Décélération de la croissance dans le privé en Europe

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L'ÉCONOMIE DE LA ZONE EURO DANS UN PIÈTRE ÉTAT À LA FIN DE 2014
L'ÉCONOMIE DE LA ZONE EURO DANS UN PIÈTRE ÉTAT À LA FIN DE 2014

PARIS/LONDRES/BERLIN (Reuters) - L'activité du secteur privé dans la zone euro a progressé en décembre mais moins fortement que ce qui avait été initialement estimé, selon la version définitive de l'indice Markit composite des directeurs d'achat, lequel indique une croissance faible au quatrième trimestre 2014.

L'indice composite PMI/Markit est ressorti à 51,4 en version définitive alors qu'il avait été de 51,7 en première estimation.

Il est toutefois pour un 18e mois consécutif au-dessus du seuil de 50 séparant contraction et croissance de l'activité et il est meilleur qu'en novembre, lorsqu'il avait atteint un plus de bas de 16 mois, à 51,1.

Le sous-indice des prix indique pourtant que les entreprises réduisent leurs tarifs depuis près de trois ans pour tenter de développer leur activité. Il est ressorti à 48,1 en décembre après 47,6 en novembre.

Cela n'a guère eu d'effet sur l'indice PMI définitif des services, secteur dominant dans la zone euro, lui aussi inférieur à sa première estimation, à 51,6 contre 51,9. Il était de 51,1 en novembre.

Selon Chris Williamson, économiste en chef chez Markit, les données de décembre laissent entrevoir une hausse de 0,1% du produit intérieur brut (PIB) sur les trois derniers mois de l'année.

En Allemagne, le secteur privé a enregistré en décembre son 20e mois consécutif de croissance, et ce à un rythme légèrement plus soutenu qu'en novembre, mais ce résultat est quelque peu assombri par des perspectives à court terme peu réjouissantes pour les sociétés de services.

L'indice PMI composite, qui rassemble le secteur manufacturier et celui des services, est remonté à 52,0 le mois dernier, contre 51,7 en novembre et 53,9 en octobre. Il est supérieur à la première estimation, publiée mi-décembre, qui le donnait à 51,4.

Celui des services s'est établi à 52,1. C'est mieux que ce qui avait été donnée en première estimation (51,4) mais c'est inchangé par rapport au niveau du mois de novembre, qui avait représenté un creux de 16 mois.

La composante nouvelles affaires du secteur des services est passé pour la première fois en 18 mois sous la barre des 50 séparant croissance et contraction d'une activité.

Selon Oliver Kolodseike, analyste chez Markit, l'économie allemande a vraisemblablement enregistré une modeste croissance au quatrième trimestre après avoir évité de peu une récession au troisième.

Il y a près de trois mois, le gouvernement allemand a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour cette année et l'an prochain, à 1,2% et 1,3% respectivement, contre 1,8% et 2,0% auparavant, arguant de l'impact des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient et du ralentissement des marchés à l'exportation.

En Grande-Bretagne, le secteur des services britannique a subi une brutale décélération de son activité en décembre, une évolution qui suggère une nouvelle fois le ralentissement de la croissance à l'oeuvre dans le pays.

L'indice Markit/CIPS est ainsi ressorti à 55,8, un plus bas depuis mai 2013, contre 58,6 en novembre et un niveau de 58,5 attendu en moyenne par les économistes interrogés par Reuters.

Vendredi, une autre enquête Markit avait montré que le secteur manufacturier avait, contre toute attente, vu sa croissance ralentir en décembre.

Selon Markit, si on compile toutes les enquêtes PMI, celles-ci pointent vers une croissance de 0,5% au quatrième trimestre, contre une précédente estimation de 0,6% et +0,7% au troisième.

"La perte d'élan constatée vers la fin de l'année ne manquera pas de nourrir les inquiétudes de ceux qui pensent que la reprise est trop fragile pour supporter une hausse des taux d'intérêt", a déclaré Chris Williamson.

L'indice composite rassemblant les services, l'industrie et la construction est tombé à 55,4, également un creux depuis mai 2013 après 57,8 en novembre et 56,4 en octobre.

(Benoit Van Overstraeten pour le service français)

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  • mlemonn4 le mardi 6 jan 2015 à 11:18

    C'est normal, nous n'avons dans la tour d'Ivoire européenne que des technocrates planqués et privilégiés qui nous gouvernent, qui plus est, ne paient pas d'impots qu'ils imposent aux autres! Première réforme: la fiscalité française et assujettir tous ces monarques qui veulent NOUS gouverner à l'impôt; déjà, récupérer tous les impôts q'ils n'ont pas payer depuis l'arrivée de l'euro; cela va leur faire drôle et ils seront beaucoup moins enclin à augmenter les impots pour financer leurs dépenses!