Déception des militants UMP à la Mutualité après la victoire de François Hollande, le 6 mai 2012 à Paris.

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Une minute de stupeur muette a saisi la salle de la Mutualité à l'affichage du visage de François Hollande sur les écrans télé. La forêt de drapeaux tricolores se baisse et les yeux des jeunes militants se mouillent, avant qu'ils entonnent, mollement, un "Merci Sarkozy" au président sortant qui viendra les saluer 20 minutes plus tard."Abattue". Aurore, 25 ans, ne peut retenir ses pleurs. Medhi la réconforte, pendant que des militants retrouvent un peu d'allant pour siffler la première secrétaire du PS, Martine Aubry qui passe à la télé. "C'est dommage, on a voulu s'arrêter à la forme", au style du président, estime Medhi. Mais, claque déjà un reproche: "on n'avait pas à séduire les électeurs du FN comme ça", entre les deux tours. Et de s'en prendre au ministre de la Défense, Gérard Longuet, qui a qualifié le FN d'"interlocuteur".Emma, 18 ans, militante depuis février, a aussi un "petit bémol" sur les tracts. "On a mis +Non à Hollande, Non au droit de vote des étrangers+, c'était trop fort, on a eu des retours comme quoi c'était raciste".Seule l'arrivée du chef de l'Etat fait se redresser les drapeaux tricolores, et porter les smart phones à bout de bras pour immortaliser le discours du président battu.Les militants lancent quelques +Merci+, +On t'aime+ depuis les tribunes et un rare "Sarkozy 2017", suspendus aux lèvres de Nicolas Sarkozy, qui leur demande de la "dignité". Il est acclamé quand il rappelle son "engagement total" au service du pays.Les yeux des militants, dont la plus grande partie a moins de trente ans, se mouillent.Nicolas Sarkozy s'écarte de la tribune, puis s'en va, avant que la salle n'entame une Marseillaise en guise de baroud d'honneur. Pas le coeur à rester, les militants quittent la salle à toute vitesse, après qu'un air de "On est dans la merde" achève la soirée.Jusqu'au bout, ils ont voulu y croire, mais c'était un peu la méthode Coué, alors que dès 19H00 se chuchotent des "+47-53, je sais+" discrètement d'une oreille à l'autre dans la fosse bien remplie de la salle de la Mutualité. "C'est peut-être une blague belge '", réagit Aude, 21 ans, à l'annoncé des premières estimations qui circulent sur les médias étrangers.Raymond-François, 75 ans, ancien haut-fonctionnaire, a lui été déçu "par le débat". "Il s'est laissé enfermer sur son bilan", et tempête aussi contre ceux qui ont lui "reproché le Fouquet's cinq ans après". Derrière lui, un grand brun lance à un de ses copains: "Tu vas voir, moi je vais aller lancer des Flanby à Solférino".L'avocat Francis Szpiner n'a pas voulu commenter les estimations. Mais, lui qui n'était pas là il y a deux semaines, a lâché d'un sourire, un quart d'heure avant 20H00: "il faut venir quand les choses sont difficiles...". Personne ne s'y trompe.Aux environs de 19H30, les seconds couteaux de l'UMP arpentaient les couloirs avec un seul mot d'ordre, tel un mantra: "le 3e tour c'est les législatives". "On ne va rien lâcher, ça commence demain", répétait Valérie Rosso-Debord. "C'est pas la fin d'une aventure, c'est le début", assurait Guillaume Peltier, un des stratèges de la campagne, disant aussi "ressentir une grande tristesse pour Nicolas Sarkozy". Et de répéter, lui aussi, qu'il faut "rester uni".

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  • baljo le lundi 7 mai 2012 à 08:02

    Les commentaires "éclairés" des artisans d'une défaite sont toujours pathétiques car ils montrent pourquoi ils se sont plantés.

  • baljo le lundi 7 mai 2012 à 07:20

    pu'tain mes parents vont être taxés à 75%, je suis étudiante comment va t-on faire, on est dans le pétrain.