Décès de l'opposant chinois Liu Xiaobo

le , mis à jour à 18:32
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    PEKIN, 13 juillet (Reuters) - L'opposant chinois Liu Xiaobo, 
lauréat du prix Nobel de la paix en 2010, est décédé à l'âge de 
61 ans, annoncent les autorités de Shenyang, où il était 
hospitalisé pour un cancer du foie en phase terminale.  
    Plusieurs de ses organes étaient atteints et il a été 
impossible de le sauver, précisent les services juridiques de 
cette ville du nord-est de la Chine, dans un bref communiqué 
diffusé sur internet.  
    Condamné en 2009 à onze ans de prison pour subversion après 
avoir participé à la rédaction de la "Charte 08", une pétition 
qui demandait d'importantes réformes démocratiques, Liu Xiaobo 
avait été transféré fin juin de sa prison à l'hôpital de 
Shenyang.  
    Pour le comité Nobel, "le gouvernement chinois porte une 
lourde responsabilité dans son décès prématuré".  
    "Nous jugeons très troublant que Liu Xiaobo n'ait pas été 
transféré où il aurait pu recevoir un traitement médical adéquat 
avant d'arriver en phase terminale", déplore Berit 
Reiss-Anderssen, présidente du comité, dans un courrier 
électronique transmis à Reuters.  
    Parlant d'ingérence dans leurs affaires intérieures, les 
autorités chinoises sont restées sourdes aux appels des 
mouvements de défense des droits de l'homme et des pays 
occidentaux qui les ont invitées à laisser Liu quitter le pays 
pour se faire soigner, comme il l'a souhaité.  
     
    "UN HÉRITAGE POUR LES GÉNÉRATIONS FUTURES" 
    Deux médecins étrangers, un Américain et un Allemand, ont 
été autorisés à l'examiner samedi et l'ont jugé transportable, 
ce que l'hôpital disait impossible en raison de son état. Liu et 
sa famille ont, selon eux, exprimé le souhait qu'il soit soigné 
aux Etats-Unis ou en Allemagne. 
    Zeid Ra'ad al Hussein, haut commissaire de l'Onu aux droits 
de l'homme, a demandé jeudi à Pékin de respecter la liberté de 
mouvement de son épouse, Liu Xia, et de l'autoriser à quitter le 
pays si elle le souhaite. Elle est en résidence surveillée 
depuis 2010.  
    "Malgré l'emprisonnement et la séparation avec la femme 
qu'il adorait, qui auraient pu alimenter sa colère et son 
amertume, Liu Xiaobo disait ne pas éprouver de haine à l'égard 
de ceux qui l'ont poursuivi et jugé", a-t-il ajouté.  
    Le ministre français des Affaires étrangères a salué "la 
mémoire de cet intellectuel dont l'engagement pacifique pour la 
promotion des libertés, des droits de l'Homme et de la 
démocratie restera un héritage pour les générations futures".  
    "La France avait appelé à plusieurs reprises à sa libération 
et souhaite que les autorités chinoises assurent la liberté de 
mouvement de son épouse, Mme Liu Xia, de sa famille et ses 
proches", ajoute également Jean-Yves le Drian.  
    Son homologue américain, Rex Tillerson, rend lui aussi  
hommage à Liu Xiaobo, "mort en purgeant une longue peine de 
prison pour avoir fait la promotion de réformes démocratiques 
pacifiques" et réclame lui aussi la libération de son épouse. 
    La chancelière allemande Angela Merkel a salué, elle, la 
mémoire d'un "courageux combattant des droits civiques et de la 
liberté d'expression".   
    Pour Hu Jia, ami de Liu Xiaobo et dissident comme lui 
interrogé par Reuters, les dirigeants du Parti communiste ont 
cherché à "montrer qu'ils contrôlent la vie de ceux qui vivent 
en Chine".  
    "Mais je pense que le message historique qu'ils transmettent 
est très différent. En laissant un prix Nobel de la paix mourir 
en détention, ils ont perdu une chance de se montrer humains et 
ont révélé leur nature impitoyable", a-t-il ajouté.    
     
    Le portrait de Liu Xiaobo :   
 
 (Ben Blanchard, avec Gwladys Fouche à Oslo, Sophie Louet à 
Paris, Tom Miles à Genève, Madeline Chambers à Berlin, 
Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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