Débuts difficiles pour la nouvelle trêve dans la bande de Gaza

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* Cessez-le-feu prolongé de cinq jours dans l'enclave * Israël n'a pas fait de commentaire à ce sujet * A lancé des raids aériens après des tirs venus de Gaza * Le Hamas nie avoir tiré, accuse Israël de violer la trêve par Nidal al-Mughrabi et Allyn Fisher-Ilan et Stephen Kalin GAZA/JERUSALEM/LE CAIRE, 14 août (Reuters) - Israéliens et Palestiniens ont renouvelé la trêve en vigueur dans la bande de Gaza, mais cette nouvelle accalmie semblait partie pour des débuts difficiles jeudi, Israël répondant par des frappes aériennes à des roquettes tirées de l'enclave palestinienne. Alors que la trêve précédente de 72 heures expirait mercredi soir, Israël dit avoir compté jusqu'à huit tirs de roquettes. Le Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir à Gaza, a dit ne pas être impliqué dans une partie d'entre eux et a accusé l'Etat juif de violer la nouvelle trêve de cinq jours par ses frappes. Aucun de ces incidents n'a fait de victimes. Israël n'a pas fait de commentaire sur cette nouvelle trêve négociée de justesse par les médiateurs égyptiens et annoncée par les délégations palestiniennes qui se trouvent au Caire. Elle doit prendre fin le 19 août. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné à l'armée de "répondre" aux tirs venus de Gaza, estimant qu'ils constituaient une rupture du cessez-le-feu de la part du Hamas. Un responsable du Hamas, Izzat Rechik, a démenti que les Palestiniens aient violé la trêve. Il a qualifié les frappes aériennes israéliennes de "violation de la paix". L'armée israélienne a dit que ses frappes "visaient des sites terroristes dans la bande de Gaza". Ces frappes ont été suivies de deux attaques supplémentaires à la roquette sur Israël en provenance de Gaza. En annonçant mercredi soir au Caire le renouvellement de la trêve, le chef des négociateurs palestiniens au Caire, Azzam Al Ahmed, a dit qu'"une extension de cinq jours a vait été décidée". Azzam Al Ahmed est membre du Fatah, la principale composante de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) du président palestinien Mahmoud Abbas. L'extension a été décidée parce que l'accord global sur le retour au calme à Gaza négocié sous médiation égyptienne n'a pas eu le temps d'être élaboré lors de la précédente trêve. L'Egypte a présenté une nouvelle proposition qui répond à la demande principale des Palestiniens d'une levée des blocus israélien et égyptien de la bande de Gaza, mais on ne sait pas comment cette proposition s'articule avec les exigences israéliennes et égyptiennes en matière de sécurité. Israël exige en principe la démilitarisation de Gaza. EXTENSION DU DOMAINE DE LA PÊCHE Ismaïl Haniyeh, un des dirigeants du Hamas, a déclaré à Al Aksa, la chaîne de télévision du mouvement, que le mouvement insisterait sur "la levée du blocus de Gaza" et sur de moindres restrictions à la liberté de déplacement pour les 1,8 million d'habitants du territoire, comme condition sine qua non pour parvenir à un retour au calme définitif. De source égyptienne et palestinienne, on indique qu'Israël pourrait, sous certaines conditions, autoriser certaines marchandises à entrer dans la bande de Gaza et assouplir les entrées et sorties de biens et de marchandises. Les Palestiniens réclament aussi la création d'un port de mer et la reconstruction de l'aéroport détruit lors des précédents conflits avec Israël. L'Etat juif invoque des raisons de sécurité pour s'opposer à ces demandes. Face au blocage sur ce point, les deux parties ont accepté de reporter d'un mois les discussions sur ces points d'accès, a dit un responsable palestinien. Dans le cadre de l'offre élaborée par l'Egypte, Israël devrait aussi accepter une extension de la limite de pêche imposée aux pêcheurs gazaouis qui serait portée à 10 km au lieu de 5 km actuellement. Cette limite augmentera progressivement, indique le responsable palestinien, pour ne pas dépasser 20 km "en coordination avec l'Autorité palestinienne et Israël", faisant ainsi référence au rôle accru dans les affaires de Gaza que devrait jouer le gouvernement de Mahmoud Abbas, qui est basé dans les parties de Cisjordanie non occupées par Israël. Des mesures seraient également prévues pour les agriculteurs palestiniens de Gaza: la zone frontalière d'Israël dans laquelle les Palestiniens ne peuvent s'implanter serait ramenée à 100 mètres, au lieu de 300 mètres actuellement. Depuis son déclenchement le 8 juillet, l'opération "Bordure protectrice" a fait 1.945 morts côté palestinien dans la bande de Gaza, pour la plupart des civils, selon les autorités médicales de l'enclave, et 67 morts côté israélien. Selon les Nations unies, 425.000 ont été déplacées par la guerre. (Avec Dan Williams à Jérusalem et Lin Noueihed au Caire; Danielle Rouquié pour le service français)

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