Début des négociations sur le pacte de responsabilité

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DÉBUT DES NÉGOCIATIONS SUR LE PACTE DE RESPONSABILITÉ
DÉBUT DES NÉGOCIATIONS SUR LE PACTE DE RESPONSABILITÉ

PARIS (Reuters) - Le gouvernement et les partenaires sociaux commencent lundi à négocier la mise en oeuvre du "pacte de responsabilité" par lequel François Hollande s'est engagé à baisser les prélèvements des entreprises, avec l'objectif de doper la croissance et l'emploi.

Ces travaux, qui dureront jusqu'au printemps, sont un test de crédibilité pour la France et pour son président, qui a fait le pari de réformer dans le dialogue et par petites touches une économie qui peine à redémarrer après deux ans de stagnation.

Si ses annonces ont été globalement bien accueillies, tant en France qu'à l'étranger, les chefs d'entreprise et les observateurs attendent désormais qu'il passe à l'acte. Et vite.

"Il y a une bonne direction", a dit vendredi la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, qui fut ministre des Finances de Nicolas Sarkozy, sur France 2. "Maintenant, il faut y aller."

Pour le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, "il faut aller vite parce qu'il y a urgence".

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, donnera le coup d'envoi des discussions en recevant les syndicats et les organisations patronales pour commencer à élaborer le pacte.

Les contreparties demandées aux entreprises en termes d'embauches, en échange d'une nouvelle baisse du coût du travail, seront l'enjeu principal de ces premières rencontres.

Les dirigeants français veulent éviter à la fois de signer un "chèque en blanc" au patronat, un épouvantail brandi par le syndicat réformiste CFDT, et d'exiger des engagements chiffrés d'embauches qui ne seraient selon eux qu'un mirage.

LE DIALOGUE, PAS LE BULLDOZER

Dans l'entourage du président, on estime que certaines branches professionnelles comme la grande distribution pourraient s'engager sur un nombre d'embauches, mais pas celles qui sont le plus exposées à la concurrence internationale.

"On va surtout essayer d'avoir des engagements par type de contrats", a-t-on expliqué.

Quant à prévoir dès à présent des sanctions si les embauches ne sont pas au rendez-vous, "quand on se marie, on fait un contrat de mariage, (mais) on ne pense pas tout de suite au divorce", a-t-on déclaré.

Fort de plusieurs accords sociaux depuis l'élection de François Hollande, dont celui sur la sécurisation de l'emploi, le gouvernement espère un nouveau compromis pour faire reculer un chômage record.

"On ne réforme pas un pays au bulldozer en criant 'rupture, rupture, rupture', c'est le meilleur moyen pour que rien ne change", résume le ministre du Travail et du Dialogue social, Michel Sapin. "On réforme en pariant sur l'intelligence collective."

Au coeur du débat, la nouvelle baisse promise du coût du travail, qui doit porter à 30 milliards d'euros la baisse des prélèvements sur les entreprises d'ici la fin du quinquennat.

Ni sa forme, ni son rythme ne sont encore décidés mais elle sera financée par des économies supplémentaires et non par les ménages. Les dirigeants français estiment que les dépenses publiques sont suffisamment élevées pour pouvoir contraindre leur évolution sans engendrer d'effets récessifs majeurs.

LES FRANÇAIS DUBITATIFS

Les rencontres de lundi permettront aussi de discuter des deux autres grands rendez-vous de la semaine sur la fiscalité.

Les Assises de la fiscalité des entreprises commenceront mercredi, ouvrant un front parallèle aux travaux sur la baisse des cotisations. Elles visent à simplifier l'imposition des entreprises et à la faire moins peser sur la production avec la perspective d'une harmonisation d'ici 2020 avec l'Allemagne.

Vendredi viendra le tour de la fiscalité des ménages, pour laquelle les perspectives sont floues, l'exécutif ne semblant notamment pas pressé de fusionner CSG et impôt sur le revenu.

Ces évolutions devant se faire sans augmenter les prélèvements, l'exécutif planche parallèlement sur une hausse du montant des économies prévues jusqu'à la fin du quinquennat.

Les premières annonces devraient intervenir d'ici avril, quand le gouvernement présentera à Bruxelles ses nouveaux programmes d'évolution des finances publiques et de réformes.

Cinq à 10 milliards d'euros d'économies supplémentaires devraient financer la nouvelle baisse du coût du travail, a-t-on déclaré à l'Elysée. Elles s'ajouteraient à la cinquantaine de milliards d'économies déjà prévus pour réduire les déficits.

Les Français attendent des preuves de l'engagement du chef de l'Etat sur tous ces points.

Selon un sondage Think pour Fiducial et Sud Radio, 87% d'entre eux voient dans ses récentes annonces une avancée en matière de dépenses publiques, 83% en matière de fiscalité et 77% pour la baisse des cotisations des entreprises.

Mais 66% estiment qu'elles ne sont que de la communication, 78% qu'elles ne sont pas suffisantes, 76% pas assez réformatrices et 71% qu'elles ne suffiront pas à consolider la position de la France en Europe.

La CGT sera reçue la première lundi à Matignon, suivie par FO, la CFTC, le Medef, la CFE-CGC, l'UPA et la CFDT. La CGPME sera reçue jeudi.

Jean-Baptiste Vey, avec Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet

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