Début de procès avorté pour le meurtre d'une Suédoise

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UN MULTIRÉCIDIVISTE JUGÉ À PARIS POUR LE MEURTRE D'UNE ÉTUDIANTE SUÉDOISE
UN MULTIRÉCIDIVISTE JUGÉ À PARIS POUR LE MEURTRE D'UNE ÉTUDIANTE SUÉDOISE

PARIS (Reuters) - Le procès de Bruno Cholet, un délinquant sexuel multirécidiviste de 55 ans déjà condamné à onze reprises, s'est ouvert mardi pour s'interrompre aussitôt à Paris, dans l'affaire du meurtre en 2008 d'un étudiante suédoise de 19 ans, Susanna Zetterberg.

L'audience a été suspendue juste après la constitution du jury en raison d'un malaise de l'accusé, qui a été hospitalisé. La présidente Xavière Simeoni a ensuite renvoyé les débats à mercredi matin. Il sera décidé à ce moment de tenir ou non le procès en fonction des résultats des examens médicaux.

Ce crime avait provoqué la mobilisation de 40 policiers de la Brigade criminelle et mis au jour des failles dans l'outil pénal français, l'empreinte génétique du suspect ne figurant pas, par exemple, au fichier national créé en 1998 pour résoudre de telles affaires.

Me Jean-Yves Leborgne, avocat de la partie civile, a souhaité que le procès se tienne. "La famille de la victime est là en espérant une réponse, il faut une conclusion judiciaire à cette affaire", a-t-il dit aux journalistes.

La mère, le père et le frère de Susanna Zetterberg sont présents et bénéficient d'un interprète traduisant les débats. Ce crime avait suscité l'émotion en Suède dont l'ambassadeur à Paris avait mis en garde ses ressortissantes.

La police était remontée jusqu'à Bruno Cholet en quelques jours, en raison du fait qu'il avait déjà été contrôlé pour exercice illégal de la profession de taxi. C'est en montant dans un faux taxi à la sortie d'une boîte de nuit parisienne que Susanna Zetterberg avait été enlevée.

Le corps de la jeune fille, qui étudiait le français à la Sorbonne, avait été retrouvé le lendemain dans le bois de Chantilly. Elle était menottée les mains dans le dos, avait été poignardée et atteinte de quatre balles dans la tête. Son corps avait été partiellement calciné avec de l'essence.

Bruno Cholet, poursuivi pour "enlèvement, séquestration suivie de la mort de la victime, vol de cartes bancaires, escroqueries et tentatives", le tout en récidive légale, encourt la perpétuité. Il nie les faits et se dit victime d'une machination policière. Le procès est programmé jusqu'à mi-septembre.

MULTIPLES FAILLES

Une arme avec silencieux de même calibre que celle qui a servi à tuer la jeune fille, portant trace de faibles quantités d'ADN semblable à celui de la victime, ainsi qu'une boîte de cartouches et des menottes ont été retrouvées en possession de Bruno Cholet lors de son arrestation.

Les menottes, l'arme et les munitions étaient contenues dans un sac portant l'inscription au feutre "Susanna 377", que le suspect avait un temps enterré dans le bois de Boulogne.

L'accusation dispose enfin d'enregistrements de vidéosurveillance d'un guichet automatique de banque où le tueur a utilisé la carte de crédit de la Suédoise. Sans l'identifier formellement, ces images évoquent Bruno Cholet.

Le dossier pourrait relancer une énième fois l'éternel débat sur la récidive car Bruno Cholet, qui était sorti de prison en octobre 2007, a passé une bonne partie de sa vie derrière les barreaux.

Il a été condamné une première fois et incarcéré pour un viol commis au milieu des années 1970. En 1989, il a été condamné à 18 ans de réclusion avec 12 ans de sûreté pour le viol d'une fillette de douze ans et celui d'une auto-stoppeuse en 1983. Il a été libéré en 1999 après une quinzaine d'années de détention avant d'y retourner pour divers délits.

Outre la non-inclusion de son ADN au Fichier national des empreintes génétiques (FNAEG), censé pourtant recenser tous les condamnés, une autre anomalie dans son suivi a été mise au jour par l'enquête.

Alors qu'il était inscrit sur l'autre fichier des délinquants sexuels, son adresse dans le Xe arrondissement n'était en effet pas en possession de la justice.

Les examens psychiatriques et psychologiques de l'accusé ont exclu toute maladie mentale mais révélé une personnalité perverse et conclu à une extrême dangerosité. Il aurait voulu selon les psychologues "détruire" la jeune et jolie Suédoise par haine des femmes qu'il ne parvenait pas à séduire.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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