
     
    LE COMBAT DU SIÈCLE 
    Cette année marque le retour de Mohamed Ali pour "le combat 
du siècle" face à Joe Frazier au Madison Square Garden de New 
York en mars 1971. La tension avant la rencontre est à son 
comble lorsqu'Ali, jamais avare d'une provocation et se 
présentant comme "le plus grand, le plus courageux, le plus 
beau, le plus fort, le plus doué", affirme que son adversaire 
est "trop bête" pour être champion du monde. 
    "Je me bats pour le petit homme du ghetto", lance-t-il avant 
le match qui est retransmis dans 35 pays. Malgré toute sa 
résistance, Ali envoyé au tapis à la dernière reprise est 
déclaré vaincu à l'unanimité des juges et concède sa première 
défaite professionnelle. 
    Une revanche est organisée en 1974 entre les deux 
adversaires, Frazier ayant alors perdu son titre face à George 
Foreman. Ali tient cette fois sa victoire et se voit offrir la 
possibilité de défier le tenant du titre, Foreman, dans un match 
légendaire ("The Rumble in the Jungle") à Kinshasa en octobre de 
la même année.  
    Bien qu'âgé de 32 ans et n'ayant plus les réflexes et la 
rapidité de ses premiers combats, Mohamed Ali réussit à 
triompher face à un George Foreman qui admet que son rival a été 
"plus malin et plus fort" que lui. 
    Ce succès ouvre la voie au troisième match contre Frazier à 
Manille en octobre 1975. Le combat baptisé "Thrilla in Manila" 
se déroule par une chaleur accablante de 38 degrés. Le manager 
de Frazier refuse à l'appel de la 15e reprise que son boxeur 
reprenne le combat, offrant une victoire technique à Ali. 
    Ce dernier se retire des rings en 1981 avec un palmarès de 
56 victoires, dont 37 par K.O., et seulement cinq défaites. 
    Trois ans après sa retraite sportive, les médecins lui ont 
diagnostiqué la maladie de Parkinson, cause pour laquelle il a 
créé une fondation, le Muhammad Ali Parkinson Center. 
    En 1996, l'ancien champion avait fait une apparition 
surprise aux Jeux Olympiques d'Atlanta, où il était parvenu à 
surmonter les tremblements liés à sa maladie pour porter la 
flamme olympique. En 2012, il était présent aux JO de Londres, 
où il était apparu amaigri, et se déplaçant en fauteuil roulant. 
    Marié quatre fois, Mohamed Ali est père de neuf enfants. 
L'une d'entre eux, Laila, elle aussi ex-boxeuse, a publié sur 
Twitter une photo de son père et de sa petite-fille, remerciant 
les fans du boxeur pour leurs prières. 
 
 (Ian Simpson et Bill Trott; Julie Carriat et Tangi Salaün pour 
le service français) 
 
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