Début du sommet de Minsk sur l'Ukraine

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* Moscou parle de "progrès notables" dans les discussions * Berlin évoque une "lueur d'espoir" * Porochenko craint que la situation échappe à tout contrôle * De nombreux points à régler, encore des violences en Ukraine (Actualisé avec début des pourparlers) par Elizabeth Pineau MINSK, 11 février (Reuters) - Les dirigeants français, allemand, ukrainien et russe ont entamé mercredi des pourparlers pour tenter de s'entendre sur un plan de paix pour l'est de l'Ukraine, en proie à une violence continue. François Hollande et Angela Merkel se sont concertés dans l'avion de la chancelière allemande posé sur le tarmac de l'aéroport de la capitale biélorusse avant de faire leur entrée dans le bâtiment richement décoré, où ils ont été accueillis par le président biélorusse Alexandre Loukachenko. Le tandem franco-allemand, qui espère faire taire les armes, a entamé son marathon diplomatique par une rencontre à trois avec le président ukrainien Petro Porochenko. "Soit la situation prend la voie de la désescalade, d'un cessez-le-feu (...), soit elle échappe à tout contrôle", a déclaré ce dernier à son arrivée au palais de Minsk. Le président russe Vladimir Poutine a été le dernier à pénétrer dans le bâtiment de l'ancienne république soviétique. La Russie a fait assaut d'optimisme à l'approche du sommet. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a estimé mercredi que des "progrès notables" avaient été obtenus lors de la préparation des discussions, qui ont occupé mardi à Minsk les conseillers diplomatiques des quatre dirigeants et, parallèlement, le groupe de contact rassemblant l'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE), la Russie, l'Ukraine et des représentants des séparatistes Une source diplomatique russe a même évalué à 70% les chances qu'un accord soit trouvé à Minsk. "Les présidents ne se déplacent pas (à Minsk) sans raison", a-t-il ajouté. PRUDENCE FRANCO-ALLEMANDE A Paris et à Berlin, on se montre très prudent quant à une issue positive d'une semaine de marathon diplomatique engagée jeudi dernier par François Hollande et Angela Merkel. Le porte-parole de cette dernière a évoqué "une lueur d'espoir" de résoudre la crise, mais rien de plus. "Nous allons vers Minsk avec la ferme volonté d'aboutir, sans être sûrs de pouvoir le faire, et chacun devra être mis devant ses responsabilités", a dit mardi François Hollande. Le président français et la chancelière se sont parlé au téléphone mercredi matin pour faire "un point rapide de la situation" et confirmer leur présence au sommet avec les dirigeants russe et ukrainien. "Il y a encore pas mal de problèmes qui restent à régler", a prévenu le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, même si l'Elysée assure que les discussions entre conseillers diplomatiques ont permis d'avancer. Parmi les nombreuses questions en suspens figurent le statut des régions aux mains des séparatistes, dont le territoire s'est étendu de 500 km2 depuis les accords de Minsk du 5 septembre, la garantie des frontières, le respect du cessez-le-feu et le retrait des armes lourdes des zones de combat. Sur le terrain, les violences continuent. Kiev a annoncé que 19 de ses soldats avaient été tués et 78 blessés en une journée lors des assauts menés par les rebelles près de la ville stratégique de Debaltseve, entre Donetsk et Louhansk. ( ID:nL5N0VL36I ) CONSEIL EUROPÉEN JEUDI L'Ukraine est prête à instaurer la loi martiale sur tout le territoire national en cas d'escalade du conflit, a averti Petro Porochenko, qui présentera les résultats des discussions jeudi à Bruxelles lors du Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne. En l'absence de progrès, un renforcement des sanctions contre la Russie est probable. Lundi, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont fait un geste en faveur de la Russie en retardant au 16 février l'entrée en vigueur des sanctions prononcées contre des personnalités russes et des séparatistes ukrainiens. Le président Barack Obama s'interroge sur un possible armement des Ukrainiens et le commandant de l'US Army en Europe, le général Ben Hodges, a annoncé mercredi que l'armée américaine participerait à la formation des troupes ukrainiennes engagées dans les combats contre les rebelles pro-russes. Cette mission débutera en mars avec l'envoi d'un bataillon américain qui sera chargé de former trois bataillons ukrainiens, a-t-il précisé lors d'une visite sur la base de l'Otan de Szczecin, dans le nord-ouest de la Pologne. La guerre dans l'est de l'Ukraine a fait plus de 5.000 morts depuis avril dernier. Kiev accuse la Russie de fournir des armes, des troupes et de l'argent aux séparatistes, ce que dément le Kremlin. (Avec Aleksandar Vasovic, Alessandra Prentice et Margarita Chornokondatrenko, édité par Sophie Louet)

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