Déception pour les électeurs de Jean-Luc Mélenchon

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Déception pour les électeurs de Jean-Luc Mélenchon
Déception pour les électeurs de Jean-Luc Mélenchon

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Jean-Luc Mélenchon, qui a raté la troisième marche du podium de la présidentielle au profit de Marine Le Pen, estime qu'il détient malgré tout les clés du deuxième tour du scrutin.

Avec 10,8% des voix selon les résultats partiels publiés par le ministère de l'Intérieur sur la base de 78% des bulletins dépouillés, loin derrière les 19% de la candidat du Front national, a dû oublier son rêve de devenir le "troisième homme".

Mais pas question de parler de défaite dans les rangs des militants réunis place Stalingrad.

"Qu'est-ce que vous êtes nombreux !", a lancé Jean-Luc Mélenchon en prenant la parole devant environ 5.000 personnes.

"Nous aurons été la force politique nouvelle, la seule qui ait percé. (...) Inéluctablement, l'histoire vient à notre rencontre, et nous allons à la sienne", a-t-il ajouté, estimant que le Front de gauche détenait les clés du second tour et réaffirmant sa volonté de ne rien "négocier" avec le PS.

Le candidat, qui a appelé à déposer un bulletin pour François Hollande le 6 mai prochain, sans jamais prononcer le nom du candidat socialiste qualifié pour le second tour avec Nicolas Sarkozy, a donné rendez-vous à ceux qui ont voté pour lui le 1er mai prochain.

"Résistance", ont répondu en choeur ses sympathisants, agitant drapeaux du Parti de gauche et du Parti communiste.

"Ce qu'il faut voir, c'est l'événement politique qu'a constitué l'apparition du Front de gauche" comme quatrième force politique du pays, estime Jacques Généreux, secrétaire national à l'économie du Parti de gauche. "Pour nous, les élections importantes, ce sont les législatives", ajoute-t-il, le regard tourné vers le mois de juin.

Pour le chanteur Ridan, soutien de Jean-Luc Mélenchon et dont l'album s'attaque à Marine Le Pen, le fait que le Front de gauche ait passé le seuil symbolique des 10% est "une victoire".

"Il y a un soulèvement complètement humaniste qui se met en place", a-t-il dit à Reuters. "C'est un nouveau point de départ", a-t-il ajouté. "Avec une croissance de 13% tous les ans, en 10 ans, on devrait faire le plein."

DÉCEPTION VISIBLE

Pourtant, parmi les militants, dont beaucoup ont quitté la place dès l'annonce des résultats, la déception était visible.

Principale ombre au tableau, le score de Marine Le Pen, contre qui Jean-Luc Mélenchon a mené une guerre "Front contre Front" pendant toute la durée de la campagne. Sur l'écran géant qui retransmet les résultats et les interventions des politiques sur les plateaux télévisés, chacune des apparitions de la dirigeante du Front national ou de son père est huée.

"J'aurais aimé qu'on talonne un peu plus Le Pen", confie Bruno Franceschi, infirmier et syndicaliste à la CGT. "Mais si le Front de gauche n'avait pas été là, la bascule sur l'électorat d'extrême droite aurait été encore plus énorme."

"Jusqu'au bout on espérait passer devant Marine Le Pen, et on est très très loin de ça", confirme Thomas, qui travaille dans l'internet.

Pour les cadres du Front de gauche, la poussée du Front national ne fait que donner raison à Jean-Luc Mélenchon, qui a fait de la lutte contre l'extrême droite une de ses priorités.

"Maintenant, nous allons nous concentrer vers une cible, c'est battre Nicolas Sarkozy", dit Eric Coquerel, conseiller spécial du candidat.

Tous les militants à qui Reuters a pu parler assurent qu'ils voteront pour François Hollande au second tour, avec pour unique objectif de battre la droite.

"Ce qui est bien, c'est que ça va repasser à gauche a priori", espère Marie-Pierre, formatrice. "Je passerai une meilleure soirée dans deux semaines", ajoute Thomas.

Pour Martine Billard, numéro deux du Parti de gauche, malgré son score plus bas que prévu, et la montée du Front national à un niveau jamais atteint, le Front de gauche a réussi.

"Notre objectif, c'était de passer les 10%, et on les a passés. Quel que soit notre score final, c'est un score positif", a-t-elle dit.

"Tous les militants qui ont fait cette fantastique campagne ne vont pas simplement rentrer chez eux ce soir. (...) On ne lâche rien", a-t-elle ajouté, reprenant les mots de la chanson devenue emblématique de la campagne du Front de gauche.

Mais plusieurs militants sont inquiets. Si, comme le disent Jean-Luc Mélenchon et ses proches, la droite a globalement baissé par rapport à 2007, "rien n'est gagné", déplorent certains, en quittant la Place Stalingrad.

Edité par Yves Clarisse

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  • NYORKER le lundi 23 avr 2012 à 00:38

    Même les Russes ont débaptisé Stalingrad en souvenir noir du fachiste Staline pour revenir à l'ancien nom Saint-Petersbourg.Mélanchon le bouffon en est resté encore à son fantasme d' URSS

  • NYORKER le lundi 23 avr 2012 à 00:33

    Mélanchon est un bouffon

  • chatnour le lundi 23 avr 2012 à 00:17

    So-do-mi-sé le mélanchions ! Collignon, tête de fion, mélanchions, tête de c.on ! Marine vous l'a mis jusqu'à l'os, g.joly1, lagarto, psdi et autres c.onnards du même tonneau ! et vous n'avez encore rien vu, attendez donc les législatives ! Là, ça va vous faire encore plus mal ! Préparez la vaseline !