Décès de l'écrivain américain Gore Vidal

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L'ÉCRIVAIN AMÉRICAIN GORE VIDAL EST MORT
L'ÉCRIVAIN AMÉRICAIN GORE VIDAL EST MORT

LOS ANGELES (Reuters) - L'homme de lettres américain Gore Vidal, célèbre pour ses observations acérées sur la culture américaine et ses rapports conflictuels avec les écrivains de son temps, est mort mardi à l'âge de 86 ans des suites d'une pneumonie.

Né à West Point dans l'Etat de New York, Eugene Luther Vidal Jr. - il adopta ensuite le nom de famille de sa mère comme prénom - avait commencé sa carrière à 19 ans alors qu'il était un tout jeune soldat basé en Alaska.

Son premier roman, "Williwaw", évoquait son expérience de la Seconde Guerre mondiale. Mais c'est avec son troisième roman, paru deux ans plus tard en 1948, "The City and the Pillar" (Un garçon près de la rivière), qu'il créa le scandale et se fit connaître en mettant en scène un héros homosexuel, une première dans le paysage littéraire américain.

Brillant et élégant, égocentrique et caustique, Gore Vidal s'en prenait régulièrement aux écrivains de son temps: Truman Capote a pu être qualifié d'"animal grossier" et Ernest Hemingway de plaisanterie. Gore Vidal n'a pas hésité à comparer Norman Mailer, un de ses plus célèbres ennemis littéraires, au célèbre tueur Charles Manson. Les deux hommes en étaient plusieurs fois venus aux mains.

Après un succès précoce, la carrière de Gore Vidal a marqué le pas. Il s'est alors recentré sur la télévision et les scénarios de cinéma. Il s'était remis en scène dans les années 60 avec "Julian", sur la vie d'un empereur romain, "Washington D.C.", la saga d'une famille de politiques, et "Myra Breckenridge", roman satirique sur la vie d'un transsexuel qui fut porté à l'écran en 1970.

NOSTALGIQUE DE L'"EMPIRE AMÉRICAIN"

Gore Vidal est également connu pour la plume acérée de ses essais sur la société, le sexe, la littérature ou la politique.

Dans sa jeunesse, il s'était intéressé à la politique par le biais de son grand-père, le sénateur démocrate Thomas Gore, qui a eu une grande influence sur lui. Un de ses lointains cousins est l'ancien vice-président démocrate des Etats-Unis et candidat malheureux à la présidentielle en 2000, Al Gore.

Après le divorce de ses parents, sa mère s'était mariée à Hugh Auchincloss, qui allait plus tard devenir le beau-père de Jacqueline Kennedy. C'est par ce biais que l'écrivain eût, un temps, accès à la Maison blanche sous l'ère Kennedy.

Par deux fois, il avait tenté sans succès de prendre part à la vie politique de son pays: en 1960, il fut battu à New York pour entrer au Congrès et en 1982 il échoua à nouveau à se faire élire sénateur en Californie.

Considérant les Etats-Unis comme un pays devenu ennuyeux -il déplorait la chute de ce qu'il appelait l'"Empire américain"- il avait passé l'essentiel de son temps à partir des années 1960 dans une villa italienne au bord de la mer. Il était revenu aux Etats-Unis de façon permanente en 2003, peu avant qu'Howard Austen, son compagnon de plus de 50 ans, ne meure d'un cancer.

L'ego de Gore Vidal ne semblait pas s'être atrophié avec l'âge. Dans une interview en 2008 au magazine Esquire, l'écrivain remarquait que les gens semblaient toujours impressionnés par le grand nombre de gens célèbres, artistes mais aussi politiques qu'il avait côtoyés.

"Les gens tournent toujours cette phrase dans le mauvais sens", avait-t-il souligné. "Pourquoi, n'est-ce pas, la mettre dans le bon sens, à savoir que ces gens ont fait ma connaissance et qu'ils le voulaient?"

Bill Trott et Bob Tourtellotte; Danielle Rouquié et Baptiste Bouthier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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  • bigot8 le mercredi 1 aout 2012 à 10:51

    franchement je m en cogne !